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Ciment : libéralisation ou subvention ?

11 février 2004, 20:00

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Le lobby pour la libéralisation des prix du ciment reprend de plus belle. Les importateurs ne sont pas contents du contrôle gouvernemental sur le commerce de ce matériau. ?Le ciment n?est pas une denrée vitale jusqu?à nécessiter un tel contrôle gouvernemental sur les prix?, déclare Patrick Pitot, directeur général de Lafarge. ?Si le gouvernement veut être logique avec lui-même, c?est-à-dire avec sa politique libérale, il n?a aucune raison de continuer à contrôler le prix du ciment. Par ailleurs, la concurrence fera que le marché se régulera de lui-même; une entreprise qui se respecte ne fera pas d?abus dans sa politique de prix. Il n?y a rien à craindre de ce côté-là?, tente de rassurer Patrick Pitot.

Si le lobbying des importateurs pour une libéralisation des prix du ciment dure depuis deux ans, il se fait aujourd?hui de plus en plus insistant. Mais le ministère du Commerce continue de résister aux arguments des importateurs. ?Si on libéralise, on est mort. On sait comment ça se passe dans d?autres secteurs. Pour certains, libéralisation veut dire liberté totale d?imposer n?importe quoi?, déclare un haut cadre du Commerce.

Même si cette résistance ne fait pas l?unanimité parmi les décideurs, l?argument qui fait pencher la balance est surtout d?ordre sociologique. Il y a eu certes une évolution au niveau de l?habitat à Maurice; on commence à s?habituer à la vie en appartements. Mais, il faut le reconnaître, le Mauricien devient très sentimental lorsqu?il s?agit de sa maison. Il aime son lopin de terre, il aime voir sa maison sortir de terre. Conscients de cela, les décideurs publics disent ne pas vouloir enlever cette part de rêve à de nombreux Mauriciens. ?La construction coûte déjà cher et on ne peut courir le risque de voir s?installer l?anarchie dans ce secteur. Une fois le mécanisme de prix libéralisé, il est souvent trop tard pour intervenir?, font observer les cadres du ministère. Autre sujet de crainte au gouvernement : le risque de cartellisation, sinon structurelle, du moins dans les agissements, comme l?affectionnent les groupes de commerce.

Et la question de subvention gouvernementale sur le prix du ciment ? ?C?est une question qui relève strictement de la politique gouvernementale?, répond Ravin Dajee, General Manager de la State Trading Corporation (STC). La question a déjà été soulevée de façon informelle au gouvernement, mais sans suite.

Pourtant, si la question de subvention du prix du ciment pourrait être jugée ?irrecevable?, il reste que le gouvernement central pourrait avoir une considération spéciale pour ceux qui se trouvent au bas de l?échelle sociale, ceux-là mêmes qui ?auront des difficultés face aux diverses augmentations?, comme l?a reconnu le ministre du Commerce, Prem Koonjoo. Pourquoi, par exemple, ne pas considérer l?opportunité d?une exemption de la taxe sur la valeur ajoutée sur le prix du ciment pour les catégories de consommateurs les plus vulnérables ?

Par ailleurs, on se demande pourquoi la décision gouvernementale d?autoriser la production et la mise sur le marché du bloc américain tarde autant. Le Mauritius Research Council (MRC) a démontré, depuis l?année dernière, que l?utilisation du bloc américain réduirait de façon conséquente les coûts de construction. Alors, à quand l?option du bloc américain ?

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