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Cuttaree pessimiste sur l?AGOA III

10 mars 2004, 20:00

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IL ne reste plus que neuf mois avant que le démantèlement de l?accord multi-fibre et que l?abolition des quotas ne devienne une réalité.

Dans la conjoncture, une extension de l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) et surtout une dérogation concernant le ?third country fabric? représenteraient une planche de salut pour l?industrie du textile-habillement de la région.

Néanmoins, les chances sont minces pour que l?AGOA III ? qui comprend l?extension de cette dérogation ? soit adoptée, a déclaré Jayen Cuttaree, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international.

C?était lors de son intervention à une conférence et exposition sur le textile qui se tient actuellement à Johannesburg en Afrique du Sud.

Le pessimisme du ministre par rapport aux chances de l?AGOA III est attribuable à trois raisons principales. La présente session du Congrès sera courte ; les démocrates et les républicains sont divisés; et personne ne veut parler d?initiatives commerciales dans une année électorale, analyse-t-il.

Pourtant l?adoption de ce projet de loi, qui a déjà été soumis au Congrès, est vitale. Un rapport de l?US International Trade Commission soutient que l?AGOA et la dérogation permettant aux pays de l?Afrique sub-saharienne d?importer leurs matières premières de pays tierces, donneront de meilleure chances de survie à l?industrie de la région quand les quotas seront abolis en janvier 2005.

Cette dérogation expire en septembre 2004 et il est donc urgent de le renouveler, soutient Jayen Cuttaree. Maurice (qui ne bénéficie pas de cette disposition avantageuse) espère que dans le cadre de son éventuelle extension le pays sera également considéré éligible.

Le ministre a décrit un scénario inquiétant pour l?industrie textile mauricienne et de la région dans le contexte de l?abolition des quotas. Cette abolition provoquera un Big Bang dans le monde du textile, à l?échelle planétaire, et la Chine en émergera comme le producteur dominant.

?Un défi majeur?

?L?abolition des quotas sur la Chine sera un défi majeur pour la survie de l?industrie du textile et de la confection en Afrique sub-saharienne?, poursuit Jayen Cuttaree. De plus, selon une étude de l?US International Trade Commission (USITC), des pays comme l?Inde, le Bangladesh et le Vietnam réussiront à préserver leurs parts de marché. Le hic, c?est que ces pays produisent les mêmes catégories de vêtements que ceux fabriqués par les pays d?Afrique sub-saharienne, ce qui en font de terribles concurrents.

Mais il n?y a pas que Maurice et les pays de la région qui s?inquiètent des retombées de l?abolition des quotas et du démantèlement de l?accord multi-fibre.

Des producteurs américains et turcs ont également écrit au directeur général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), Suppachai Panitchpakdi pour réclamer une extension de l?accord multi-fibre jusqu?en 2007.

Lors de son intervention à la conférence, Jayen Cuttaree a réagi à cette initiative : ?Même si nous soutenons une telle démarche, il nous faut être réalistes et nous préparer à la fin de l?accord multi-fibre dans quelques mois.?

Le président de l?American Textile Manufacturers Institute (ATMI), Cess Johnson, l?un des signataires de la lettre des producteurs textiles à l?OMC, était parmi les intervenants à la conférence d?ouverture hier matin. Jayen Cuttaree doit d?ailleurs avoir une session de travail avec le président de l?ATMI.

Pour le ministre, outre l?impératif de faire voter l?AGOA III et la dérogation sur le ?third country fabric?, il est aussi vital pour l?industrie du textile-habillement de faire le maximum d?efforts pour devenir plus compétitive et productive.

Il estime que les pays de la région devraient consentir à des abattements fiscaux susceptibles d?attirer des investissements américains ou autres, dans une industrie textile hi-tech.

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