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Une formation pour les pauvres, une réponse au chômage

19 janvier 2004, 20:00

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SUZELLE HOODMAN se sent enfin libre. Libre d?envisager un plan de carrière, libre de choisir comment subvenir aux besoins de Didier, d?Agnès et d?Ornella, ses enfants. A 36 ans, cette habitante de Hollyrood travaille aujourd?hui en tant que femme de ménage, grâce à une formation en entretien de maison délivrée par le Service d?Echange Pour Employés de Maison (CARITAS) sis à la Paroisse N.-D.-de-la-Visitation, Vacoas.

Les années noires, elle les a connues et pourtant, rien n?a su entamer sa volonté de s?en sortir. ?Avant, quand mo ti pé dimmann l?aide mo fami, éna ti pé reproche mwa?, se souvient-elle. Elle avait alors décidé de confectionner à son propre compte des vêtements pour bébés, mais ils se vendaient à perte. En tant que divorcée, joindre les deux bouts ne lui était pas aisé. Ayant eu vent des cours offerts par le Service d?Echange Pour Employés de Maison (SEPEM) de sa paroisse, elle entreprend avec 49 autres femmes d?y assister à partir du mois d?octobre 2003. Cinq semaines passeront. Cinq semaines pendant lesquelles elle apprendra le nettoyage à fond, le service de table, le cours floral et même les soins à apporter aux vieux. ?Ça cours-là inn aussi montré-nous à être nous-mêmes, naturelles. Aster-là, mo pas hésité pou cozé?, explique-t-elle, un sourire aux lèvres.

?Pont entre les pauvres et les employeurs?

Bien que Suzelle dispose de moins de temps pour sa famille, elle est maintenant plus active. Et ses rêves poussent encore plus loin : un jour, pourquoi ne pas travailler dans une maison de retraite, comme garde-malade? Ses difficultés passées l?inclinent naturellement à aider ceux que délaisse la société. Elle pense désormais être en mesure de se permettre cette ambition?

La formation d?entretien de maison, proposée par le SEPEM a été lancée en réponse aux demandes d?emploi enregistrées sur la paroisse de la part de femmes sans qualifications particulières. ?Nous nous sommes aperçus que les employeurs rechignaient à embaucher des femmes sans références préalables?, affirme Guylaine Baya, coordinatrice du projet. Le taux de succès dans la mise en contact d?employeurs et employés stagnait alors à 20 % uniquement.

Selon la coordinatrice, ?l?indépendance financière d?une famille relève aussi et surtout de celle de la femme. Le rôle de notre service est d?agir comme pont entre les pauvres et les employeurs.? La finalité étant la prise en charge économique de la femme par elle-même.

Vu qu?il s?adresse aux groupes vulnérables de la société, ce type de formation serait susceptible de réduire le taux de chômage à Maurice. Déjà, certains employeurs ont exprimé leur intérêt pour les dames ayant suivi ces cours : sur 50 d?entre elles, 11 ont été approchées jusqu?à présent. Mme Baya souhaite à ce titre que l?IVTB ou l?Ecole hôtelière prenne désormais le relais. Cette formation a requis le concours de Anou Diboute Ensam. La cérémonie officielle de remise d?attestations se fera le mardi 27 janvier, à la salle d??uvres de la paroisse. A l?avenir, puissent nombre d?autres femmes affirmer avec Suzelle : ?Azordi, mo indépendant. ?

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