Publicité
Comment les jeunes perçoivent l?école
Par
Partager cet article
Comment les jeunes perçoivent l?école
Ça y est, à partir de demain, c?est la rentrée des classes pour le secondaire. La scène est facile à imaginer. D?une part, c?est l?excitation d?une nouvelle aventure qui commence : nouvelle classe, nouveaux enseignants, du matériel neuf, revoir ses amis. D?autre part, c?est le sentiment de flottement et de doute, le cafard. Finies les vacances, les sorties interminables, les heures passées devant la télé, les grasses matinées, bonjour les devoirs, les leçons particulières, les contrôles.
On aurait cru que les jeunes détestent l?école, qu?ils auraient voulu être en vacances éternellement mais on découvre qu?ils sont contents de reprendre le chemin de l?école. Ils voudraient étudier à leur rythme, sans autorité, sans stress et ne pas s?ennuyer en classe. Mais ils ont quand même des idées nettes sur l?éducation : l?école aide à avoir un diplôme, donc un métier plus tard. L?école apprend à vivre en société, à communiquer. Pas de leurre, il faut passer par l?école pour devenir quelqu?un.
Nos élèves sont-ils donc si sages ? Sont-ils vraiment conscients de leurs responsabilités ? Ont-ils vraiment réfléchi sur le rôle de l?école ? « Ce qu?ils aiment, c?est surtout d?être dans leur groupe. Beaucoup d?entre eux ne s?intéressent pas vraiment aux cours dispensés à l?école, les leçons particulières ont plus d?importance à leurs yeux. Ils viennent à l?école quand ils veulent, font leurs devoirs quand ça leur chante », avance un enseignant. « Les jeunes ne sont jamais contents, ils se plaignent tout le temps, quand vous les conscientiser sur l?importance de l?éducation, ils font la sourde oreille. En classe, ils trouvent souvent redire », dit un autre.
À bien y voir, derrière leur air d?approbation, les élèves sont exigeants. A titre d?exemple, Jabbar, 16 ans, considère en parlant des profs « qu?ils ne donnent pas le meilleur d?eux-mêmes ». Il y en a qui vont jusqu?à fantasmer sur les nouvelles matières qui les aideraient à mieux s?insérer dans le monde du travail. « Je voudrais être hôtesse de l?air plus tard. J?aurais voulu qu?il y ait déjà des classes où l?on nous montre comment communiquer dans des situations précises. C?est dommage que dans mon école, on ne peut pas apprendre l?allemand ou l?italien. Je fais des sujets qui ne me servent à rien », soupire Nancy, étudiante en Form 5. Sean qui attend les résultats du HSC remet en question le type de savoir factuel basé sur le travail de mémorisation. « Ce qui compte, c?est que le jeune puisse analyser, avoir un esprit critique, qu?il puisse apprendre à utiliser son savoir en dehors de l?école. »
L?école revêt donc différents sens pour nos jeunes. Si la plupart n?ont en tête que la réussite de leur avenir professionnel, d?autres soulèvent des interrogations plus profondes et attendent que l?école mette en place un climat favorable au développement de la créativité et à l?épanouissement. La question est de savoir si l?école réussit vraiment dans ces missions. Avec l?exigence du programme, l?échéance des contrôles, la pédagogie vise-t-elle à « construire » des adultes autonomes et créatifs ? Peut-on parler d?une éducation ouverte sur le monde, qui favorise la culture générale, qui aide aux expériences humaines ?
Les parents de leur côté s?interrogent également sur les résultats. Ils doutent que l?école corrige les inégalités sociales, et sont abasourdis par la violence dont sont capables les jeunes. Ils ne comprennent pas l?échec scolaire. À quoi sert l?école finalement, si elle n?arrive pas à combler les lacunes, si ceux qui sont à l?aise avec le système réussissent et ceux qui peinent périssent. En tout cas, il semble qu?il faut encore réfléchir sur le rôle de l?école et ce même si certains jeunes semblent vivre loin des grands débats sur l?éducation ou n?osent pas toujours critiquer ouvertement les failles de l?école.
Publicité
Publicité
Les plus récents