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Un groupe énigmatique

22 janvier 2004, 20:00

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<B>Les</B> Super Eagles du Nigeria ne planent plus sur le football africain, les Lions de l?Atlas du Maroc ne rugissent plus et les Bafana Bafana ont perdu de leur splendeur. Les Ecureuils du Bénin sont les inconnus du groupe. Le tirage ne pouvait donner un groupe plus énigmatique que celui-ci.

Les Aigles du Nigeria semblent avoir perdu leurs ailes, plus encore leur âme. Qui ne regrette pas les accélérations de Daniel Amokachi, la puissance et l?instinct de buteur de Rasheedi Yekini, l?aisance technique de Nwankwo Kanu, les dribbles chaloupés de Augustine ?Jay Jay? Okocha, la sérénité de Peter Rufaï ou encore les débordements de Tidjani Babangida ?

L?équipe du Nigeria des Coupes du monde 1994 et 1998 a su allier créativité, technique et efficacité. Cette formation a certainement été l?équipe africaine la plus talentueuse à s?être présentée en Coupe du monde. Mais son évolution depuis 1998 est celle d?une équipe en déclin. Jamais avare de joueurs spectaculaires, le Nigeria ne parvient toutefois plus à s?imposer dans les grands rendez-vous.

Lors de la CAN 2000 organisée à domicile, les Super Eagles se sont inclinés contre leurs rivaux camerounais en finale. Lors de la dernière édition au Mali, ils se sont inclinés (1-2) contre le Sénégal. Que dire de leur piteuse prestation au Mondial 2002 la même année ! Les supporters des Aigles ne se font pas d?illusions sur les chances des leurs de remporter la victoire finale.

La spirale de contre-performances a engendré un manque de confiance. L?attaquant Julius Aghahowa n?a pas hésité à déclarer : ?Nous n?avons pas d?équipe pour affronter le Cameroun.?

Ce qui laisserait toutefois entendre qu?une seule équipe leur est supérieure : le Cameroun. Si la perle nigériane de l?Inter Milan, Obafemi Martins, sera absente, la meilleure nation anglophone d?Afrique pourra compter sur un effectif toujours de qualité.

Le Maroc en reconstruction

Le Maroc a tourné la page du sélectionneur portugais Umberto Coelho. La sélection est désormais tenue par l?ancien gardien de but du Mondial 1986, Badou Zaki. Oublier la campagne africaine de Bamako et celle des qualifications pour le Mondial ont été l?une des préoccupations du nouvel entraîneur.

Autour du défenseur du Deportivo la Corogne Nourredine Naybet ? la tour de contrôle des Lions de l?Atlas ? les Marocains s?appuieront sur les ?Français? Abdessalam Ouaddou, Jaouad Zaïri ou encore Youssef Hadji. Le Maroc possède l?une des meilleures défenses d?Afrique, au détriment d?une attaque déficiente.

Les hommes de Zaki doivent retrouver l?imagination propre à l?identité du jeu des Lions de l?Atlas et transformer toutes leurs occasions en buts décisifs. Le Maroc peut prétendre passer le premier tour au même titre que l?Afrique du Sud et le Nigeria.

Le match, du 27 janvier à Monastir, contre les Super Eagles va lever le voile sur les dispositions de deux énigmes de cette version 2004 de la CAN.

Les Bafana Bafana visent les quarts

Champion d?Afrique en 1996, les Bafana Bafana d?Afrique du Sud ont été finalistes en 1998 et troisièmes en 2000. Au Mali, ils ont terminé quart de finaliste.

L?actuel entraîneur du Real Madrid, Carlos Quieroz, est parti avant le Mondial 2002. Jomo Sono a transmis les rênes à Ephraïm ?Shakes? Mashala. Shakes a permis à ses protégés d?éliminer une prometteuse équipe de Côte d?Ivoire.

Les Bafana Bafana ont démontré à cette occasion leurs ressources. Mais à l?image du Nigeria et du Maroc, les coéquipiers de John Moshoeu demeurent une équation insolvable. Les seules certitudes sont une défense expérimentée emmenée par Mark Fish et Bradley Carnell et un esprit de compétition toujours irréprochable. Sans oublier l?éclosion du petit prodige de l?Ajax : le milieu de terrain Steven Pienaar.

Les Béninois veulent exister

Sur le papier, le Bénin est peut-être l?équipe la plus faible de son groupe voire de la compétition. Mais les Ecureuils ont pris leur première qualification à une phase finale de CAN très au sérieux. La fédération ne lésinant pas à professionnaliser leur préparation à coups de millions de francs CFA. ?Nous attaquons bien mais nous ne savons pas défendre, il ne faudrait pas que les supporters pensent que nous sommes devenus le Brésil et que nous allons gagner tous les matches?, prévient Damien Chrysostome, le coéquipier du Guingampais Oumar Tchomogo. Le sélectionneur ghanéen Sir Cecil Jones Attuquayegio sait que ses Ecureuils devront économiser leurs efforts.

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