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« Je me sens isolé »
>Que représente ce titre de meilleur entraîneur de l?année 2003 de la ville de Beau Bassin-Rose Hill ?
C?est un grand plaisir de remporter ce titre pour la quatrième fois. C?est le fruit d?un travail qui a débuté depuis de nombreuses années au niveau des jeunes boxeurs et même avec quelques sélectionnés de l?équipe nationale. J?espère maintenant que ma compétence sera un jour reconnue au niveau national. Je suis conscient que je suis encore jeune et que j?ai encore à apprendre. Je vais donc m?atteler à suivre les cours nécessaires pour devenir un jour un entraîneur de calibre pour mon pays.
>Est-ce que les résultats ont été à la hauteur de vos espérances lors de cette année 2003 ?
Les résultats ont été bien riches au niveau des jeunes boxeurs. La région de Rose-Hill a produit des boxeurs pour le Centre de formation de boxe et pour la sélection nationale senior. Même au niveau des seniors, je pense plus particulièrement au titre de vice-champion d?Afrique de Bruno Julie.
Les boxeurs de Rose-Hill ont aussi montré leur capacité lors des Jeux des îles de l?océan Indien. Je vous rappelle que nous avons ramené quatre médailles d?or par l?entremise de Bruno Julie, Giovanni Frontin, Mervin Aza et Marco Bangard et une médaille d?argent par Louis Planche. Qu?une région ramène à elle seule quatre des cinq médailles d?or mauriciennes aux Jeux des îles est une excellente performance.
J?ai tout de même un petit regret pour cette année 2003. C?est de n?avoir pu remporter le titre de meilleure région chez les cadets. Mais je me console avec le titre de meilleur boxeur de Sandy Armoogum lors de cette même compétition. C?est un jeune très prometteur qui fera parler de lui en sélection nationale dans trois ou quatre ans.
>La saison 2004 s?annonce donc sous de bons auspices ?
Je pense que oui. Le comité régional de Beau Bassin?Rose Hill (BBRH) a finalisé son calendrier pour l?année en cours. Nous débuterons nos activités avec un gala contre le reste de l?île avant la fin du mois de mars.
Mais notre priorité des priorités pour cette année demeure la boxe éducative. BBRH compte désormais quatre écoles de boxe, soit Chebel, Trèfles, Camp-Levieux et Plaisance. Il y a une majorité de jeunes de ces régions qui vient vers nous et nous allons les aider au mieux de nos possibilités. Notre but, outre le sport, est d?aider les jeunes de la région à échapper aux fléaux de la société.
Sinon, je veux continuer à aider les entraîneurs de la sélection nationale à poursuivre le bon boulot. Je pense aux Championnats d?Afrique qui se disputent au Maroc cette semaine, au Tournoi international de l?Inde (YMCA) et aux Internationaux du Botswana, qui demeurent nos priorités immédiates. Les compétitions du Maroc et du Botswana sont qualificatives pour les Jeux olympiques et j?aimerais tant que la fédération me donne une chance d?accompagner les boxeurs de BBRH dans leur quête d?une qualification olympique.
>Souhaitez-vous ajouter autre chose ?
Oui. Quelque chose m?étouffe depuis quelque temps. Je me sens seul dans mon combat, en tant qu?entraîneur et membre de l?Association mauricienne de boxe amateur. Depuis tout récemment, les boxeurs de la sélection nationale éprouve des difficultés énormes à obtenir leur bourse de haut niveau dans un délai raisonnable. Ils ont reçu leurs allocations de novembre le 15 décembre. Je suis le seul qui tape du poing sur la table.
Une chose m?a offusqué. Je ne peux accepter qu?on vienne dire à ces boxeurs que « c?est une allocation et pas une paie » et de ne pas se fier à cette aide. Il faut voir la réalité en face. Ces boxeurs-là ne travaillent pas. Ils s?entraînent matin et après-midi pour défendre les couleurs du pays. Ils ont une famille et ont des dettes à payer. Comment voulez-vous qu?ils joignent les deux bouts sans l?obtention de cette allocation à temps ?
La boxe est leur gagne-pain et il est temps que le ministère comprenne cela. Le ministère doit changer sa politique d?allocation de bourse. C?est inhumain que des magasins menacent de saisir les articles, achetés à crédit, de ces jeunes sportifs. Ils ne peuvent se concentrer sur leurs activités sportives et cela aura des conséquences certaines sur les résultats.
Je fais donc un appel à tout le monde. Faites preuve de compréhension. Soit c?est une paie aux sportifs ou alors ils n?auront d?autre choix que de boycotter les séances d?entraînement de temps en temps et chercher un emploi. Qui sera le perdant dans ce cas-là ?
Propos recueillis par Jean-Hugues OLIVIER
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