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Impostures

20 janvier 2004, 20:00

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Le spectacle pitoyable donné lundi par les dix membres du comité parlementaire chargés de contrôler l?Icac fait perdre les dernières illusions sur les moyens de redresser l?institution. Les députés ont préféré se chamailler entre eux plutôt que de respecter leur devoir légal de ?monitor and review the manner in which the Commission fulfils its functions?.

La manière de faire du président du comité, Racheed Daureeawoo, a été en deça du seuil d?acceptabilité. Alors qu?il avait décidé que la motion de censure sera à l?agenda de la réunion de lundi, il devait finir par refuser tout débat sur la motion. Un président qui incarne à ce point l?arbitraire peut-il demander des comptes à une institution qui est accusée du même mal ?

L?exercice de lundi aurait pu mettre en exergue les causes de l?impuissance du comité Daureeawoo à corriger les dysfonctionnements de l?Icac. C?est une instance qui n?a jamais su questionner la commission pour vérifier si elle agit dans le respect du droit et de l?équité. On se souviendra, par exemple, de son incapacité à réagir après la suspension, puis le limogeage, de l?enquêteur en chef de l?Icac, Roshi Bhadain.

La décision aberrante de ne pas permettre des débats sur la motion de censure, de même que l?ajournement intempestif de la réunion de lundi, fait craquer le vernis qui pouvait encore protéger le président du comité parlementaire. Ses agissements ne sauraient désormais être mis au compte d?une simple maladresse. Avec sa posture actuelle, il érige un bouclier autour des commissaires et, forcément, cela doit plaire aux dirgeants politiques qui souhaitent donner une nouvelle chance à la commission.

La classe politique multiplie à l?envi les bonnes paroles sur la corruption mais rechigne devant des actes concrets. Le silence de Navin Ramgoolam sur les secousses à l?Icac est révélateur.

Le leader de l?opposition dispose aujourdhui, grâce à la nouvelle loi sur la lutte contre la corruption d?un pouvoir important. Il est un des trois membres de l??Appointments? Committee?. Or, depuis son retour des vacances, au lieu de jeter de l?huile sur le feu, comme le PTr sait bien le faire, il temporise. Alors que le seconds couteaux favorisent l?escalade au comité parlementaire, le leader du PTr, lui, assène un ?no comment? catégorique quand on l?interroge sur sa position concernant le maintien ou non des commissaires.

Navin Ramgoolam détient pourtant la clé à la crise qui affecte l?Icac. Il peut arbitrer le désaccord entre le président et le Premier ministre sur le renouvellement de la commission. S?il se montre intransigeant et réclame une réunion de l??Appointments? Committee?, le président serait soumis à une pression telle qu?il ne pourra plus refuser de considérer cette éventualité.

Navin Ramgoolam ne peut plus esquiver la question plus longtemps. Soit il pense que la commission est en train de gagner la lutte contre la corruption, soit il reconnaît qu?un changement d?hommes à la tête de l?Icac est nécessaire. Il faut bien qu?il existe des moments dans la vie d?un politicien où il cesse de se préoccuper de satisfaire sa clientèle et agit selon ses convictions.

Plutôt que de faire de la petite politique au comité parlementaire, l?opposition a les moyens de recentrer les choses et de tracer de nouvelles perspectives dans la lutte anticorruption.

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