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Le nouveau marché central opérationnel en avril
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Le nouveau marché central opérationnel en avril
DANS un peu plus de quinze jours, le nouveau marché central de Port-Louis s?ouvrira au public. Le Premier ministre, Paul Bérenger, procédera aujourd?hui à l?inauguration officielle. Le temps pour les maraîchers de prendre possession des lieux, et le public pourra enfin acheter fruits, légumes, dholl puris et autres alouda dans un endroit moderne et esthétique.
?Nous devons encore finaliser les conditions d?occupation et le loyer. Nous devrons signer avec la mairie et nous être installés au plus tard dans un mois?, indique Vinaye Corceal, vice-président de la Market Traders Association (MTA). Le syndicat regroupe les 266 ?propriétaires? d?étals, au lieu des 333 que comptait le vieux marché.
La reconstruction, après l?incendie de 1999 a reproduit l?espace originel mais dans un cadre moderne. Quelques étals ont néanmoins été supprimés mais, dans l?ensemble, chaque maraîcher devrait retrouver sa place. La MTA a veillé à ce que la reconstruction ne soit pas prétexte pour faire entrer des concurrents potentiels.
Les maraîchers ont continué à travailler dans le vieux marché ravagé par les flammes jusqu?en juillet 2002, date du démarrage du projet de reconstruction. Ils y ont vécu dans des conditions déplorables. Les 18 mois passés sous les kiosques temporaires de la rue Farquhar n?ont pas été moins pénibles. ?C?est la galère quand il pleut. Le service de gardiennage est insuffisant et on nous vole nos marchandises. Personnellement, on m?a volé des pommes d?amour pour au moins Rs 1 300 pas plus tard que ce week-end. Le problème a pris de l?ampleur depuis environ un mois?, se plaint Anand Ramtale.
Le commerçant n?est pas certain de retrouver ses deux étals. L?espace a été alloué à la restauration rapide. L?incertitude le ronge. ?On m?a assuré qu?on me logera dans un axe principal, similaire à celui que j?occupais auparavant. Attendons voir.?
Un ?bijou? qui ne fait pas l?unanimité
Kishore Beeharry fait aussi entendre quelques notes d?insatisfaction. ?Les étals sont petits. Où allons-nous garder nos stocks ? Je trouve aussi qu?on a raté une bonne occasion de résoudre le problème de congestion routière autour du marché. La municipalité aurait pu faire aménager un parking souterrain, ce qui lui aurait de surcroît rapporté de l?argent.?
Selon lui, les étals ont perdu environ deux pieds (60 cm) en faveur des colonnades et des escaliers. Ce marchand de bananes sent qu?on a négligé la fonctionnalité au profit de l?esthétique. Et il n?est pas le seul à s?en plaindre.
Le syndicat des maraîchers témoigne d?un esprit moins exigeant. ?Le public connaît bien les conditions tiers-mondistes d?autrefois. Il les a vécues avec nous. En comparaison, cette nouvelle infrastructure est un bijou?, affirme Vinaye Corceal.
On parie cependant volontiers que les maraîchers auront vite fait de gâcher l?esthétique des lieux. Le syndicat des maraîchers en est conscient et est résolu à démentir ceux qui font cette réflexion. ?Nous avons également pris un pari, celui de coopérer entièrement avec les autorités municipales pour maintenir le niveau. Mais il faut que celles-ci sachent faire respecter les normes de salubrité exigées?, soutient Sanjay Purang, assistant secrétaire.
La mairie est d?ailleurs sur le point de lancer des appels d?offres pour l?administration du complexe, le nettoyage et le gardiennage. ?Je veux une gestion professionnelle des lieux?, déclare le lord-maire, Tirat Moosun.
Les maraîchers ont déjà une idée de ce qui sera exigé d?eux : un usage très modéré de l?eau pour asperger leurs légumes, l?interdiction d?exposer leurs produits au-delà des étals afin de ne pas obstruer les allées, une disposition contrôlée de leurs déchets, le remplacement des caisses en bois et autres paniers en osier par des crates en plastique?
Des exigences pour plus de confort
Les maraîchers sont conscients que leur nouvel environnement de travail leur réclamera des efforts additionnels. Les caisses en plastique sont coûteuses, ?au moins Rs 450 l?unité?, dit un maraîcher. Les légumes devront aussi être nettoyés et triés au préalable?
?Cela nous aurait facilité la vie si la vente à l?encan de Roche-Bois, où nous achetons nos marchandises, avait suivi le pas. Il est urgent d?améliorer cette infrastructure. Mais nous ferons avec ce que nous avons pour le moment. Il est temps que nous nous modernisions?, dit Sanjay Purang.
Le consommateur, en attendant, est en droit de se demander s?il devra subir les frais additionnels causés par ces nouvelles exigences. Le loyer des étals, jadis compris entre Rs 500 et 700, pourrait en effet tripler. Le chiffre est encore en train d?être négocié.
Les maraîchers et le lord-maire se veulent néanmoins rassurants. ?Nous réclamerons un loyer qui sera socialement et économiquement juste envers les maraîchers et les consommateurs?, assure Tirat Moosun. Mais les maraîchers expliquent ne pas avoir une très grande marge de man?uvre. Car c?est à l?encan, disent-ils, que se décident véritablement les prix.
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