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Pour une transition plus humaine
La fermeture brutale d?Ere Lingerie réalimente la crainte des pertes d?emplois chez les 80 000 employés de l?industrie du textile et de la confection. Les bruits insistants concernant un autre important groupe hongkongais après la fermeture de Summit Textiles exacerbe le sentiment d?insécurité.
Certes, on sait que la zone franche aborde un tournant décisif. Le programme de restructuration lancé vise à l?accompagner dans cette phase cruciale où se joue sa survie. On sait également que les ?casualties? sont inévitables. Les 9 000 emplois perdus l?année dernière semblent donner raison à ceux qui prédisent une importante contraction de la main-d??uvre dans ce secteur.
Sachant que ces pertes d?emplois sont inévitables, il est impératif de mieux planifier la douloureuse transition qui est déjà en marche. La manière dont la direction de Leisure Garments et de Summit Textiles ont géré la fermeture de leurs entreprises respectives a été correcte.
Elles ont adopté une approche plus intégrée par rapport à leurs responsabilités envers leurs salariés. Ces derniers ont reçu un préavis et ont été compensés selon les dispositions légales. De plus, ils ont été psychologiquement préparés bien à l?avance. Dans le cas de Summit Textiles, les licenciés ont même bénéficié d?une formation pour tenter de les recycler.
C?est bien. Mais ce serait mieux d?adopter une approche plus systématique et d?avoir une stratégie globale harmonisée pour gérer les licenciements à venir. L?Etat et les entreprises doivent réfléchir ensemble à ce problème.
D?autant plus que les travailleurs manuels ? les opérateurs et machinistes ? de l?industrie de la confection sont difficilement recyclables.
La Textile Emergency Support Team a le mérite d?exister pour aider à la restructuration des entreprises. Ce serait faire preuve de courte vue de s?arrêter à l?aspect économique. La dimension sociale et humaine qu?implique la restructuration est tout aussi importante.
Une mauvaise gestion des licenciements à venir ne fera que ternir davantage la réputation de la zone franche qui n?arrive déjà plus à attirer de la main-d??uvre. Le non renouvellement de la main-d??uvre vieillissante est un vrai problème.
Si ce secteur n?arrive plus à inciter les jeunes à y faire carrière, la perception de manque de considération humaine risque d?entraver le renouveau tant espéré de l?industrie. Aujourd?hui, et davantage encore demain, la réussite des entreprises du textile-habillement dépendra dans une grande mesure de leurs capacités à mobiliser des compétences.
Les cadres techniques, les designers, ingénieurs, de mêmes que les cadres du ?middle management? boudent déjà les opportunités d?embauche dans les usines. Si l?image du secteur se dégrade encore avec des licenciements mal gérés qui dérapent, on risque d?avoir demain à importer des ouvriers pour travailler dans ce qu?il nous restera de l?industrie.
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