Publicité
Ecriture au filml es lauréats connus
Dans la catégorie fiction, les lauréats sont Stéphane Bellerose, Wassim Sookia, Jean Lindsay Dhookit, Dominique Merven et Nirveda Alleck. Stéphane Bellerose et Wassim Sookia, deux noms connus dans le milieu, ont comme point commun d?avoir vu leurs ?uvres primées lors du Festival de Courts Métrages. Tous deux dirigent aussi leur maison de production. Mais la ressemblance s?arrête là. Wassim Sookia veut réaliser une science-fiction alors que Stéphane Bellerose préfère le terre à terre.
Pourquoi avoir participé à ce concours alors qu?il a déjà à son actif plusieurs productions audiovisuelles ? «C?est une démarche logique. C?est un cheminement. Il y a une administration différente qui veut professionnaliser les sous-productions du cinéma. Moi, je fais à la fois de l?écriture, de la technique et de la réalisation. J?espère en tirer quelque chose de positif», explique Stéphane Bellerose. Concernant l?encadrement offert aux lauréats de ce concours, le jeune homme estime que si c?est une équipe étrangère qui s?en occupe, ce sera un bon point. «On peut toujours apprendre des étrangers. Par contre, si c?est une équipe locale qui s?occupe de l?encadrement, ce sera risible », souligne-t-il.
Son projet d?écriture, L?enfer au paradis, parle du déphasage des hommes face à l?évolution des m?urs sexuelles. L?histoire est inspirée d?un roman de Michel Houellebecq. « On nous vend du rêve en boîte de nuit. L?homme nourrit l?illusion qu?il y trouvera quelque chose. D?ailleurs, la boîte de nuit où se rendent mes deux personnages s?appelle le Paradis. Ils vont chercher l?âme s?ur là où il ne le faut pas. En outre, on retrouve la thématique du travestissement », explique-t-il.
Wassim Sookia a décidé de s?essayer à un genre nouveau : la science-fiction. Celui-ci explique qu?il s?est décidé à participer à ce concours surtout pour l?aide financière. Le principal problème des réalisateurs mauriciens étant de trouver les finances. « On a saisi notre chance. En compagnie de mes amis, nous avons décidé de faire une histoire totalement différente de Tanga (ndlr : son précédent court-métrage).» Cette fois, le défiest différent. «Je veux faire un film où je pourrai mettre en pratique les effets spéciaux.» Il avoue être content de retrouver bientôt l?ambiance du tournage.
Encadrement de la MFDC très important
Nirveda Alleck a choisi un film sur une légende qui se déroulerait dans un champ de cannes. Elle mise sur une bonne interprétation car elle souhaite qu?il y ait peu de dialogues dans son film. « L?histoire touchera un peu à l?abus sexuel d?un enfant. Cependant, avec le temps, celui-ci ne saura plus si cela s?est vraiment passé ou s?il l?a rêvé.»
Revenue d?Ecosse depuis peu, après des études en Beaux-Arts, Nirveda Alleck voulait poursuivre des études à Maurice en production télévisuelle. Malheureusement, elle s?est, rapidement, rendue compte que cela n?était pas possible. L?encadrement que proposera la Mauritius Film Development Corporation est très important pour elle. La jeune femme espère en tirer profit. « J?espère être bien entourée de l?équipe. Je sais bien que tourner un film n?a rien à voir avec le fait de prendre une caméra et se mettre à filmer en solitaire. Je vais aussi en profiter pour apprendre des autres.»
Dominique Merven est une autre nouvelle venue. Elle a trouvé cette formule «intéressante et innovante car elle permet aux personnes qui ont un projet de le réaliser». Elle a déjà travaillé sur des tournages qui n?ont pas été concluants jusqu?à présent. «J?ai toujours voulu réaliser un projet personnel. Faute de fonds et de moyens techniques, ce n?est pas facile pour des cinéastes amateurs de faire des films.» Son métier, c?est la publicité mais sa passion est l?audiovisuel. La principale difficulté lors de l?écriture d?un projet de film est, selon elle, de prendre de la distance avec le quotidien afin de faire ressortir la créativité.
Dominique Merven a choisi de raconter l?histoire d?une vieille femme vue par un enfant. Le tout, sur un ton de comédie et avec beaucoup de tendresse.
Lauréats de la catégorie documentaire
David Constantin, Thierry Fleuriau-Château, Krishna Luchoomun, Reza Peeroo et Jivita Bunwaree ont été retenus dans la catégorie documentaire. Ils sont tous à leur façon, des observateurs. Leur propos : inciter le spectateur à se concentrer, à réfléchir et à regarder vraiment. Le Fond d?aide au développement du film de la MFDC va concrétiser leurs souhaits.
Krishna Luchoomun est célèbre pour ses ?uvres d?art. Il a voulu devenir cinéaste pour élargir son univers créatif. Il y est arrivé en 2001, avec son documentaire Nu Ravann, Prix du Meilleur documentaire, catégorie amateur, au Festival de Courts-métrages de la MFDC. La consécration est arrivée un an plus tard, avec L?esprit Chazalien, également Prix du Meilleur documentaire mais cette fois dans la catégorie professionnelle. Professeur d?art à l?école des Beaux-Arts du Mahatma Gandhi Institute, il continue son chemin de cinéaste avec Sudba. Le titre pose problème et intrigue. On peut laisser vagabonder notre imagination, mais Sudba signifie destin en russe. Un pays cher au c?ur de Krishna Luchoomun, puisqu?il y a fait ses études de Beaux-Arts. Sudba se fera l?écho de la traversée de trois personnages.
