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L?art tout en formes

27 mars 2004, 20:00

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Petit, Kenwell Émilien gribouillait avec frénésie. Quand il n?avait plus de papier sous la main, c?est sur les murs de sa chambre qu?il laissait libre cours à son imagination. Aujourd?hui, ses gribouillis qui se composent surtout de personnages de dessins animés, ornent toujours les murs. Mais ils se sont affirmés au fil des années, prenant une forme plus élaborée. « Je dessinais tout ce que je voyais, mais j?aimais par-dessus tout reproduire des personnages de dessins animés, raconte Kenwell. À l?époque, j?avais un album d?autocollants de Dragon Ball Z, et quand je ne pouvais pas m?acheter des autocollants, je dessinais les personnages. C?est comme ça que j?ai rempli mon album. »

À la SSS vocational de Goodlands qu?il fréquente pendant trois ans, Kenwell affine ses dessins, apprend à lire et s?intéresse à la sculpture. « J?ai découvert le plaisir de la lecture et j?ai ainsi commencé à emprunter des BD et des livres sur la sculpture. » Les créations aux formes multiples retiennent son attention et renforcent son intérêt pour cet art. Lorsqu?il voit placardée au collège une affiche sur le Centre technique de Monfort, Kenwell saisit l?occasion de s?inscrire à un cours en sculpture et en dessin. Pendant deux ans, le jeune homme étudie les techniques de sculpture en s?aidant de livres empruntés à la bibliothèque. La matière qu?il affectionne le plus, c?est le bois.

Au début le jeune homme s?en tient à la reproduction d?objets qui l?environnent. Puis peu à peu, l?imaginaire prend place. « Avant je me contentais de reproduire des dessins sur le bois, mais à la longue j?ai eu envie d?être créatif, souligne-t-il. J?ai alors imaginé des formes. J?aime que mes sculptures soient originales, qu?elles ne ressemblent à aucune autre. Quand je marche dans la rue, je m?imprègne de toutes les formes que je vois et je les recrée une fois que je suis chez moi. »

Pour parfaire son apprentissage, Kenwell suit également un cours en menuiserie. Ainsi, il peut faire lui-même les encadrements de ses sculptures. Marguerite, canard, fleurs aux formes retravaillées sont sculptés en relief, comme si le jeune homme voulait leur donner vie. Avec des morceaux de poisson sculptés, il crée une tête de dragon. « Dans un des albums de Spirou, je suis tombé sur des sorcières récitant des formules magiques. Ça a fait un déclic et ça m?a donné l?envie de sculpter des fantômes sortant d?un morceau de bois, confie-t-il. J?ai aussi l?intention de sculpter sur le bois des monuments historiques avec explications à l?appui. »

Des idées, Kenwell n?en manque pas, comme celle de sculpter une nappe en bois qu?il laisserait en permanence sur la table. Mais pour cela, il faut des machines spécialisées, et elles coûtent cher. À 19 ans, le jeune homme a déjà une vision de ce que sera sa vie dans quelques années : « Mo éna l?intention fer mo prop bizness, me mo bizin akimile l?experians ek ekonomis avant ».

Kenwell ne doute pas de pouvoir y arriver un jour. Son avenir, il le tient entre ses mains. « Il est important pour les jeunes d?aller à la découverte d?un métier et de ne pas se décourager s?il est dur. Je veux monter ma propre entreprise pour ne pas me retrouver à la rue un jour. C?est un rêve que je poursuis. C?est important pour moi, même si mes copains se moquent de moi et me reprochent de passer mon temps à dessiner et à sculpter. » Sa ténacité lui ouvrira certainement des portes?

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