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Le porche de la mort

3 avril 2004, 20:00

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Des familles effondrées, des veuves éplorées, des enfants orphelins de pères, voilà ce que laissent derrière eux Dayanand Ramlochun, 42 ans et Lutchanah Bungary, 43 ans. Ils ont connu une fin atroce jeudi matin lorsqu?ils ont été écrasés sous un porche qui s?est effondré sur un chantier à Lucie-Roy, Bel- Air-Rivière-Sèche.

Ganessan Poosi, l?un des deux rescapés de l?accident, peut s?estimer heureux. « Encore ene tigit moi aussi mo mort », confie-t-il sur son lit d?hôpital à Flacq. Blessé à la jambe droite, il doit sa survie à de bons réflexes. Au moment du drame, il a pu s?agripper à un rebord de la maison que ces collègues et lui construisaient depuis deux mois.

Hurlant de douleur, il va chercher de l?aide

« Nous ti fer ène échafaudage lor ène panneau bloc. Ramlochun, Bungary ek moi, nou ti lor là pou fer finition ene dalle. Ène coute porche là ine tombe lors nou. C?est ene coup en traître, pas ti pé attane », relate-t-il la gorge serrée. Hurlant de douleur, il trouve cependant la force d?aller chercher de l?aide. Les corps des deux maçons sont extirpés avec l?aide de volontaires. Dayanand Ramlochun meurt sur le coup alors que Lutchanah Bungary décède peu après à l?hôpital de Flacq. Leur mort est due à de multiples blessures et à une fracture du crâne.

Les remors le tourmentent. « Mo pa capave manzer, ni dormi », souffle-t-il. Selon lui, si les normes de constructions avaient été respectées le porche n?aurait jamais cédé. « Porche là ti tini lor ene seul colonne alors qui ti bisin éna deux. Après pa ti éna bime. » Le bime est un support en béton transversal qui sert à soutenir une dalle. Pourquoi n?avoir donc rien dit ? « J?ai confié mes craintes à Bungary. Celui-ci m?a dit qu?il devait travailler selon les instructions du contracteur », affirme le maçon de 27 ans. La maison en construction appartient à un certain Chandralalsing Awotar qui vit en France. Ce dernier a confié les travaux à un entrepreneur qui a sous-traité les travaux à Lutcha-nah Bungary.

Les Bungary cherchent des répon-ses à toutes ces questions. « Nous sommes au courant qu?il y a eu des défauts de construction. Nous voulons maintenant savoir qui est responsable de ce massacre », affirme un proche des Bungary.

Le contracteur a été interrogé par la police vendredi. « Nous pensons que les torts sont partagés. Les deux parties sont responsables de cet accident.

Le contracteur pour avoir négligé d?avoir recours à un architecte et les maçons qui n?ont pas respecté les normes et qui ont aveuglément suivi les instructions », déclare un enquêteur.

L?enquête est menée par l?assistant surintendant Suresh Ramparsad. Le ministère du Travail et des relations industrielles poursuit également son enquête pour connaître les circonstances de ce drame.

De leur vivant, ils avaient construit leur vie autour de leur famille. C?est pourquoi au sein des Ramlochun et des Bungary le vide est si pénible?

« Nous voulons maintenant savoir qui est responsable de ce massacre »

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