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Foé, la mort du roi lion
Les gars, même s?il faut mourir sur la pelouse, il faut gagner ce match. » Cette phrase, prémonitoire, a été prononcée par Marc-Vivien Foé à la mi-temps du match Cameroun-Colombie, comptant pour les demi-finales de la Coupe des Confédérations. C?était le 26 juin 2003, à Lyon.
Une demi-heure plus tard, à la 72e minute, Foé, 28 ans, milieu de terrain respecté, écouté, adulé, s?écroule près du rond central, seul, loin de l?action. Les caméras sont braquées sur lui. Foé a les yeux révulsés, la mâchoire serrée. Il est inerte. Les secouristes lui débloquent d?abord la mâchoire pour l?empêcher d?avaler sa langue. Cinq minutes plus tard, le joueur de Manchester City est évacué sur une civière, sous assistance respiratoire, vers le bloc médical. Foé est ensuite placé en réanimation cardiaque pendant quarante-cinq minutes.
Le match reprend entre-temps, comme si de rien n?était. Le Cameroun s?impose 1-0 sans que personne ne se doute qu?un drame se joue. C?est le Dr Müller qui a la lourde tâche d?annoncer la nouvelle au monde entier. « Le joueur Marc-Vivien Foé est décédé », dit-il, la voix lourde.
L?hypothèse d?une crise cardiaque est la privilégiée. Mais, officiellement, le malaise est d?origine inconnue. Jean-Marcel Ferret, médecin de l?équipe de France, parle « d?un coma de type neurologique ». Les joueurs camerounais ont confié que Foe ne se sentait pas bien avant et pendant le match, qu?il aurait demandé plusieurs fois à sortir. Certaines télévisions ont, elles, repassé en boucles les images d?un coup de coude violent reçu par Foé lors d?un choc aérien avec Yepes quatre minutes plus tôt. De manière plus générale, ils ont été nombreux à dénoncer « le rythme infernal du football ».
Si Foé est le joueur le plus connu à avoir laissé la vie sur un terrain, il n?est pas le dernier. En janvier, en effet, l?international hongrois de Benfica, Miklos Feher, s?est effondré dans les arrêts de jeu du match opposant son club à Guimaraes. Il devait rendre l?âme une heure plus tard.
Escobar tué à bout portant
Il y a également le cas de l?international nigérian Samuel Okwaraji, terrassé en 1989 à 24 ans avec le maillot des Super Eagles sur le dos. C?était à Lagos, à l?occasion du match Nigeria-Angola comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 1990. L?autopsie allait par la suite révéler que son coeur avait gonflé anormalement. Un an plus tard, lors d?un match de D4 anglaise contre Lincoln, Dave Longhurst, buteur émérite de Yorke , fut victime d?une fatalité semblable.
Le 30 mai 1977, à la 50e minute d?un match de Série A contre la Juventus, Renato Curi, 24 ans, joueur de Pérouse, s?écroule sur le terrain. Un décès imputé à une malformation cardiaque congénitale.
De mémoire, un seul footballeur est mort des suites de blessures subies pendant un match. En septembre 1931, à l?occasion du derby de Glasgow, le gardien du Celtic, John Thompson, 23 ans, plonge dans les pieds de l?attaquant des Rangers Sam English. Le choc est d?une violence rare. Thompson, inconscient, est évacué vers l?hôpital. Il décède peu après. L?autopsie révèle une fracture du crâne.
Le football étant un sport de passion, certains joueurs ont payé de leur vie pour n?avoir pas été à la hauteur. Le plus connu d?entre eux est Andres Escobar, international colombien assassiné à bout portant le 2 juillet 1994 à la sortie d?un bar de Medellin. Son péché : il avait marqué contre son camp quelques jours plus tôt à l?occasion du match de Coupe du monde Colombie-USA. L?enquête policière devait révéler par la suite que ce meurtre avait été commandité par un groupe de parieurs qui avait misé gros sur une victoire colombienne.
Plusieurs joueurs de football ont aussi été victimes de la foudre. Parmi, figure le gardien hollandais de DWS, Erik Jongbloed, mort foudroyé en 1984 sous les yeux de son père, Jan, ancien international. On recense des cas du même genre au Guatemala, en Colombie et en Ukraine.
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