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Pharmacies cherchent pharmaciens désespérément

29 février 2004, 20:00

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<B>LES PROPRIÉTAIRES</B> des pharmacies ne savent plus à quel saint se vouer. Le manque de pharmaciens, qui s?accentue, est devenu un véritable casse-tête, comme une épée de Damoclés suspendue au-dessus de leur tête.

C'est le cas de la pharmacie Careplus, de Quatre-Bornes. L?officine n?arrive pas à trouver un pharmacien pour prendre la relève d?une employée qui a décidé de partir début mars. De fait, Nagarajan Naidoo, le propriétaire, a adressé une lettre au Pharmacy Board pour expliquer son problème.

?Nous continuons les recherches mais, jusqu?ici, cela n?a rien donné. Nous avons fait le tour de l?île pour trouver un autre pharmacien. Au moins une quinzaine ont été contactés mais, comme les avis de recrutement passés dans les journaux, cela n?a rien donné?, dit Nagarajan Naidoo.

Le nombre de permis accordés pour les pharmacies, actuellement dénombrée à 206, n?a cessé d?augmenter ces dernières années. Une tendance que n?a pas suivi le nombre de pharmaciens. Pourtant, de l?avis de l?Association des pharmaciens, il y a suffisamment de spécialistes sur le marché local.

Le manque de pharmaciens entraîne souvent la fermeture temporaire des officines, et ce jusqu?à ce qu?elles trouvent du personnel. La loi exige en effet que chaque pharmacie doit avoir au moins un pharmacien pour pourvoir opérer.

Ce problème cornélien est en partie attribuée au fait que nombre d?étudiants partant à l?étranger compléter leurs études en pharmacie ne rentrent pas au pays. Mais les nouvelles pharmacies, qui offrent en général des salaires plus attrayants, réussissent néanmoins à en attirer quelques-uns.

<B>Salaires intéressants</B>

Malgré le fait que cette situation provoque une hausse constante des salaires, le pharmacien reste un oiseau rare. Son salaire, pourtant, se situe entre Rs 25 000 et Rs 40 000 par mois, contre Rs 15 000 seulement il y a à peine cinq ans. A noter que les ?locum? ? c?est-à-dire les pharmaciens fonctionnant sur une base temporaire lorsque, par exemple les titulaires sont en vacances ? perçoivent même jusqu?à de Rs 1 000 à Rs 1 500 par jour.

?L?interruption de nos activités fait évidemment grossir nos dettes et nos découverts bancaires. Nous avons des engagements envers nos employés. En début de semaine dernière, nous avons été obligés de fermer temporairement. Et nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. Le problème est très grave. On semble oublier que nous rendons service à la population?, explique Arvind Mayaram, directeur de la Luxmi Pharmacy, à Vacoas.

Comme les propriétaires de la pharmacie Careplus et la pharmacie Simonet, il pense que les officines devraient être autorisées à employer des pharmaciens étrangers, venant d?Inde par exemple. Les contrats de ceux-ci peuvent être en effet de courte durée, allant de trois à cinq ans. D?autant plus, estiment les propriétaires, que le pays a recours aux services d?étrangers quand il s?agit de pallier un manque cruel de main-d??uvre, comme dans les secteurs de la construction et du textile. ?La situation est grave?, dit Sir Pierre Simonet, directeur de la plus vieille pharmacie du pays, avec plus de 80 années d?existence. Si des pharmaciens étrangers étaient employés dans les hôpitaux, cela pourrait libérer les Mauriciens qui, dès lors, pourraient se tourner vers le privé, croit Nagarjan Naidoo.

<B>Amendement sollicité</B>

De même, dit-il, on pourrait aussi amender la loi pour que les compagnies qui emploient un pharmacien pour des opérations ?wholesale? et un autre pour le ?retail?, n?utilisent les services que d?un seul. Cela nous permettrait de recouvrer les investissements importants consentis dans la construction de bâtiments, la constitution de stocks et l?amélioration de l?environnement au travail. ?Nous avons aussi proposé qu?il y ait un pharmacien pour deux pharmacies. Mais il faudrait alors que la Pharmacy Act soit amendée?, dit Arvind Mayaram.

Tous ces problèmes ont été portés à la connaissance du ministère de la Santé, affirment les propriétaires de pharmacie. Mais, à ce jour, aucune réponse n?a été rendue sur les propositions faites.

Pour défendre leur cause, les directeurs d?officines comptent se regrouper en une association. L?objectif, dit Arvind Mayaram, sera d?essayer de vendre les produits pharmaceutiques à un prix compétitif. La possibilité d?importer directement leurs médicaments, plutôt que de passer par des grossistes, est même envisagée.

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