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Les planteurs du Nord jouent sur d?autres tableaux
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Les planteurs du Nord jouent sur d?autres tableaux
VEDANAND SEEBURN, propriétaire de trois serres à l?Espérance-Trébuchet, a de quoi être comblé. Ce producteur de poivrons, tomates et concombres compte se lancer dans les baby vegetables, légumes miniatures. Si son projet est approuvé par l?Union européenne, il se verra allouer Rs 200 000 pour la quatrième serre qu?il projette de construire d?un coût total de Rs 700 000.
Le planteur a été amené à diversifier ses activités grâce au Northern Plains Irrigation Project (NPIP). Ce programme a été mis sur pied pour permettre d?optimiser le potentiel d?irrigation né avec le Midlands Dam.
Pendant plusieurs semaines, une équipe de soutien composée des techniciens de l?Agricultural Research and Extension Unit (AREU) et des consultants de la firme Vakakis International, a encadré les planteurs. Avec 130 autres planteurs, Vedanand Seeburn a participé aux neuf réunions tenues entre février et mars 2003.
Les contraintes techniques et financières de chacun ont été identifiées. Les planteurs ont été regroupés par centre d?intérêt : l?hydroponique, les légumes fins, les fruits, les fleurs et la mécanisation. ?Zot finn donne nou teknik lor banne semences ek plantules?, explique Vedanand Seeburn.
En février, avec sept autres planteurs, il a visité quelques plantations modernes à la Réunion pour apprendre les nouvelles techniques. Il dit avoir énormément appris. ?Avan, mo ti plant dan enn manier ki mo pense ti bon. Aster la, mo konn nouvo teknik.? A l?issue des réunions de travail, dix-sept planteurs ont soumis leur micro-projet et attendent l?aval de l?Union européenne. ?Ceux qui seront approuvés serviront d?exemples aux autres planteurs?, explique Ramesh Rajkoomar, assistant directeur de l?extension unit à l?AREU.
Pour Philippe Bécu, coordonnateur du projet, il faut faire progresser le secteur fruits et légumes, sous-développé à Maurice. ?Il y a de nombreuses contraintes au niveau de la production et de la commercialisation. Nous essayons d?aider grâce à des projets pilotes. Il ajoute qu'une des difficultés rencontrées par le groupe de soutien est l?individualisme des planteurs. Il faudrait qu?ils se regroupent afin de bien planifier la production et de trouver de nouveaux canaux de distribution. Isolés, ils resteront à la merci des encanteurs.?
Le NPIP a bénéficié du financement de l?Union européenne à condition qu?une partie des terres irriguées soit exploitée avec d?autres cultures que celle de la canne. Deux millions d?euros ont été investis. ?Nous avons financé en partie le projet d?irrigation et entièrement celui de la diversification. Maurice doit se préparer à un changement éventuel des accords du protocole sucre?, explique Frank Viault, conseiller de développement rural à l?Union européenne.
Vedanand Seeburn se dit très content de l?aide gratuite qui lui a été apportée. ?Li enn bon linitiativ. Si zot ti vini dix banané avan, nou ti pou fer boucou progre.? Le planteur pense qu?un peu d?aide du gouvernement serait la bienvenue. ?Mo pé plant poivrons, me gouverman pe import ça légim-la. Bizin donn nou initiativ, asset legim ar nou.?
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