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L?assiette créole selon Tante Athalie
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L?assiette créole selon Tante Athalie
VOUS vous seriez cru dans un hangar pour voitures. Devant une sorte de garage gris métallique, des voitures anciennes sont garées. Le seuil franchi, on y découvre d?autres modèles, en photos cette fois. Le cadre n?est pas froid pour autant : le bois des tables, banquettes et bar réchauffe. Et les clichés de la vieille bâtisse, qui abritait autrefois la famille propriétaire des lieux, achèvent de donner une âme au coin. Tout comme le visage de la vénérable dame qui a donné son nom à cette table d?hôte.
Vous êtes Chez Tante Athalie. Ne la cherchez pas, elle n?y est plus. Mais dans le temps, cette bonne femme-là était si habile cuisinière que son neveu Robert Gordon-Gentil n?a eu que son nom en tête au moment de lancer l?affaire. Situé à environ deux kilomètres après le jardin de Pamplemousses, au beau milieu du champ de cannes appartenant à la famille Gordon-Gentil, Chez Tante Athalie est ouvert officieusement depuis novembre.
Le restaurant dispose de 40 couverts. Il opère le midi et uniquement sur réservation en soirée. La cuisine est créole. Beignets de bringelles, chatini de pommes d?amour, salade de pâtisson au poulet fumé, salade de poisson, salade d?ourite, saucisses créoles, grains secs, condiments confectionnés à partir de fruits de la cour (mangue, fruit de cythère, bilimbi), entre autres, composent un menu proposé à Rs 450.
Sans doute aussi adroite dans l?art de la table et du savoir-vivre que l?aïeul, Marilyn Carlo est copropriétaire avec Robert Gordon-Gentil de la table d?hôte. Alors que ce dernier s?occupe de la comptabilité et se fait un plaisir de livrer ses connaissances sur les anciennes voitures, sa passion, sa partenaire fait le marché, traite avec les fournisseurs et assure l?accueil.C?est aussi Marilyn qui a supervisé la décoration et le menu. Elle a fait appel à d?anciens assistants de son mari, un chef de cuisine français aujourd?hui décédé, pour l?aider. La cuisine a été confiée à un cuisinier, qui travaillait autrefois dans un hôtel quatre- étoiles, et le reste du personnel a servi dans des restaurants gastronomiques du pays. C?est dire que tout est entre les mains de connaisseurs.
De bouche à oreille, la réputation de Tante Athalie se construit. Marilyn Carlo et son associé pensent déjà à diversifier leur carte en proposant un menu allégé pour hommes d?affaires pressés. En outre, ils envisagent de servir le thé accompagné de crêpes, de scones et de muffins dans le courant de l?après-midi. Les propriétaires sont confiants de l?intérêt que représentera le projet. ?Le jardin de Pamplemousses draine un grand nombre de touristes et de Mauriciens. Ce projet me semble idéal?, dit Marilyn, le regard tourné résolument vers l?avenir.
PORTRAIT
Marilyn, les sens du savoir-vivre
- Le sourire de Marilyn fait d?autant plus plaisir que l?on sait les circonstances qui l?ont ramenée à Maurice. ?M?investir dans cette table d?hôte m?a permis d?oublier les temps durs?? dit-elle. Après dix années de mariage, Marilyn a perdu son époux avec qui elle dirigeait une auberge. Accablée, elle a préféré la vendre et regagner Maurice. Née Maissin, elle épouse début 1990 un chef de cuisine français travaillant pour Accor. Elle découvre la restauration. Le groupe les envoie tous deux à la Grande Motte, près de Montpellier en France. Un restaurant antillais de 60 couverts leur est confié. Marilyn est chargée de l?accueil, les fourneaux sont confiés à son mari et un chef antillais. Ils traversent quelques années plus tard la Méditerranée pour gérer un restaurant marocain de 30 couverts dans l?hôtel ?Le Marrakech?. Le couple quitte ensuite Accor et rachète une auberge à la réputation établie à Vaux, non loin d?Auxerre. L?auberge comprend deux cuisines, une salle de 35 couverts, une autre de 24 pour les réunions privées et une dernière de 70 couverts pour les banquets. L?auberge fait partie de la route des vins et tourne à plein régime. Marilyn maîtrise vite les ficelles du métier. Mais le malheur frappe. Se sentant incapable de poursuivre en solitaire, Marilyn vend tout et regagne le pays. Robert Gordon-Gentil, ami de longue date, lui propose de gérer ensemble la table d?hôte. Elle accepte. ?La table d?hôte me convenait parfaitement?. Avec son sens de la communication, elle met ses interlocuteurs à l?aise. ?C?est surtout que je me sens bien dans ma peau?, dit-elle. Tant mieux. Son bien-être ne peut que rejaillir sur ses clients.
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