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Les ouvriers étrangers déclenchent les passions
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Les ouvriers étrangers déclenchent les passions
LE DÉCÈS d?une ouvrière chinoise de Tropic Knits et la manifestation de ses collègues devant l?ambassade de Chine étaient au c?ur des vifs échanges entre le ministre Soodhun et Xavier-Luc Duval. Les ouvrières étrangères de Tropic Knits Ltd ont regagné leurs dortoirs. Bien qu?une centaine d?entre elles refusent toujours de reprendre le travail et attendent leur agent recruteur, la situation semble se décanter. Au Parlement, en revanche, la question a déclenché les passions.
La colère des 700 ouvrières a éclaté samedi après le décès d?une des leurs. Depuis, elles ont fait le pied de grue devant l?ambassade, ce qui a donné lieu à une violente confrontation avec la police en une occasion. Le leader de l?opposition a recherché des éclaircissements sur le décès de l?ouvrière en insinuant les mauvaises conditions dans lesquelles ces étrangers travaillent. Lors des questions supplémentaires, plusieurs cas passés ont été soulevés : de l?article de Newsweek critiquant le traitement que reçoivent les ouvriers étrangers à Maurice à l?incident impliquant les travailleurs indiens de Sentosa Enterprises Ltd.
Une remarque de Xavier-Luc-Duval, en particulier, a fait monter le ton. Il a allégué l?existence d?abus au détriment de travailleurs, traités comme des esclaves. Il affirme entre autres que le salaire de certains ouvriers est versé sur des Company Accounts pendant six mois au lieu de leur être versé sur leur compte dans leur pays respectif. Les commentaires ont alors fusé ? ?anti-patriotique?, ?saboteur?, ? Shame !? ? obligeant le speaker Dev Ramnah d?intervenir. Le Premier ministre, Paul Bérenger, a déclaré qu?il demandera à la police d?interroger le député à ce propos.
Une autre remarque du leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, a exacerbé la tension. Le leader de l?opposition a déclaré aux parlementaires qu?il détient une fiche de paie d?un ouvrier indien indiquant que ce dernier touche bien moins que ce qu?il devrait toucher. Le ministre Soodhun a déclaré que ce document remonte à un certain temps et qu?il a corrigé ce qui devait l?être. Il a indiqué que n?y figurent pas certains bénéfices dont jouissent les ouvriers.
Dans sa réponse à la Private Notice Question, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Showkutally Soodhun, a expliqué que c?est de cause naturelle que l?ouvrière est décédée le 27 mars. La direction de l?entreprise s?est engagée à rapatrier les cendres de la victime et à verser 10 000 dollars américains à sa famille.
Munies de pierres
Cependant, ignorant tout des circonstances de ce décès, quelque 300 ouvrières chinoises se sont rendues dans l?après-midi du même jour à l?ambassade de Chine, à Belle-Rose pour protester. Elles étaient munies de pierres. La situation devait très vite dégénérer.
?They became aggressive and according to a journalist, who was present there, they had stones in their bags, which they hurled at the police?, a fait ressortir le ministre. Il affirme aussi que ces ouvrières n?ont pas hésité à lancer des pierres sur des autobus, blessant quelques passagers.
Une équipe de pompiers a dû être mandée pour déblayer la route. Dans le feu de l?action, quatre policiers et trois ouvrières chinoises ont été blessés alors qu?un véhicule de la police et deux autobus de la United Bus Service (UBS) ont été endommagés.
Durant les discussions qui ont suivi à l?ambassade de Chine, les ouvrières ont posé leurs conditions. Elles ne voulaient pas que les cendres de leur amie soient rapatriées en Chine, mais qu?une somme de 60 000 dollars soit accordée à la famille de la victime pour qu?elle puisse venir à Maurice pour les cérémonies funèbres. Leur agent recruteur a accepté de financer le voyage de la famille. Elle arrive demain au plus tard. Malgré cela, les ouvrières chinoises ont refusé de regagner leur dortoir et évoqué un autre problème. Elles ont réclamé que leur team-leader soit révoqué. La proposition a été acceptée par la direction de l?entreprise.
Concernant les ouvriers de l?usine de textile Sentosa Enterprises Ltd, Showkutally Soodhun a rappelé que la direction avait décidé de rapatrier un ouvrier indien pour absence répetée et indiscipline. Sa revendication avait été soutenue par celles de plusieurs autres ouvriers indiens, lesquelles revendications ont été entendues. Parmi, on relève la révision de la formule de paie à la pièce, l?octroi d?un repas et un boni spécial de Rs 10 000 à la fin du contrat de chaque travailleur.
Selon le ministre, les incidents impliquant les ouvriers de Tropic Knits Ltd et de Sentosa Enterprises ne reflètent pas les conditions dans lesquelles vivent l?ensemble des travailleurs étrangers. Sur 22 440 travailleurs employés dans 1 317 entreprises, le ministère n?a enregistré en 2003 que 178 doléances. Il a fait la liste de toutes les mesures prises en faveur des travailleurs étrangers depuis son arrivée au gouvernement.
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