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Vingt sur vin pour Anil Mohabir
Si tout le monde aimait le bon vin, il y aurait beaucoup moins d?alcooliques sur notre planète. Tout simplement parce qu?un vrai amateur d?un grand cru ne boit jamais pour s?enivrer, mais pour son seul plaisir. D?ailleurs, c?est la seule boisson alcoolisée que les médecins du monde entier recommandent jusqu?à au moins un verre par jour pendant le repas. » On trouvera difficilement un meilleur hommage que l?on puisse faire à ce merveilleux produit de la vigne qu?est le vin. Et de la bouche d?Anil Mohabir, ces termes élogieux se transforment en véritable hymne. Quand on sait qu?un vrai connaisseur peut dépenser jusqu?à environ Rs 50 000 pour une bonne bouteille de Petrus, on ne peut que le croire.
Quand, il y a un peu plus de trente ans, Anil Mohabir décroche son School Certificate, il se jure qu?il ne restera pas longtemps chômeur. Il postule à gauche et à droite et, quelques mois plus tard, il se fait embaucher comme serveur à l?hôtel Touessrok. Six mois plus tard, il est affecté au service des boissons au restaurant l?Astrolabe où il occupe le poste de Wine Steward. C?est là qu?Anil Mohabir découvre l?univers du vin. Il entend parler d?une campagne de recrutement pour le compte d?un important groupe hôtelier. Comme notre homme fait partie de ceux qui n?hésitent pas longtemps avant de prendre une bonne décision, il se porte candidat et quitte Maurice pour la Jordanie où il est embauché comme demi-chef de rang dans un restaurant gastronomique appelé Jericho. « Comme c?est le cas pour le Wine Steward, le travail d?un demi-chef de rang se cantonne au service et il n?a donc pas le droit le prendre les commandes », précise-t-il. À force de persévérance, il gravit les échelons assez vite et devient chef de rang.
Faire découvrir le vin avec le sourire
Il continue ainsi à parfaire ses connaissances sur les vins. Mais la fougue de la jeunesse aidant, Anil Mohabir finit par quitter la Jordanie pour l?Italie. C?est une fois arrivé dans ce pays qu?il se rend compte qu?il ne comprend pas un traître mot de cette belle langue. Mais, qu?à cela ne tienne, il apprendra et c?est auprès d?une famille italienne qu?il baragouine ses premiers mots et ses premières phrases jusqu?à en avoir aujourd?hui une très bonne maîtrise. Il intègre l?équipe d?Il Vescovino, un restaurant florentin de Toscane spécialisé dans le service des bières, en particulier celles qui viennent d?Allemagne. Il y reste six ans et contribue à la réussite du restaurant qui décroche sa première étoile Michelin. Après quoi, il décide d?aller voir si l?herbe n?est pas plus verte au restaurant Oliviero qui était considéré comme la deuxième plus grande enseigne de la ville de Florence où les grosses huiles et les vedettes du showbiz se retrouvaient après l?opéra, par exemple.
En 2000, Anil Mohabir décide de rentrer au pays pour partager ses connaissances avec les jeunes Mauriciens qui souhaitent devenir sommeliers. Une fois sa tente plantée dans le village de Trou-d?Eau-Douce, notre interlocuteur se dit que la meilleure façon de se rendre utile est de se faire embaucher dans un hôtel. Il choisit le Beau-Rivage et s?y plaît tellement qu?il y est toujours. On a peine à le croire quand il affirme qu?il compte mettre un terme à sa vie de globe-trotter. « Il le faut bien ! Maintenant, je suis marié et j?ai trois enfants, deux filles et un garçon. Même si avec le métier d?hôtelier c?est plutôt difficile de concilier vie de famille et vie professionnelle, on arrive, en s?arrangeant entre collègues, à trouver du temps pour nos proches », souligne Anil Mohabir.
Au Beau-Rivage, il prépare la carte des vins, conseille les clients, organise et supervise les dégustations qui se font une fois tous les mois à l?hôtel, avec la participation des fournisseurs. Il fait découvrir les vins sud-africains et australiens aux Européens et vice-versa. Et tout cela, toujours avec le sourire. « Les britanniques sont les plus gros consommateurs de vins à Maurice », dit-il, et les cépages les plus prisés sont, selon lui, le Chardonnay et le Sauvignon. Lui est-il arrivé que certains de ses clients demandent à goûter au vin local ? « Écoutez, il n?y a pas de vin local. Ici on ne fait qu?importer le moût qui est alors distillé chez nous. On ne produit pas de vin en tant que tel et par conséquent, on ne peut pas vraiment parler de vin local. D?ailleurs, à l?hôtel nous ne vendons pas de vin distillé à Maurice. Je le leur fais comprendre et c?est OK ! », conclut-il.
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