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SAJ : ?Non à la fatalité regardons l?avenir?
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SAJ : ?Non à la fatalité regardons l?avenir?
LES DISCOURS sur le devoir de mémoire envers les ancêtres esclaves, hier matin au Monument aux esclaves, ont invité à se préoccuper de l?avenir. Le rappel du passé ne doit pas nous déconnecter de l?avenir.
Le président de la République, présent pour la célébration du 169e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage, a été très clair : ?Nous avons le devoir de mémoire mais nous n?avons pas le droit d?être fatalistes et prisonniers du passé. Nous devons voir l?avenir avec un nouveau regard.?
Plutôt que de s?enfermer dans cette sombre partie de notre histoire, chacun d?entre nous, dit-il, devrait être capable de pardonner et de prendre des initiatives pour corriger les injustices du passé et éliminer les discriminations. L?important aujourd?hui, pense Sir Anerood Jugnauth, est d?intensifier le combat contre la pauvreté pour en diminuer ses conséquences.
Le président de la République est catégorique : l?avenir et la liberté passent par la voie de l?éducation. Il en a donc profité pour lancer un appel à la population pour prendre avantage de toutes les facilités mises à la disposition de tous les enfants, indistinctement. Cependant, a-t-il ajouté, l?éducation n?est pas la seule responsabilité du gouvernement et ne se limite pas aux murs de la classe. ?L?éducation, c?est aussi la responsabilité des parents?.
Ce rappel du passé, selon les différents orateurs, doit aussi être l?occasion de reconnaître la contribution des ancêtres esclaves dans le développement du pays, et ce en dépit des exploitations qu?ils ont subies. ?Il n?existe aucun doute que les esclaves ont été à l?origine du développement du pays?, dit à ce sujet le vice-Premier ministre Pravind Jugnauth.
A travers les célébrations, et en souscrivant à la démarche de l?Unesco, qui a décrété 2004 comme l?Année de la commémoration et de la lutte contre l?esclavage, le pays ne fait que répondre à ce devoir de mémoire, a souligné le ministre des Arts. Mais ce dernier prévient que ce devoir est comme la démocratie, c?est-à-dire qu?il faut ?rester vigilant et le préserver?.
?Le combat de l?homme est un combat de mémoire?, lance Motee Ramdass en citant le Sénégalais Doudou Diène, directeur de la division des projets interculturels à l?Unesco. Les membres du gouvernement ont souligné que cette obligation du souvenir ne s?arrête pas à la période sombre de l?esclavage. ?Il faut aussi tenir compte de la contribution des travailleurs engagés.? Raison pour laquelle le gouvernement a décidé de décréter le 2 novembre comme jour férié, ?pour honorer les travailleurs indiens?. ?Notre histoire est liée à l?esclavage et à l?arrivée des travailleurs immigrés?, dit le vice-Premier ministre, avant de lancer un vibrant appel à l?unité de la population. ?A nou mette nou différence de côté et marse la main dans la main pour ène meilleur avenir du pays.?
Le Premier ministre a rappelé les efforts du gouvernement pour faire avancer les projets de réaménagement de l?Aapravasi Ghat et de la construction du Centre Mandela pour la culture africaine. ?Ceux-ci deviendront des hauts lieux de la mémoire et de l?histoire du peuplement de Maurice?, dit-il.
Paul Bérenger, dont l?histoire est le domaine de prédilection, a retracé les différentes étapes ayant abouti à l?abolition de l?esclavage, avec force détails. Selon lui, bien avant l?abolition, un certain Thorenne avait libéré les esclaves qui étaient sur sa propriété.
Le Premier ministre a demandé au centre culturel Nelson Mandela de faire un travail de recherches à ce sujet ?afin que le citoyen Thorenne entre dans l?histoire du pays par la grande porte?. Après les discours, les invités ont eu droit à une mise en scène poignante d?un poème de Sedley Assonne intitulée ?Donn mwa enn nom?. La voix saisissante de Judex Topize, accompagné de percussionnistes et d?un couple de danseurs, ont fait planer l?émotion sur l?assistance.
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