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L?incendie de la polémique
Chantiers et zones résidentielles ne font pas toujours bon ménage. L?incendie du chantier de Plaisance, à l?angle de la rue Hugnin, lundi dernier, vient malheureusement le confirmer. Les dégâts matériels causés à l?entrepôt et à la scierie, de même que chez les voisins immédiats ? les Hossenbokus et les Fareedun ? sont énormes. On ne déplore heureusement pas de victimes. Pour cette fois?
« C?était une bombe à retardement. Et un beau jour elle a explosé. » C?est ainsi que Saida Fareedun qui a connu le chantier depuis sa tendre enfance, résume la situation. Elle occupe l?une des quatre maisons qui se trouvent à proximité du chantier de Plaisance. Avec les seize autres membres de la famille, elle a vécu un vrai cauchemar lundi dernier, lorsque les flammes ont menacé d?embraser leurs maisons. S?ils s?en sont sortis indemnes, grâce à la prompte intervention des pompiers, ils conservent néanmoins un souvenir amer de cette soirée.
Erreur fatale
Comment en sont-ils arrivés là ? Rien ne se serait produit si les propriétaires du chantier avaient développé leur entreprise en respectant les normes de sécurité, disent-ils. « Pa ti éna aucaine alarme, ni réservoir délo ou bien détecteur la fumée. Et lor là, zot ti prend ène vieux bonhomme pou assure la sécurité », lance Saida avec une rage mal contenue. Cet événement a précipité le déménagement des activités du chantier dans son nouvel entrepôt à Montée S, Grande-Rivière-Nord-Ouest. L?express-dimanche a tenté en vain d?avoir une déclaration de Wong Chin, le propriétaire du chantier de Plaisance.
« Depuis l?incendie il ne vient pas à l?entrepôt », indique une préposée.
Le silence observé par les voisins du chantier de Plaisance sur le danger qu?ils couraient a été une erreur fatale. Les familles Hossen-bokus et Fareedun font amende honorable. « Nous étions conscients du danger, mais nous ne l?avons pas exprimé. Nous avons toujours accordé de l?importance à un bon voisinage », affirme Saida en disant avoir privilégié le dialogue avant tout. Nazir Hossenbokus, le frère de Saida, abonde dans le même sens. « Chaque fois, le propriétaire nous promettait qu?il allait s?en aller. Nous avons attendu croyant qu?il allait respecter sa parole », s?indigne-t-il. La municipalité de Beau-Bassin-Rose Hill affirme n?avoir reçu aucune plainte.
Les autorités sont montrées du doigt par les habitants. Interrogé à ce sujet, Patrice Duval, le maire de Beau Bassin-Rose-Hill laisse entendre que ce désastre aurait pu être évité.
« Seulement lorsque l?inspectorat sanitaire et le Fire Services Department ont donné leur aval après l?inspection, pour le renouvellement du permis d?opération en juin, la municipalité n?a pu qu?approuver », dit-il. L?inspectorat sanitaire est tenu de vérifier les aspects ayant trait à la santé des employés et le Fire Department Services est censé s?assurer que toutes les mesures de sécurité sont respectées? Le Chief Fire Officer, Rajkumar Ram assure que le chantier avait son fire certificate. « Ce document indique qu?il avait le système de prévention nécessaire. »
Avec sa verve habituelle, Rajesh Bhagwan exprime son indignation face au laxisme des autorités locales. « Bisin ki banne municipalités prend zot responsabilités ! Le Local Government Act 2003 est là pour aider à une bonne gestion de la ville. » Pourtant, le ministre est d?avis qu?il ne faut pas jeter l?opprobre sur le chantier de Plaisance. « C?est une institution qui a contribué au développement du pays et qui a permis à de nombreuses familles de subsister. »
Faire réfléchir
Néanmoins, à cause du laxisme des autorités, les Fareedun et les Hossenbokus ont été contraints d?emménager chez des parents. Les dommages provoqués par l?incendie rendent leurs maisons inhabitables pour le moment. Sous la chaleur des flammes, les vitres ont volé en éclat et les murs se sont fissurés. Des pompiers ont conseillé à Sheik Ahmad Fareedun d?éviter d?habiter à l?étage qu?il vient de construire. « D?après eux, tout risque de s?écrouler. »
Ce sinistre a au moins eu le mérite de faire réfléchir sur une situation qui perdure. On trouve souvent à proximité des quartiers résidentiels, des usines et autres commerces ? parfois illégalement implantés ? dont l?activité comporte un danger latent pour les habitants. Patrice Duval est le premier à le reconnaître. « Il y a des entrepôts illégaux où toutes sortes de choses sont stockées. Nous faisons un appel aux citadins pour qu?ils nous informent de toute activité nuisible. Nous n?hésiterons pas à prendre les sanctions nécessaires », assure-t-il. Depuis l?incendie du chantier de Plaisance, la traque aux bâtiments abandonnés et délabrés et aux terrains vagues a débuté dans les villes s?urs. « Ceux-ci comportent des risques d?incendie énormes », souligne le maire.
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