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Le ciné, une sacrée expérience !
Kristeven Mootien et Sandra Faro se souviendront toujours de la formidable aventure qu?ils ont vécue lors du tournage de Bénarès, roman de Barlen Pyamootoo adapté au cinéma. Certes, tous deux sont des habitués des planches, mais c?est bien la première fois qu?ils se trouvent devant la caméra, dans la peau des protagonistes d?un roman. « Dans le film, j?interprète le rôle d?un jeune pêcheur qui connaît sa première expérience sexuelle avec des prostituées, raconte Kristeven. C?est un personnage complexe, à la fois très renfermé et intuitif. J?ai trouvé difficile de montrer à l?écran les sentiments qui assaillent Mayi, mais une fois entré dans le personnage, c?était bon. » Et de poursuivre : « J?avais un trac fou lors du premier casting et ça s?est mal passé. Je n?ai pas été retenu du premier coup. J?ai eu le rôle après que quelqu?un d?autre s?est désisté. J?ai alors surmonté mon trac et je me suis donné à fond. »
Sandra, elle, s?est glissée sans difficulté dans la peau de Zelda, l?une des prostituées. « Il faut avouer que je n?ai pas eu le trac lors du premier casting, souligne-t-elle avec un regard malicieux en direction de Kristeven. Mais ça m?a fait tout drôle de lire le script en créole. D?ailleurs tous les personnages s?expriment dans cette langue. »
Les rôles en poche, place au tournage. Pendant deux mois, Kristeven, Sandra et quelque 40 personnes ? acteurs, ingénieurs, techniciens ? ont vécu séparés de leurs proches, dans des campements à Trou-d?Eau-Douce.
« Tout le monde devait être disponible, car on tournait de jour comme de nuit, explique Kristeven. Nous étions comme une grande famille et je me suis vite adapté aux autres. Cela m?a également permis de côtoyer les techniciens et ingénieurs mauriciens et français qui m?ont appris un tas de choses. Quand je n?étais pas devant la caméra, j?étais derrière. »
Si Kristeven n?a eu aucun mal à s?intégrer, Sandra, en revanche, a souffert de la séparation d?avec sa famille. « Les premières semaines ont été très difficiles, avoue la jeune fille. Ça m?arrivait de craquer et de vouloir
à tout prix rentrer chez moi. Heureusement que les autres ont été formidables. Comme j?étais la plus jeune, tout le monde était aux petits soins avec moi. Et il faut dire que Kristeven et moi, nous nous soutenions l?un l?autre. »
Pendant deux mois, Sandra et Kristeven vivent au rythme trépidant des prises. « Nous avons travaillé d?arrache-pied et par tous les temps. Kris et moi sommes tombés malades pendant le tournage. Lui a eu une gastro et une bronchite, moi un début d?asthme. Je suis même tombée dans les pommes tellement que j?étais fatiguée. Mais tout cela fait partie d?une belle expérience. » De Port-Louis à Curepipe en passant par Flacq, Bénarès et Trou-d?Eau-Douce, les habitants venaient assister au tournage.
« Au début, on était conscients de leur présence, mais au fil des prises, ils devenaient inaperçus, de même qu?on oubliait la caméra. Au bout d?un certain temps, tu es tellement dans la peau de ton personnage que tu as l?impression que plus rien d?autre n?existe », souligne Kristeven.
Forts de cette expérience, Sandra et lui attendent impatiemment d?être à nouveau devant la caméra ou sur une scène. Kristeven, qui a commencé à faire du théâtre à l?âge de sept ans, joue régulièrement dans la troupe Sapsiwaye. Plus tard, il voudrait être acteur professionnel. Sandra avoue préférer le théâtre au cinéma : « Je me sens mieux sur une scène. Ceci dit, ça ne me tente pas trop de devenir actrice. Si je le deviens un jour tant mieux. » Et Kristeven d?ajouter : « Être acteur est un métier comme un autre. Tu le fais si tu en as envie, pas pour la célébrité ni pour te voir à l?écran. Ça ne m?intéresse pas de me voir dans Bénarès, je préfère d?ores et déjà penser à un autre film. »
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