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Les socialistes rejettent une ouverture de l?ETA
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Les socialistes rejettent une ouverture de l?ETA
LE MOUVEMENT séparatiste basque ETA, initialement mis en cause par le gouvernement sortant de José Maria Aznar dans les attentats madrilènes du 11 mars, a proposé hier d?ouvrir un dialogue avec le futur gouvernement socialiste espagnol, sans pour autant déposer les armes.
Mais les socialistes ont rétorqué qu?ils ne prenaient pas en considération le communiqué d?un ?groupe terroriste? tandis que, dans l?entourage du gouvernement régional basque, on conseillait à l?ETA de renoncer à la violence et de ?laisser la politique aux hommes politiques?.
L?offre de l?ETA a été publiée sur le site Internet du journal basque Gara une semaine après la victoire surprise aux législatives du PSOE de José Luis Zapatero. ?Nous sommes totalement disposés à parvenir à une solution par le dialogue. Il est possible de parvenir à la paix par la raison et le bon sens?, écrit l?ETA.
Cependant, l?organisation, inscrite sur la liste des groupes terroristes par l?Union européenne et les Etats-Unis, réaffirme aussi sa ?décision de poursuivre la lutte?. Les nationalistes basques demandent depuis des années à Madrid de suivre l?exemple de la Grande-Bretagne qui a ouvert un dialogue avec le Sinn Fein, allié politique de l?Armée républicaine irlandaise (IRA).
Dans son communiqué daté du 16 mars mais publié hier, l?ETA invite Zapatero à ?prendre des mesures énergiques et courageuses pour le Pays basque?. Mais, à l?instar d?Aznar, Zapatero a promis de ne pas relâcher la pression sur l?ETA. ?Mon but est d?en finir avec le terrorisme et l?ETA n?aura pas une minute de repos?, a-t-il affirmé la semaine dernière. Il a en revanche téléphoné, le soir de sa victoire électorale, au Premier ministre basque Juan José Ibarretxe, auquel Aznar n?avait pas parlé depuis 2001.
Retrait de l?Irak inévitable
Le gouvernement Aznar avait, dans un premier temps, mis en cause l?ETA dans les attentats du 11 mars, qui ont fait 202 morts, et qui sont maintenant imputés à des islamistes.
L?ETA affirme qu?Aznar a ?aggravé? le conflit régional et qu?il ?n?a pas réussi à écraser la résistance basque?. Le mouvement séparatiste salue en revanche le ?geste fort et courageux? de Zapatero, qui a annoncé le retrait d?ici fin juin des quelque 1 300 soldats espagnols déployés en Irak.
Zapatero a réaffirmé dans une interview publiée hier par le journal El Pais que ce retrait était pratiquement inévitable.?Beaucoup de choses devraient changer (en Irak). Le retour des troupes espagnoles est une décision qui sera difficile à éviter.?
Zapatero a estimé que l?Onu pourrait assurer la sécurité en Irak d?ici le 30 juin, date prévue pour le transfert par les Etats-Unis de la souveraineté aux Irakiens.
?La seule forme viable d?occupation serait que l?Onu prenne le contrôle politique, que davantage de forces multinationales soient impliquées, parmi lesquelles de nombreux pays arabes emmenés par la Ligue arabe?.
Le socialiste José Bono a confirmé hier dans une interview au journal ABC qu?il serait le prochain ministre de la Défense et il a appuyé la décision du président du gouvernement de retirer les forces espagnoles d?Irak.
Le mouvement anti-guerre s?est encore intensifié après les attentats de Madrid considérés par beaucoup comme des représailles à l?engagement de l?Espagne en Irak sous la conduite d?Aznar. Le chef de la diplomatie européenne, l?Espagnol Javier Solana, affirme de son côté dans une interview publiée par le Bild am Sonntag qu?aucun pays n?est plus attaché à la lutte contre le terrorisme que l?Espagne et que Madrid resterait en Irak dans le cadre d?un mandat de l?Onu.
?Mes compatriotes seront les derniers à renoncer à la lutte contre le terrorisme. Je suis convaincu que les terroristes n?atteindront aucun de leurs objectifs. Mon pays, l?Espagne, est confronté au terrorisme de l?ETA depuis des décennies. Nous avons payé un prix élevé?, rappelle Solana.
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