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Question de discipline
Comme les autres fois, la discipline du parti et celle du gouvernement ont prévalu. Pravind Jugnauth et Anil Gayan, de même que les autres membres du bureau politique du MSM, ont décidé de ?tourner la page? et de travailler pour l?avenir en se fondant sur le principe de la responsabilité collective.
C?était aussi le cas pour les frondeurs du MMM la semaine dernière : on tournait la page. Quant aux critiques et déclarations faites, elles sont rapidement mises au compte du jeu démocratique des partis.
Certes, les différences de points de vue sont tout à fait naturelles. Mais ce qui ne l?est pas, par contre, c?est cette soumission passive à l?autorité des leaders de nos partis politiques. Il existe une conception de la discipline du parti à Maurice qui étouffe des voix qui peuvent être constructives, enfonçant ainsi la vie politique dans une plus grande médiocrité.
Ailleurs, dans les grandes démocraties, il est courant de voir cohabiter au sein d?une même formation politique des individus aux idées qui peuvent parfois être diamétralement opposées. Cela permet d?enrichir le débat à l?intérieur du parti et le débat politique de manière générale.
A Maurice, le fonctionnement est différent. C?est ainsi que nous avons fini par nous retrouver avec un système politique archaïque. Les leaders commandent et régissent tout. Nous n?avons pas non plus ces grandes conventions des partis politiques qui auraient permis à l?opinion de voir des hommes débattre ouvertement de leurs idées et de leurs convictions. C?est donc, inévitablement, une langue de bois généralisée que pratiquent nos politiques.
Les hommes et les partis fonctionnent sans aucun dialogue avec les citoyens et l?opinion publique. Les partis sont sclérosés et hermétiques. La vie d?un parti se résume à des comités centraux et à des bureaux politiques.
Nos partis ont, d?un autre côté, la hantise de voir leur unité questionnée ou alors de donner à voir la moindre contestation d?une opinion exprimée par les leaders. On aurait pu ne pas s?arrêter à ce phénomène mais c?est ce qui pourrait être au fondement même de la pauvreté du discours politique et de la duplicité de certaines stratégies politiques.
Il ne s?agit pas ici de critiquer des partis soumis à des monarques, de remettre en question la capacité d?analyse des politiques du système dans lequel ils fonctionnent. Il est davantage question d?un effort à faire pour interroger le système des partis.
Il importe, à cet effet, de se demander comment des partis, qui comptent des personnes capables dans leurs rangs, souffrent autant d?aridité intellectuelle quand il faut entreprendre des exercices d?introspection. D?où ce blocage ? D?un enracinement dans un système dépassé ? D?une peur de remettre en question les idées émises par les leaders ?
Il n?y a pas toutefois que la mécanique politique qui est à blâmer. Une bonne partie des électeurs, friands de vaudevilles politiques, restent accrochés à l?accessoire alors que l?essentiel se joue ailleurs. Si le nouvel électeur, qui se manifeste depuis les élections de 2000, reste éloigné de tout embrigadement, d?autres, par contre, subissent toujours la politique comme une fascination.
On parle beaucoup de modernisation depuis quelque temps. Celle de la politique est désormais devenue une urgence. Autrement, nous risquons une nouvelle fois de reculer après avoir cru que nous avions avancé. Autrement nos partis politiques risquent de passer à côté du vrai sens de cet idéal qu?est la démocratie. Autrement ce nouvel électeur qui a émergé pourrait vite être blasé car il n?y a aucun parti véritablement moderne qui saura répondre à ses aspirations.
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