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Un chaleureux perfectionniste
Croiser la route de Goutam Ghose est un moment inoubliable. Empreint de sérénité et bourré de talent, cet homme aux multiples talents donne une leçon de vie dans ses ?uvres cinématographiques. C?est la première fois qu?il foule le sol mauricien mais il a l?impression de déjà-vu. « Mes amis m?ont beaucoup parlé de Maurice. Ils en gardent un très bon souvenir. En sus de cela, j?ai vu de nombreux paysages de Maurice dans les films qui sont en partie tournés ici.»
Sa simplicité et sa chaleur montrent la grandeur d?homme de ce réalisateur de renom. Plusieurs fois récompensé, il avoue, avec candeur, que la proposition de Selven Naidu de lui consacrer un festival à Maurice l?a enchanté. « On m?a déjà consacré des festivals dans des pays comme la France et l?Italie mais pour Maurice, c?est particulier. Le mélange des cultures est impressionnant. Dans l?avion, par exemple, j?ai vu des Mauriciens en tenue indienne qui parlaient le créole. C?est formidable ! »
Cinéma vérité
La peinture était la première passion de Goutam Ghose mais il commence des études d?anglais avant d?intégrer une école de commerce. La seule raison qui a motivé ce changement est que le jeune homme d?alors, croit dans les mouvements d?étudiants. L?école de commerce lui permet d?y participer. «Au début des années 70, les étudiants criaient tous qu?ils changeraient le monde. J?en faisais partie. C?est ce qui a influencé ma vision du monde et cela se voit dans mes films.»
Avec les mouvements d?étudiants, il découvre l?Inde profonde. Un pays meurtri où l?on ne peut même pas mesurer l?ampleur de la misère. Les yeux de Goutam Ghose s?ouvrent devant ce monde nouveau et malheureux, surtout dans les régions rurales de l?Inde. Dans ses films, le spectateur voit à travers les yeux de cet homme, dans une scène, il peut voir au loin un gitan, des paysans, des pêcheurs. Tous se battent pour leur survie.
Les ?uvres de Goutam Ghose s?inscrivent principalement dans le cinéma-vérité. Il aime les films sur des gens réels qui ont une histoire à raconter, une vie à montrer. « J?apprends tellement de ces gens. Ils sont si humbles. Le monde est gouverné par deux sentiments : la joie et la tristesse. J?aime la profondeur que je découvre chez les gens. Cela m?enrichit ».
Ce cinéma n?est pourtant pas celui qui marche le plus. Le cinéma commercial de Bollywood connaît d?ailleurs un grand succès à travers le monde. Exposition au centre Pompidou en France, festival de films indiens en Angleterre et en Australie? un vent nouveau souffle sur Bollywood. Qu?importe, en attendant, Goutham Ghosh continue de prêcher l?amour et la compassion dans un monde de violence. « C?est très important. Sinon, nous détruirons la race humaine ».
Projections au Centre Indira Gandhi à Phoenix
La Mauritius Film Development Corporation offre l?occasion aux cinéphiles mauriciens de mieux connaître l??uvre prolifique de Goutam Ghose en proposant sept de ses ?uvres en soirée, à 19h00 et ce jusqu?au 1er avril, au Centre Indira Gandhi for Indian Culture à Phoenix. Ce soir, Padma Nadir Majhl, (Boatman of the River Padma), sortie sur les écrans en 1992, sera diffusé. Ce film, adapté du roman de Manik Bandopadhyay, évoque la vie de Kubir, un pêcheur, incarné par Asaad, qui gagne sa croûte en bravant les flots de la rivière Padma.
Lundi 29 mars, l?hommage de Goutam Ghose rendu à Satyajit Ray, devrait enchanter les inconditionnels de ce maître du cinéma indien.
Le 30 mars, Patang, (Kite), sera diffusé au même lieu, à la même heure. Paar (The crossing), sera quant à lui diffusé le mercredi 31 mars.
Goutam Ghose filme l?inoubliable Shabana Azmi, luttant pour sa survie et celle de son futur bébé sur les bords d?une rivière déchaînée. Sangemeet Se Mutaqat, (Meeting a milestone), viendra clore le festival Goutam Ghose, le jeudi 1er avril.
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