Du flou artistique à l?écriture pointue, voici cette fois, le parcours de Thierry Fleuriau-Château. Ce dernier est journaliste au magazine Eco-Austral. De par sa profession, il est devenu un observateur averti. De «petites tentatives» à la soumission de son projet d?écriture, baptisé La Montagne du Morne, Thierry Fleuriau-Château n?a fait que concrétiser son désir de jeunesse de « percer à jour toute la mécanique du cinéma ». Enfant, il habitait à cent mètres du cinéma Ritz à Curepipe. Dans sa tête d?enfant, il trouvait grandiose de n?être que le chauffeur de Gérard Depardieu. Depuis, le temps a passé, mais l?envie de faire du cinéma, ne l?a jamais quitté.
Observateur des réalités mauriciennes
Pour Thierry Fleuriau-Château, le documentaire est d?abord et avant tout une prise de position, une autre forme d?expression qui s?ajoute à ses articles de presse et à ses écrits. « Le Morne est un lieu chargé d?histoire. C?est aussi un gros symbole de la lutte anti-esclavagiste, mais aussi une image carte postale de l?île Maurice touristique, un lieu magique que j?ai envie de raconter, » explique-t-il.
Reza Peeroo n?est peut-être pas journaliste, mais il se pose également en fin observateur des réalités mauriciennes. En 2001, il a décroché le prix du meilleur documentaire pour Yamsé. Un documentaire audacieux, axé sur la fête Goon. Depuis cette reconnaissance, il n?a cessé de se balader, caméra au poing, pour filmer des tranches de vie. L?année dernière, Mama, papa ek moi, prix du Meilleur scénario de la MFDC, lui a permis de raconter l?enfance volée d?un gamin ballotté entre des parents divorcés.
Pharmacien de profession, Reza Peeroo s?intéresse autant à la mendicité des enfants qu?à la construction des mosquées. Avec La potence qui lui a permis de décrocher cette aide de la MFDC, il s?intéresse au vécu des condamnés à mort de jadis.
Etre encadré par des professionnels sera une occasion de plus de se frotter à la profession et d?en tirer profit. «On ne finit pas d?apprendre.»
L?Ami Constant, le projet d?écriture de David Constantin, est un projet aussi intimiste que personnel. S?il est loin d?être un nouveau venu dans l?univers audiovisuel local, le jeune homme veut y raconter son père, feu Serge Constantin. Ce prix est salvateur. «Cette idée me trotte dans la tête depuis longtemps. J?étais persuadé que ce projet très personnel, n?intéresserait aucun partenaire commercial. C?est la raison pour laquelle j?ai sollicité l?aide de la MFDC. Sans impératifs financiers sur les épaules, je pourrais mener ce projet à bon port.» Ce nouveau défi artistique que le jeune homme s?est fixé, après le succès de Diégo l?Interdite et son frottement avec l?équipe de professionnels français sur Bénarès, confirme ses dispositions pour le cinéma.
Un projet accueilli comme une bouée de sauvetage
La pétillante Jivita Bunwaree est la benjamine des lauréats dans la catégorie documentaire. Du haut de ses vingt-quatre ans, cette jeune fille est sûre de ses choix. Rentrée d?études en Angleterre, elle a ramené dans ses bagages, une foule d?idées que son esprit bouillonnant veut concrétiser. Devenir cinéaste en fait partie.
Matter of life and death, son premier projet d?écriture lui a déjà ouvert une porte. La jeune fille veut raconter l?histoire d?un homme d?affaires dont la compagnie est chargée de divertir l?assistance lors de veillées mortuaires. Une idée un peu folle, mais totalement inédite. « Pour être heureux en affaires, il suffit de dénicher la bonne idée !» déclare la jeune fille avec fougue.
Le Fond d?aide au développement du film a été accueilli comme une bouée de sauvetage puisque l?obstacle majeur pour mener à bien les projets cinématographiques locaux demeure le financement.
De l?écrit à l?image
Le concours de l?Ecriture au Film a été lancé en octobre dernier par la Mauritius Film Development Corporation.
Les participants devaient rédiger un projet d?écriture pour un film. Le critère de sélection des projets était la possibilité de les réaliser ainsi que la construction des idées entre autres. Cinq documentaires et cinq fictions ont ainsi été choisis. Les dix lauréats bénéficieront d?une aide financière et d?une aide technique de la Mauritius Film Development Corporation. L?aide financière vient de l?Agence Intergouvernementale de la Francophonie. Ces films auraient du être projetés lors du Festival de la Francophonie qui devait se tenir ce mois-ci à Maurice.
Toutefois, faute d?argent, la Mauritius Film Development Corporation ne pourra le faire avant la fin de l?année. Maintenant, les différentes étapes de production et de réalisation vont commencer, pour les dix lauréats.
Publicité
Publicité
Les plus récents