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Le COI : quelle ambition régionale !

19 janvier 2004, 20:00

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À la réflexion de Nazim Esoof sur la Commission de l?océan Indien (COI), je voudrais apporter les éléments suivants. C?est effectivement, je le crois, la foi en une certaine destinée régionale qui nous fait défaut. Une preuve même de cette absence de croyance est le sort réservé à un ?ambitieux? projet de la commission, l?Organisation du tourisme des îles de l`océan Indien (OTIOI).

Le développement touristique à Maurice a le vent en poupe. Madagascar pourrait dans les années à venir être une des plus belles destinations touristiques au monde? Le facteur environnemental, patrimonial et humain lui est, du moins, favorable. Dans les salons et foires touristiques, la Réunion s?impose de plus en plus comme une destination à part entière, mais plus vouée au tourisme vert. Les Seychelles ont, nous le savons mais ne le disons pas, les plus belles plages de la région !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, notre région, selon les statistiques de l?Organisation mondiale du Tourisme, bénéficie de seulement 0.1 % de l?activité touristique mondiale. Et encore ! La région océan Indien n?est pas reconnue par cet organisme car nous sommes intégrés dans la région Afrique australe.

Certains diront que notre tourisme est sélectif? Il l?est tellement que certains se plaignent de ne pouvoir remplir leurs hôtels ! Les données changent peu à peu? Avec un parc hôtelier qui atteint bientôt le nombre de 110, la MTPA pourra?t-elle se défendre et, mieux encore, se surpasser afin de sauvegarder l?image de marque de l?île Maurice ? Car on n?en attend pas moins d?elle !

Il est évident que la région manque d?impact mercatique sur l?échiquier mondial malgré le travail minutieux de la MTPA. Voilà la vraie plus value ajoutée à la régionalisation. Etre un facilitateur dans ces projets ambitieux, voilà le rôle de la COI. La diversité culturelle et de paysages feraient de l?océan Indien un produit touristique hautement prisé?tout en gardant notre image de marque.

Je ne me fais pas l?avocat de la COI. Elle a certes besoin de se remettre en cause. Cependant, le projet de l?OTIOI a été ignoré depuis son lancement en 1999, limogé par certains protagonistes de cette régionalisation, trop occupés par des stratégies à court terme, par la vente plus que par la mercatique et par un positionnement à long terme. L?OTIOI est aujourd?hui dans l?impasse. Ces mêmes protagonistes qui ont été à linitiative de ce projet se montrent soudainement réticents. Nous dirons, pour la bonne cause, que c?est leur sens du patriotisme qui fait qu?ils penseront aux intérêts du pays dabord? Argument qui n?est certes pas très convaincant !

Nous ne pourrons prétendre à une globalisation si au sein même de nos autorités, nous n?avons aucune collaboration, aucune conviction, aucune transparence voire d`intégrité envers ce projet. La réunion constitutive de l?OTIOI était prévue pour le 22 janvier. Fallait s?y attendre. Elle a été renvoyée, cette fois, remaniement ministériel dans 3 des 5 pays oblige. Ils trouveront certainement d?autres bonnes raisons à d?autres bons moments!

Pour conclure, M.Nazim Esoof parlait dans son article de médiateur dans nos îles avant denvisager une quelconque communication externe. Pour cela, il faudrait que les autorités mauriciennes arrivent à parler dune seule voix. Nous serons alors plus aptes à parler de solidarité entre pays de l?océan Indien !

Voyez ici une excellente occasion, messieurs les responsables des autorités touristiques de notre région, de relancer ce programme que vous avez vous-mêmes louablement lancé, il y a maintenant plus de cinq bonnes années?

Vincent CAVALOT

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