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Le poisson ?la Perle? : un marché en dents de scie
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Le poisson ?la Perle? : un marché en dents de scie
LES MÉNAGÈRES peuvent se réjouir. Après avoir connu des difficultés pour trouver du poisson la Perle, elles pourront de nouveau s?approvisionner au supermarché ou auprès de leur commerçant habituel.
Avec l?arrivée de trois bateaux en provenance des bancs, il y a cinq jours, les compagnies de pêche sont convaincues que la situation est retournée à la normale. ?Il n?y aura pas de pénurie de ce poisson très apprécié des consommateurs?, affirment-elles.
Un avis que ne partagent pas les distributeurs. Ceux-ci attribuent cette situation erratique à la hausse de la consommation et à d?autres problèmes inhérents à ce secteur d?activité.
?Cinq kilos de poisson la perle. Voilà ce que notre distributeur nous a livré samedi. Vous imaginez, pour un commerce de notre taille !? Ce responsable d?un supermarché des Plaines-Wilhems souligne le ridicule de la situation.
Les grands commerces ne sont pas en reste. Le poisson la Perle a également disparu de leurs congélateurs. Samedi, l?hypermarché Jumbo de Riche-Terre affirmait à l?express que son distributeur avait cessé toute livraison de ce poisson depuis une semaine. Au Jumbo de Phoenix, cette situation perdure depuis un mois. Idem pour les enseignes Super U à Grand-Baie, Shoprite à Quatre- Bornes et Tangs Spar à Beau-Bassin.
?On croit comprendre qu?il y a eu du retard dans l?arrivée des bateaux de pêche à cause d?une mer démontée. Cela explique sans doute la pénurie de ces dernières semaines?, déclare philosophe, Alain Tang, directeur du Tangs Spar.
Effectivement, les distributeurs n?étant pas suffisamment alimentés par les ?producteurs? (les compagnies de pêche), ils ne pouvaient fournir les grandes surfaces. Si l?approvisionnement a bien repris vendredi et samedi, le la Perle disponible dans certains supermarchés était souvent de bien petite taille, en tout cas pas de celle qui est appréciée des Mauriciens qui en sont friands.
150 tonnes par bateau
Le Noor Star n°2, le Hon Shiong n°2 et Talbot n°3 sont revenus des bancs durant la semaine écoulée. Ils devraient décharger entre 125 et 150 tonnes de poisson chacun. Claude Talbot, directeur de Talbot Fishing Co Ltd, se veut rassurant : ?Il se peut qu?il y ait eu une pénurie il y a quelques semaines. Mais avec l?arrivée de ces nouvelles cargaisons, la situation se rétablira bien vite. D?autres bateaux sont attendus très prochainement.? Près de 90 % des cargaisons de poisson ramenées par son bateau seront distribués par la compagnie IBL.
La consommation du poisson frigorifié a considérablement crû, surtout depuis la hausse des prix du poulet, de la viande de b?uf et de mouton. Cette consommation à quasiment doublé, passant de 200 à 300 tonnes mensuelles, il y a quatre ans, à environ 400 à 500 tonnes mensuelles.
Claude Talbot explique que les opérations des bateaux de pêche ont été entravées par de nombreux problèmes depuis la fin de 2003. Depuis cette date, certains chalutiers ont été contraints de rester à quai en raison d?un manque de main-d??uvre qualifiée. Or, la pêche sur les bancs battait son plein et la campagne s?en est trouvée torpillée. Talbot Fishing se propose d?ailleurs d?en appeler au gouvernement. Le directeur de cette compagnie envisage de demander l?autorisation d?embaucher de la main-d??uvre malgache pour pallier l?insuffisance de bras.
Un malheur ne venant jamais seul, le mauvais temps provoqué par le passage du terrible cyclone Gafilo n?a guère arrangé les choses. Les bateaux de pêche n?ont pu reprendre la mer, démontée, des jours durant. Et même quand ils ont pu le faire, les prises se sont révélées très médiocres.
Hemraz Ghina, président de la Bank Fishing Operators Association (BFOA), évoque, lui, un autre problème. ?Nous avons eu des difficultés auprès des compagnies pétrolières pour obtenir du carburant pour nos bateaux.? Ces compagnies prétexteraient des raisons de sécurité portuaire pour refuser la livraison de ce précieux carburant. Fort heureusement, une solution rapide a été trouvée après l?intervention du gouvernement. Autre contretemps : l?examen de l?état général des bateaux par des surveyors compétents. Toutefois, Hemraz Ghina reste optimiste : ?Il y aura suffisamment de la Perle avant l?arrivée de l?hiver, en mai.?
Teenanda Ayasamy, directeur adjoint d?Happy World Foods, l?un des plus gros distributeurs de poisson frigorifié du marché, avec ABC, Ireland Blyth Ltd et National Cold Storage, est d?une tout autre opinion. Selon lui, la pénurie de la Perle se poursuivra durant des semaines encore, même si le marché reçoit plusieurs centaines de tonnes de poisson dans les prochains jours. ?Les problèmes structurels des compagnies de pêche y sont pour quelque chose?, ajoute-t-il.
Face à ces difficultés, la BFOA a adressé une lettre au Premier ministre pour réclamer un allégement fiscal. Ce, afin d?éviter une hausse de prix du poisson frigorifié. La BFOA souhaite que le taux d?intérêt à l?emprunt, actuellement de 11 %, soit ramené à 6 %. Autre requête de l?association : à défaut de leur abolition totale, une révision à la baisse des frais portuaires qui sont de Rs 600 000, par an par bateau de pêche.
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