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Corruption : neuf mois de prison pour un ex-conseiller de district

27 janvier 2004, 20:00

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JEAN LEWIS Norbert Paul, 44 ans, conseiller de Baie-du-Tombeau et ex-membre du conseil de Pamplemousses-Rivière-du-Rempart, a été condamné hier à neuf mois de prison pour corruption. Clivie Marie, une propriétaire de tabagie, l?avait dénoncé à la police pour avoir sollicité et empoché Rs 4 000 en octobre 2000 contre l?octroi d?un permis.

La Presiding Magistrate, Devianee Beesoondoyal, estime que ce délit mérite une sanction exemplaire. La sentence de neuf mois a un double objectif. Elle veut lui donner un effet dissuasif et s?assurer que justice est faite. Le coupable a donné avis d?appel.

La plaignante gère maintenant sa tabagie Le Coquillage, à Morcellement Ilois, Baie-du-Tombeau. L?obtention du permis d?opération n?a pas été de tout repos. Interrogée en cour par Me Khemalini Hurdowar, State Counsel, elle relate ses tribulations, ses rencontres avec Norbert Paul, et la raison de sa déposition à la police.

En mars 2000, un inspecteur du conseil visite le local qui abriterait la tabagie. Aucun défaut à relever. L?employé lui demande toutefois de prendre contact avec le conseiller Norbert Paul. À cette époque, Clivie Marie ne le connaît pas.

Après avoir rempli les formulaires nécessaires, elle rencontre le président du conseil de l?époque, Nanda Kistnen, pour le permis, qui lui demande de revenir le lundi suivant. Ce jour-là, quand il apprend que la plaignante est de Baie-du-Tombeau, il lui propose de prendre contact avec Norbert Paul.

Ce même lundi, Clivie Marie rencontre le conseiller. D?emblée, indique-t-elle, Norbert Paul lui affirme qu?elle n?a pas droit au permis dans la mesure où la tabagie se situe sur la ?boundary line?. Le conseiller lui explique avoir ordonné au conseil de ne pas lui octroyer le permis. La conversation déborde en suite sur l?éventualité qu?elle vende de la bière.

Les jours passent. Comme prévu, Norbert Paul débarque à sa résidence avec deux inconnus. Ces messieurs visitent la tabagie et Norbert Paul lui précise que le bâtiment est sous dalle. Mais Clivie Marie lui rétorque de bien observer la toiture en tôle.

Témoin de la remise de l?argent

La situation se corse car le conseiller lui réclame Rs 6 000 pour l?obtention du permis. Une somme qui surprend la gérante. Après discussions, le pot-de-vin est révisé à la baisse d?un tiers. Marie Clivie plaide qu?elle ne dispose pas de cet argent. Il est convenu que la plaignante le contacterait pour ladite transaction.

Le même jour, Clivie Marie relate sa mésaventure à un ami, un dénommé Ally Soobratty. Ce dernier offre de lui prêter les Rs 4 000. D?ailleurs, Ally Soobratty est témoin de la remise d?argent.

Pendant deux semaines, la plaignante se rend à plusieurs reprises au siège du conseil, à Mapou, pour prendre possession du permis. À la demande du conseiller, elle casque Rs 1 175 additionnelles. Finalement, en décembre 2000, Norbert Paul lui remet, à sa résidence, le fameux document.

L?affaire n?est pas close pour autant. Marie Clivie envisage d?ouvrir un snack. Elle apprend dans la foulée, qu?en tout et pour tout, elle n?avait qu?à débourser Rs 1 175 pour le permis déjà obtenu. De peur que le conseiller ne vienne lui soutirer encore de l?argent pour l?octroi du deuxième permis, elle consigne une déposition à la police. Clivie Marie soutient que sa décision n?a aucune motivation politique, comme avancé par le conseiller.

Pour sa défense, l?accusé soutient que la dénonciation de Clivie Marie est une machination politique dans le sillage de l?élection présidentielle au conseil des districts, en 2001. Il maintient, qu?à l?époque, il faisait partie de l?équipe de Nanda Kistnen, qui briguait un nouveau mandat.

Dans son analyse, la Presiding Magistrate se dit convaincue des témoignages de Clivie Marie et d?Ally Soobratty. Elle estime que la plaignante, malgré certaines contradictions en tant que principal témoin, ne s?est pas démarquée de sa déposition à la police.

En contrepartie, elle a rejeté les explications de l?accusé. Elle indique que le conseiller s?est contenté d?allégations générales non convaincantes.

Me Coomara Payendee a représenté la défense. La poursuite était assurée par Me Khemalini Hurdowar. Le chef inspecteur Rajan Rao Gurbah a fait office de Police Prosecutor.

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