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Toute une perception à changer
?Les entraînements nous empêchent de prendre un emploi à plein temps. Donc, je vis des Rs 2 000 que nous alloue le ministère de la Jeunesse et des Sports. Et ce n?est pas suffisant?, témoigne Dolly Namasivayen, bénéficiaire d?une bourse régionale.
Cette dernière dépense cet argent à acheter des vitamines et des crèmes médicales, à payer son transport pour se rendre à l?entraînement mais aussi à contribuer aux dépenses de la maison.
Pour la double médaillée d?or aux Jeux des îles, cette rentrée d?argent est considérée comme un salaire. Elle n?est pas la seule à croire en cette définition de la High Level Athlete Scholarship.
Laval Collet, également médaillé d?or aux Jeux des îles, certifie qu?un athlète de haut niveau n?a parfois pas d?autre choix que de se fier à cette allocation. ?Il est diificile pour un sportif de haut niveau d?avoir un travail stable. On doit se rendre quotidiennement à l?entraînement et s?absenter plusieurs fois par an pour des compétitions. Il est difficile de trouver un patron qui vous emploie sous ces conditions.?
Le judoka dira même qu?il est un athlète de haut niveau sous-payé. Avec un père handicapé et une mère femme au foyer, les fins de mois sont difficiles. ?Après avoir donné Rs 1 500 à ma mère pour les dépenses quotidiennes, il ne me reste pas suffisamment pour m?acheter des vitamines. Pour un sportif de haut niveau c?est très important. On est souvent au régime et il est impératif de manger équilibré.?
Jadis, le judoka rodriguais Antonio Félicité faisait également partie de ce lot d?athlètes qui vivaient de cette bourse : ?De 1994 à 2000, j?étais à Maurice pour un entraînement de haut niveau avec la sélection nationale. Je ne travaillais pas et me consacrais entièrement au judo. A chaque fin de mois, j?attendais avec impatience cette bourse pour payer mon loyer, acheter des provisions et des vitamines et autres.?
De 94 à 98, le judoka recevait Rs 6 000. Par la suite, sa bourse fut réduite à Rs 3 000. ?C?était la galère. Je n?arrivais pas à survivre donc je suis revenu à Rodrigues. Et si je parviens à poursuivre ma carrière, c?est parce que j?ai un contrat d?advisor coach, donc un emploi du temps fléxible qui me permet de m?entraîner.?
Comme leurs homologues des autres disciplines, les judokas sont mal informés sur le véritable usage de cette bourse. A qui la faute ? Sont-ils au moins au courant que cet argent est destiné justement à leur nutrition et à leur transport, et non aux dépenses courantes ménagères ? Un flou qui mérite d?être définitivement éclairci !
Il y a au moins une chose positive, c?est qu?avec la nomination de Priscilla Chery-Lebon en novembre 2003 comme officier de liaison entre le ministère de la Jeunesse et des Sports et la FMJ, l?allocation des aides financières aux onze judokas bénéficiaires a été régularisée. Pour le bonheur des judokas de haut niveau, les retards et les oublis font, désormais, partie du passé.
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