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Pour une bonne année 2004
Une année nouvelle, c?est le moment privilégié de bilans et de projets mais aussi propice à des remises en cause de nos habitudes et coutumes. En cette ère de globalisation économique, nos ambitions et nos projets ne peuvent être soustraits de l?influence des développements au niveau mondial et de notre région.
L?on a souvent reproché au Mauricien de se prendre pour le nombril du monde parce que, semble-t-il, il avait la conviction que les grands remous au niveau mondial n?avaient pas d?incidence sur sa vie ou alors dans les cas d?affectation grave, il croyait même qu?en fin de compte, tout devrait s?arranger en sa faveur. Le ?miracle? accompli par son pays en une période relativement courte a fini par le conforter dans son ?effortless sense of superiority?.
Le dilemme le plus important pour nos décideurs politiques, sociaux et économiques serait donc d?amener nos concitoyens à se rendre compte que l?amélioration, si ce n?est la préservation tout simplement de son niveau de vie, dépend d?une prise de conscience du fait que rien ne lui est dû mais tout s?acquiert par le travail et l?effort. Encore qu?aujourd?hui, à l?aube du XXIe siècle, le travail et l?effort ne riment pas avec esclavagisme et dur labeur physique ? le pays étant arrivé a un seuil du développement qui rend l?investissement capitalistique en machines et équipement en une proposition tout à fait rationnelle sur le plan économique. Il s?agirait en fait de ?work smarter?.
?Work smarter? veut dire créer de la richesse en utilisant une plus forte proportion d?intelligence matérialisée sous forme de machines et autres formes de ?mémoire? ou tout simplement en remettant en question notre manière de faire et de concevoir les problèmes auxquels nous avons à faire face. Il s?agit en fait de libérer cette intelligence latente reconnue chez le Mauricien sous forme de débrouillardise en l?engageant dans un processus de créativité et d?innovation.
Affirmer que ce qui précède est une condition sine qua non de réussite semble si simple que l?on arriverait à douter du réalisme d?une telle proposition. Or, il faut se rendre à l?évidence, cette simplicité n?est qu?apparente. Arriver à cette fin ? c?est à dire amener une prise de conscience favorisant cette attitude et ce nouvel état d?esprit ? requiert un environnement socio-politique et économique incitatif qui récompenserait explicitement l?effort et sanctionnerait par la même occasion la non-performance. L?on peut mesurer déjà ce que cela représente en termes de respect de la méritocratie, de la bonne gouvernance d?entreprise et de résultats concrets dans le combat contre la corruption. Plus on se dit que tout ceci n?est qu?utopie, plus on ne fait que s?enfoncer dans un avenir sans lendemain.
La responsabilité de tous les décideurs ? tant dans les entreprises qu?au sein du gouvernement ? est donc engagée afin de réunir ces conditions essentielles pour trouver les solutions à nos problèmes actuels. Tant il est vrai que ces conditions essentielles ne sont pas suffisantes pour une relance du développement socioéconomique du pays, il n?empêche que ce sont là des décisions dont nous maîtrisons la mise en ?uvre et une réussite dans ce domaine constituerait déjà une avancée spectaculaire.
Car pour une petite économie ouverte sur l?économie mondiale comme la nôtre, la meilleure façon de maîtriser les aléas de la globalisation est de construire sur ce qui constitue notre force : nos institutions démocratiques et l?Etat de droit.
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