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Fin du litige Collendavelloo-Patten
RIDEAU SUR la vie privée du couple Collendavelloo-Patten. Pour le bien de leur fils, Pramila Patten et Ivan Collendavelloo sont arrivés à un accord en sept points devant la juge Premila Balgobin. Le litige, qui reposait sur le partage d?une villa à Albion, un bien commun, a été entendu hier en chambre.
Pramila Patten a accepté de verser la somme de Rs 1 250 000 à Ivan Collendavelloo. Cette somme représente la contribution de ce dernier à la construction de la maison du couple. Depuis 18 heures hier, cette demeure appartient officiellement et exclusivement à Pramila Patten.
A cette condition, est attachée une autre : l?argent versé à Ivan Collendavelloo devra servir à l?achat d?un appartement qui reviendra au fils du couple, âgé de 11 ans, désormais à la charge de sa mère.
Les deux parties ont convenu qu?elles ne divulgueront aucune information sur leur vie de couple à une tierce personne. Ils se sont aussi engagés à retirer les allégations faites par le biais d?affidavits.
Ivan Collendavelloo avait recherché un ordre de la Cour suprême dans le but d?empêcher Pramila Patten de vendre leur maison d?Albion. Les détails de cet affidavit, dont certains scabreux, avaient paru dans la presse. Mais avant que le contre-affidavit de Pramila Patten n?ait été juré, Ivan Collendavelloo a demandé et obtenu un ordre de la cour interdisant à la presse d?évoquer l?affaire.
Cet ordre a été contesté par Le Défi Plus. Le juge a demandé aux avocats de l?hebdomadaire de se présenter de nouveau le 14 avril. Le point avancé par la presse est la question d?équilibre, la réplique de Pramila Patten n?ayant pu être publiée (voir hors-texte).
Cet accord entre les deux parties clôt le litige. Il n?est pas nécessaire, dans ce genre d?affaires, que le juge émette un ordre. Ivan Collendavelloo était représenté par Sir Hamid Moollan et Me Gavin Glover alors que Pramila Patten s?était assuré les services de Mes Rama Valayden, Nanraj Patten et Ravind Bunwaree.
AUTORÉGULATION DE LA PRESSE
Points de vue
La question de la liberté de la presse est de nouveau d?actualité à la suite de l?injonction interdisant à la presse de faire état des documents et affidavits concernant l?affaire Ivan Collendavelloo-Pramila Patten. Elle était le thème central du journal d?actualité de Radio Plus hier après-midi avec pour principaux invités, Jean-Claude de L?Estrac, directeur et rédacteur en chef de ?l?express? et président du conseil d?administration de Viva Voce (Radio One), et Eshan Khodarbux, président exécutif de Radio Plus.
Jean-Claude de L?Estrac a réitéré son souhait pour que la presse adopte un mécanisme d?autorégulation sous forme d?institutions telles qu?un ?Press Council? et un ?Press Complaints Committee?. Si la presse jouit d?une grande crédibilité et d?une grande liberté d?expression, elle gagnerait à adopter des mécanismes professionnels d?autorégulation pour se prémunir contre d?éventuels dérapages. ?Les pouvoirs publics reprochent à la presse, de ne pas utiliser sa liberté d?expression avec responsabilité. Une liberté totale et absolue est impossible. Si la presse ne trouve pas elle-même la solution à ce problème, les pouvoirs publics le feront?, argue Jean-Claude de L?estrac. Concernant l?injonction dans l?affaire Collendavelloo-Patten, il estime que le fond du problème est le conflit existant entre deux droits fondamentaux : la liberté d?expression et le droit à l?information, d?une part, et le droit des individus à protéger leur vie privée, d?autre part. L?opposition entre ces concepts devient encore plus problématique lorsque les parties impliquées sont des hommes publics.
Les politiciens et autres vedettes utilisent la presse pour se mettre en valeur, mais demandent qu?elle soit bâillonnée lorsque les informations ternissent leur image. ?C?est dangereux car cela ramènerait le rôle de la presse à être un faire-valoir qui ne rapporterait que ce que les hommes publics et les célébrités veulent bien faire savoir. Il y a un équilibre à trouver entre la protection de la vie privée et la liberté d?expression?, estime Jean-Claude de L?Estrac.
Pour Eshan Khodarbux, l?injonction de la cour est une atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d?expression. Il soutient que les lois existantes protègent suffisamment les individus contre d?éventuelles dérives de la presse. La loi permet d?intenter des procès en diffamation et d?obtenir un redressement des torts causés. ?On a le droit de faire un procès aux radios et journaux mais on n?a pas le droit de nous interdire de dire et d?écrire.?
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