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L?intoxication à Rose-Belle reste un mystère

3 avril 2004, 20:00

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Rien ne va plus à Rose-Belle. Les villageois certes vaquent à leurs occupations habituelles, mais certains ont la tête ailleurs. Depuis début avril, un élément indéterminé jusqu?ici pollue la qualité de l?air ambiant dans la localité. Le plus troublant, c?est que les scientifiques eux-mêmes ne sont pas parvenus jusqu?ici, à remonter à la cause exacte de l?intoxication dont ont été victimes les élèves de l?endroit. Et c?est cela qui inquiète le plus.

« C?est surtout à la mi-journée que l?odeur est le plus insupportable. Elle provoque une douleur au cou, donne envie de dormir et de vomir », témoigne Idona Armand, l?une des victimes.

À Rose-Belle, on veut comprendre. « Nous ne voulons pas montrer du doigt qui que ce soit. Nous voulons savoir d?où vient cette pollution », dit Deojee Janoo, président de l?association de parents-enseignants du collège Unity de Rose-Belle. Les élèves ont été pris de malaise lundi dernier à la suite d?une émanation de gaz de nature inconnue.

Les anciens restent perplexes devant la détérioration de la qualité de l?air. « Je travaille au collège Unity depuis 40 ans. On connaît les odeurs de la sucrerie de Rose-Belle mais celle qui nous incommode depuis lundi nous est inconnue », dit Jaïdev Fowdar.

Dès les premiers cas d?intoxication à l?école primaire Rose-Belle North en octobre dernier, la distillerie d?éthanol, Alcodis Ltd, nouvellement implantée dans l?endroit, avait été mise en cause. Mais la direction de l?usine a toujours rejeté farouchement ces accusations.

Toutefois, le ministère de l?Environnement (MoE) a décidé d?instituer une Audit Team, composée de scientifiques et de techniciens, pour enquêter sur ces incidents. Le 3 mars, le MoE émet une Prohibition Notice interdisant à Alcodis d?opérer. L?enquête a révélé que l?usine ne respectait pas la majeure partie des 26 conditions imposées pour obtenir sa licence d?Environment Impact Assessment (EIA) en novembre 2002. Le 15 mars, Alcodis est sommée d?utiliser du diesel à la place de l?huile lourde, source de l?intoxication à l?école primaire selon les experts indépendants approchés par le gouvernement pour mener l?enquête. Alcodis obtempère et accepte les autres conditions du MoE pour redémarer ses activités. La Mobile Air Monitoring Unit du MoE est installée dans la cour de l?école pour analyser l?air ambiant.

Mais alors qu?on croyait avoir identifié et éliminé la source du mal, voilà qu?une trentaine d?étudiants du collège Unity sont pris de malaise lundi dernier, intoxiqués par « une odeur nauséabonde ». Trois filles passent la nuit à l?hôpital Jawaharlal Nehru, sous sérum.

Les soupçons se portent sur un bassin de fongicide, dans l?ex-sucrerie de Rose-Belle où baignent les boutures de cannes. Cela n?aurait jamais posé de problème jusqu?ici. Du coup, les scientifiques en perdent leur latin. « Nous n?avions rien trouvé d?anormal avec les procédés d?Alcodis », dit Serge Kong Win Chang. Ce Senior Scientific Officer au MSIRI fait partie de l?Audit Team. « Il faut explorer d?autres facteurs. » Toolseeram Ramjeeawon, Associate Professor à l?université de Maurice, fait aussi partie de l?Audit Team. S?il estime que le problème a un lien avec le gaz de la cheminée d?Alcodis, il décrie un manque de données quant à la qualité de l?air pour être tout à fait sûr. « L?hypothèse que les émanations soient une réaction des gaz des cheminées avec l?ensoleillement est à explorer ! » Ce pourrait être, selon lui, le premier cas de « smog » à Maurice, car les intoxications ont toujours eu lieu en plein soleil. « Nous n?avons pas assez de données ! »

Mais Ananda Rajoo, conseiller au MoE, est plus catégorique. « Toutes les données montrent qu?il y a un lien entre ces émanations et l?usine ! »

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