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Augmentation des prix du carburant

1 avril 2004, 20:00

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?KI POU FER ? Gramatin, mo finn aprann sa dan radio, me pa capav fer nanien.? Elliah, automobiliste, est sceptique. Le prix du litre d?essence passe de Rs 20.40 à 21.35 aujourd?hui, alors que celui du diesel de Rs 11.90 à 13.05. Soit des hausses de 4,66 % et de 9,66 % respectivement. Elles marquent la première application de l?Automatic Price Mechanism (APM). sur le trimestre de janvier à mars 2004. L?APM permettra à la State Trading Corporation (STC) de réviser ? à la hausse ou à la baisse ? sur une base trimestrielle, les prix de l?essence et du diesel. Le prix à la pompe variera d?après le prix coûtant à la STC sur le trimestre précédent et sera désormais tributaire des cours internationaux du brut.

Réuni hier matin au siège de la STC, le Certification Committee a homologué ces nouveaux tarifs. Ce comité est présidé par le directeur du Bureau central des statisques, H. Bundhoo. Il siégera tous les trois mois afin de veiller que les révisions soient conformes au règlement. Point important : les nouveaux prix devront être étayés de documents justificatifs.

Ravin Dajee, directeur général de la State Trading Corporation (STC) explique les avantages de l?APM. ?Dépendant du marché international, le consommateur mauricien pourra bénéficier de baisses du prix du carburant. Si l?APM avait été appliqué il y a deux ans, la STC aurait économisé Rs 700 millions sur l?essence.?

Les grossistes du carburant sont également sereins. Pour le directeur général d?Esso, Marcel Descroizilles, le passage à l?APM est bienvenu. ?Le prix du brut est sujet aux fluctuations du marché international. Il est normal que ce soit l?utilisateur et non la STC qui paye le prix que cela coûte au pays.? En effet, la STC accusait il y a plus d?un an, un déficit de Rs 2 milliards de roupies qui a été ramené à Rs 500 millions.

Qui tirent les bénéfices ?

Les distributeurs profitent-ils de ces augmentations réalisées sur le dos du consommateur? ?Nous n?enregistrons absolument aucun windfall gain. Tout gain exceptionnel sur le stock des maisons mères sera comptabilisé et remboursé au gouvernement?, assure Marcel Descroizilles. En effet, les maisons mères (Shell, Total, Esso et Caltex) détiennent des stocks qu?elles vendent ensuite à leurs stations-service.

Cependant, les gérants des stations-service bénéficient, eux, de cette hausse par un windfall gain sur le contenu de leurs tanks. Celui-ci peut largement varier de 3000 à 75000 litres par station. Gérant d?une station-service Shell à Bell-Village, Laval Jean-Louis n?est pourtant pas d?accord. ?Notre relation avec le client est basée sur la confiance. Hier, nous avons fermé à 21h30 comme d?habitude. De toute façon, notre stock est plutôt bas car nous attendons une nouvelle livraison aujourd?hui. Donc, le gain sera bas lui aussi.?

Les quatre maisons mères ont déjà pris leurs dispositions pour la révision des prix. Tôt ce matin, leurs mécaniciens ajustaient les nouveaux prix sur les distributeurs. A midi, les nouveaux prix devraient être applicables dans toutes les stations.

Pour Laval, la crainte reste de mise : ?J?espère seulement qu?à l?avenir, les hausses n?excéderont pas de beaucoup les baisses.? Mais comme l?indique Ravin Dajee, tout nouveau prix ne dépendra que des marchés internationaux du brut : Brent ou Nimex. Pour le trimestre de janvier à mars 2004, plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer la hausse des produits pétroliers. D?abord, l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) resserre actuellement son quota sur le marché mondial. La manoeuvre vise à contrer la baisse de ses recettes causées par la dépréciation du dollar. Deuxièmement, la Chine exerce une demande énorme sur les matières premières et l?énergie, dont le brut. A cela il faut ajouter une majoration du coût des primes d?assurance sur les raffineries et le fret, décidée à cause des risques des actes terroristes

RÉAJUSTEMENT

STC : terminés les déficits chroniques

  • Malgré les augmentations du ?Cost of Insurance and Freight? (CIF) dans le passé, la STC vendait l?essence au prix fixé par le ministère du Commerce. Elle encourait en cela d?énormes déficits. L??Automatic Price Mechanism? (APM) vient remplacer cela. Avec l?APM, la STC prend en considération deux variables: le CIF et le taux de change. Pour prévenir les fluctuations exagérées, tout changement au-dessous de 2,5% et au-dessus de 15% sera ignoré et transféré au prochain trimestre. Une évaluation de l?APM s?impose sur le transport en commun entre autres. Si le prix du carburant augmente par un maximum de 15%, le coût d?opération des transporteurs n?augmentera que de 3%. A la fin de l?année, le gouvernement évaluera l?effet cumulatif des changements trimestriels pour considérer une majoration dans le prix du ticket d?autobus.

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