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Gus Van Santun réalisateur inclassable

10 janvier 2004, 20:00

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Prodige du cinéma indépendant américain, Gus Van Sant, Palme d?Or au Festival de Cannes 2003 pour son film Elephant, est un réalisateur à part. Etonnamment libre et plein de ressources, il fascine. Voici deux raisons de découvrir son cinéma, ce samedi 17 janvier, avec Drugstore Cowboy à 20h25 sur TPS Cinextrême et A la rencontre de Forrester à 20h25 sur TPS Star.

En décrochant la Palme d?Or et le Prix de la mise en scène à Cannes l?an dernier, Gus Van Sant a éclipsé Dogville de Lars Von Trier et Mystic River de Clint Eastwood. Cinéaste décalé et anticonformiste, Gus Van Sant est un enfant de la culture pop. Intellectuel confirmé, il a souvent eu le don de surprendre cinéphiles et critiques, durant sa prolifique carrière. Habitué des récompenses, le cinéaste revendique sa liberté dans chacun de ses films.

En 1989, Gus Van Sant réalise Drugstore Cowboy, son second film après l?excellent Mala Noce. Dans ce film, le cinéaste établit un des thèmes récurrents de son ?uvre : la famille recomposée. Le réalisateur insuffle la même thématique dans Will Hunting. La quête de la famille se fait plus prononcée dans A la recherche de Forrester.

Chez Gus Van Sant, l?amour est souvent malheureux, malmené ou mal vécu. Pour être de plain-pied dans la réalité, il fait le pari du réalisme sur des sujets souvent empruntés à l?actualité. C?est le cas d?Elephant qui reprend du moins dans la forme, le massacre survien dans un lycée américain en 1999.

Gus Van Sant voit le jour en juillet 1952, à Louisville dans le Kentucky. Son père, représentant de commerce, contraint sa famille à de nombreux déplacements. Dès son plus jeune âge, il s?intéresse à la peinture et à tout ce qui touche à l?image, grâce à une caméra que lui offre son père. Alors qu?il est à l?école, il commence à réaliser de petits films, souvent inspirés de son propre vécu. En 1970, il atterrit à la Rhode Island School of Design. Il y reçoit une formation du cinéma et du métier de réalisateur. Porté par cet enseignement, il décide d?abandonner définitivement la peinture pour se consacrer entièrement au cinéma.

Friand des longs plans séquences, Gus Van Sant prépare chaque mise en scène avec soin. Son monde, jamais stéréotypé, tourne entièrement autour du regard. Celui du réalisateur sur ce qui l?entoure, et celui du monde, sur les sujets qui l?intéresse. La caméra du cinéaste suit chaque personnage et chacune de ses quêtes, avec la même intensité. Souvent sur fond de musique classique, le réalisateur filme l?irrationnel et l?état d?esprit de la jeunesse américaine.

Les nombreuses comédies noires que signe le réalisateur témoignent de sa fascination de pour le côté obscur de l?homme. Dans To die for, où il filme la relation qu?entretient une femme par rapport au sexe et au pouvoir. Ou encore dans My Own Private Idaho et Psycho. Il filme une histoire d?amour comme s?il avait été au théâtre, ce qui classe d?emblée Gus Van Sant dans la catégorie des réalisateurs à part. Dans chaque film, la leçon de cinéma est complète. La virtuosité dans le montage, la finesse et la pudeur dans la direction d?acteurs, la rigueur narrative et la définition des personnages, sont tant de raisons d?apprécier et de respecter le talent de Gus Van Sant.

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