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Le commerce des produits Ralph Lauren dans l?impasse

31 janvier 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Plus de 300 points de vente fermés. Manifestation de quelque 1 500 personnes touchées par la fermeture abrupte de leurs entreprises. Possibilité que plus de 10 000 personnes perdent leur emploi. Menace de disparition d?un secteur qui genère quelque Rs 200 m par mois. Telles sont les conséquences de l?ordre intérimaire émis vendredi par la Cour Suprême au bénéfice de la Polo Ralph Lauren, une société américaine.

L?ordre temporaire veut que les produits portant le logo Ralph Lauren ne puissent pas être commercialisés à Maurice. La société américaine soutient que personne n?y détient l?autorisation de la maison mère pour utiliser cette marque déposée.

«L?action en Cour est basée sur l?enregistrement des marques déposées qui date d?avant l?entrée en action de l?actuel gouvernement», déclare Jayen Cuttaree, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international.

Dans deux jours, les opérateurs mauriciens qui utilisent le logo Ralph Lauren devront expliquer à la Cour pourquoi cet ordre intérimaire ne devrait pas être maintenu.

Comment en est-on arrivé là ? Ralph Lauren est présent comme marque déposée dans le registre du Receveur des Douanes depuis 1992. Les Aurdally Brothers en étaient propriétaires. Ce n?est qu?en 1997 que la marque sort véritablement de l?anonymat, grâce à la débrouillardise de la société Captain-Tasman qui avait obtenu la franchise pour l?exploiter aux termes d?un accord avec les Aurdally Brothers.

La situation se complique

En 2000, la situation se complique avec le refus du ministère du Commerce (qui a pris la relève du Receveur des Douanes) de renouveler le permis des Aurdally Brothers. La société poursuit l?Etat et lui réclame une compensation de Rs 100 millions.

Un flou administratif s?installe alors, vu qu?il n?y a aucune instruction interdisant l?utilisation de la marque Ralph Lauren. «C?est à partir de là que la situation a échappé à notre contrôle. Des magasins ont poussé comme de champignons», explique Ajay Beegoo, directeur de Captain-Tasman.

Absence de directives

Des producteurs aux détaillants, en passant par les propriétaires de magasins et les chauffeurs de taxi, tout le monde y trouve son compte. Les produits se vendent comme des petits pains. Alors que le t-shirt se vend à Rs 3000 à l?étranger, le client peut se l?offrir pour environ Rs 800 à Rs 1000. La qualité de fabrication n?a, à priori, rien à envier aux articles vendus à l?extérieur, ce que contestent les Américains.

L?absence de directives formelles après le refus du renouvellement du permis des Aurdally Brothers a créé une situation confuse dont l?issue dépend désormais du jugement de la Cour Suprême.

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