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Petites et moyennes entreprises :se donner les moyens de s?en sortir
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Petites et moyennes entreprises :se donner les moyens de s?en sortir
La réunion, qui a eu lieu le 21 janvier au Domaine Les Pailles entre le ministre Joe Lesjongard et les entrepreneurs, est porteuse d?espoir à plus d?un titre. C?est en effet la première fois que le gouvernement va à la rencontre des petites et moyennes entreprises qui ont trop longtemps souffert de l?indifférence des autorités. Difficultés financières, tracasseries administratives, intérêts jugés excessifs pour les emprunts, loyers exorbitants et impôts budgétivores, tel est le lot quasi-quotidien des petits entrepreneurs. « D?un côté, on nous demande d?être compétitifs, d?innover pour mieux faire face aux contraintes de la globalisation et de l?autre, on nous lie les mains avec toutes sortes de contraintes qui nous empêchent d?évoluer dans un environnement sain. Nous contribuons comme tout le monde au développement du pays en participant à la création d?emplois. Nous ne comprenons pas pourquoi on nous traite comme des quantités négligeables », s?indigne le directeur d?une entreprise d?un faubourg de la capitale. Ne lui parlez surtout pas des facilités offertes par les autorités pour aider les PME à s?en sortir. Ses confrères dans d?autres secteurs ne semblent pas non plus connaître le sens de ce mot. « De quelles facilités parlez-vous ? Nous sommes soumis au même taux d?intérêt sur les emprunts et les découverts que les grosses boîtes. Il y a la Tennant Tax et les autres intérêts sur les traites et les transferts d?argent. Ajoutez à cela, les loyers, les salaires des employés, l?électricité et l?eau, et faites le compte. Nous croyons savoir que les petits planteurs paient leurs factures d?eau beaucoup moins cher que nous. Il y a de quoi se poser des questions. Je n?ai rien contre les planteurs mais ce que je veux dire, c?est que les autorités auraient pu nous accorder cette même facilité. Autre exemple : la banque exige la maison familiale comme garantie et j?en connais qui ont tout perdu à cause d?une dette de moins de Rs 100 000 alors que leur maison en valait dix fois plus. La liste des doléances est longue », se désole un autre entrepreneur de la zone franche.
En France, la toute nouvelle loi Dutreil vient protéger les biens personnels de l?entrepreneur (en particulier sa résidence principale) en cas de faillite. Cette solution ne semble pas pouvoir s?appliquer à Maurice. Banquiers et entrepreneurs froncent, en effet, les sourcils. « Je doute que ce soit une bonne solution. Les banques sont des entreprises commerciales. Elles ont aussi des contraintes et doivent se protéger. Les hypothèques sont des garanties solides. Si l?on applique cette loi à Maurice, les institutions financières vont fermer les vannes et ce sont les PME qui en feront les frais », redoute Raj Ringadoo, Chief Manager de la Banque de développement (DBM) et responsable du département PME. Même appréhension de la part des entrepreneurs. « Quelle banque acceptera de nous prêter de l?argent sans une garantie solide en contrepartie ? Non, ce ne serait pas une bonne idée pour les petites entreprises comme la mienne », se résigne un jeune entrepreneur de Flacq.
Les loyers sont encore une autre source d?inquiétude pour les petites entreprises manufacturières. « Nous n?avons pas le droit de travailler chez nous en pleine zone résidentielle. Mais trouver un emplacement commercial aujourd?hui est un véritable casse-tête. Le plus drôle, c?est que des institutions censées nous aider comme la DBM et la Mauritius Industrial Development Authority (Mida) gèrent des bâtiments commerciaux qu?ils louent aux entrepreneurs. La meilleure assistance qu?elles auraient pu nous offrir, c?est de nous aider à devenir les propriétaires de notre propre local. Ce qui consisterait aussi à nous donner une certaine dignité », propose un de nos interlocuteurs. Réponse de Raj Ringadoo de la DBM : « Les entrepreneurs ne sont pas sans savoir qu?il existe chez nous un plan qui leur permet d?acheter un terrain et de construire leur propre bâtiment et que nous finançons à concurrence de 90 % du coût total sur une période de dix ans. Ils peuvent et doivent en profiter. » Et c?est encore le remboursement qui revient sur le tapis. Un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.
Qu?est-ce que le microcrédit ?
Le microcrédit est un mode de financement, chapeauté par le ministère de la Femme, qui permet aux femmes et aux familles de lancer leurs propres entreprises. Pour en bénéficier, il faut se faire enregistrer au ministère qui établira les critères. En général, les femmes doivent être sans emploi et les revenus familiaux mensuels inférieurs à Rs 6 000. Les femmes qui se regroupent doivent avoir une bonne expérience dans la gestion, une connaissance dans le secteur d?activités choisi et pouvoir démontrer leur capacité de remboursement. Formations et achats d équipements existent dans plusieurs domaines : alimentation, apiculture, aquaculture, horticulture, etc.
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