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Les ouvriers d?Ere Lingerie se font entendre
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Les ouvriers d?Ere Lingerie se font entendre
?J?AI été bousculée dans l?escalier. On m?a traitée de tous les noms et tenté de m?étrangler. Voilà ce que j?ai eu comme récompense après avoir travaillé jour et nuit.? A l?instar de Nadine Allet, les quelque 380 ouvriers d?Ere Lingerie ne parviennent pas à accepter les circonstances dans lesquelles a eu lieu la fermeture de l?usine de Pointe-aux-Sables vendredi. Les ouvriers ont saccagé les machines parce que mécontents de leur licenciement. Ils se sont réunis hier au jardin de la Compagnie, à Port-Louis.
Nadine Allet a 25 ans et habite à Cité-Vallijee. Elle a deux enfants âgés de cinq et dix ans et en attend un troisième. Pancarte et porte-voix à la main, elle a affirmé, hier, qu?elle compte consigner une déposition à la police. Brigitte Noël a aussi été prise dans le tumulte. ?On m?a traitée de racaille.? Les ouvriers qualifient la démarche de la direction d?inhumaine. Ils avouent ne pas savoir comment boucler le budget familial, étant criblés de dettes.
Mirella Lafleur a, quant à elle, affirmé qu?aucun ouvrier n?a détruit les machines de l?entreprise. Un point de vue partagé par les syndicalistes Atma Shanto, Reaz Chuttoo et Jane Ragoo. Ces derniers auraient rencontré le ministre du Travail et des relations industrielles, Showkutally Soodhun, dans le but de dissiper tout doute à ce sujet. ?On leur a fait comprendre que tout est normal et qu?il fallait continuer à travailler?, affirme Reaz Chutoo. Les employés n?ont eu droit qu?a leur salaire de base de Rs 2 000 et n?ont pas reçu de boni de production.
Les quelque 380 ouvriers d?Ere Lingerie et la centaine d?employés de la branche curepipienne, Voltamex, ont décidé de porter l?affaire en cour industrielle. Elle repose maintenant sur le Receiver-Manager, Abdul Sattar Hajee Abdoula. Celui-ci a été choisi pour disposer des actifs de l?entreprise afin de rembourser les créanciers.
Les représentants des syndicats de la Private Entreprises Employees Union et de l?Export Enterprises Employees? Union comptent rencontrer le Receiver-Manager cette semaine. Ils ont invité les licenciés à manifester contre la précarité de l?emploi dans la zone franche. La manifestation se fera dans les rues de Rose-Hill, le 3 avril.
Une lueur d?espoir existe toutefois. Plusieurs entreprises, dont la Compagnie mauricienne de textile font actuellement face à un manque de main-d??uvre qualifiée. Elles ont signifié leur intention d?embaucher les licenciés des deux usines.
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