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Nous considérons cette bourse comme un salaire
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Nous considérons cette bourse comme un salaire
Les deux leveuses de fonte mauriciennes, Dolly Dardenne et Jessica Dalou, sont actuellement dans une situation complexe. Et dans le sport mauricien, ils sont nombreux dans le même cas : sportif de haut niveau, mais chômeur. Chômeur, donc pas rémunéré. Evidemment toute rentrée d?argent mensuelle, peu importe la source, est considérée comme un salaire.
C?est justement ce qu?affirment nos deux sportives de haut niveau. ?Etant donné que nous ne travaillons pas, nous considérons cette bourse (NdlR : Rs 3 000) comme une paye?, déclarent les deux médaillées des derniers Jeux des îles de l?océan Indien. Jessica Dalou avait obtenu trois médailles d?or dans la catégorie des -75kg et Dolly Dardenne, trois médailles d?argent dans celle des +75kg.
Tout en expliquant que ses dépenses vont principalement dans le transport, Dolly Dardenne avoue que cet argent sert aussi à payer une partie de ses dettes.
Mais les deux sportives sont unanimes à reconnaître qu?il n?est guère suffisant. Vient alors le cruel dilemme : travailler pour augmenter ses revenus ou sport de haut niveau ? ?Pour nous ce sera difficile de travailler et en même temps faire du sport. Soit on arrête l?haltérophilie et on va travailler dans une usine. Par contre, ce sera difficile de faire les deux?, soutiennent-elles en choeur.
Les deux filles ont quand même trouvé de quoi, ?arrondir les fins de mois?. Elles ont effectivement des talents de couturières et les mettent à contribution, en dehors des heures d?entraînement, pour se faire quelques sous supplémentaires.
<B>Nécessité de stabilité financière</B>
Il convient de souligner quand même que les problèmes d?achat de compléments nutritionnels comme prédéfini dans l?allocation des bourses de haut niveau, ne se posent pas pour les haltérophiles. En effet, l?Etat en met à leur disposition. ?Nous ne pouvons pas acheter n?importe quoi?, précise Jessica Dalou. Le spectre du dopage plane effectivement sur certains de ces compléments.
Cependant, si en théorie ces compléments doivent revenir aux haltérophiles de haut niveau, dans la pratique ce n?est pas vraiment le cas. ?Nous ne recevons aucune vitamine depuis quelque temps?, précisent-elles.
Les problèmes sont effectivement communs dans cette discipline et le dernier en date porte sur l?actuel entraîneur. Six haltérophiles, dont cinq concernés par ces allocations, ne veulent plus être sous les ordres de l?entraîneur Shrish Rummun pour une histoire de ?langage ordurier?.
Comment donc, peuvent-ils s?entraîner convenablement et aspirer à une promotion dans le tableau de la bourse de haut niveau ? Comment peuvent-ils préparer les échéances internationales de cette année que sont les championnats d?Afrique en mai prochain et les Jeux olympiques en août sans supervision technique ? A quoi sert une bourse de haut niveau donc, si les sportifs sont prisonniers ? à leur insu ? d?une situation où ils sont voués à ne pas évoluer ? Faut-il s?étonner alors qu?ils délaissent leur discipline par démotivation ou par simple nécessité de stabilité financière ?
La bourse de haut niveau aura alors été un gaspillage de ressources humaines et financières? à la différence que ce sont les contribuables qui paient la note !
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