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Décès du témoin principal
Deux ans après, l?affaire Neetrawtee Mattapullut semble être vouée à l?échec. Le chauffeur de taxi Rajseewayen Moonien, témoin principal de l?affaire, n?est plus. Il est décédé le 27 novembre, de complications liées à une cirrhose et au diabète.
Amant présumé de la victime, il se trouvait avec elle dans un champ de cannes à sucre à Goodlands, le 25 juillet 2002, lorsqu?ils furent attaqués, selon ses dires, par deux individus se déplaçant à moto. Appréhendé trois mois après le crime par les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) et de la Criminal Investigation Division du Nord, il avait impliqué Chandrassen Jagessur, un laboureur de Petit-Raffray, comme étant l?un des deux hommes qui, après l?avoir chassé, auraient violé puis assassiné Neetrawtee Mattapullut, une garde-malade de 50 ans
Le 27 juillet, le cadavre de cette dernière fut découvert sous un tas de paille par un gardien alerté par les aboiements d?un chien errant. L?autopsie, pratiquée par le médecin légiste de la police, le Dr Amah Charrya Gujjalu, devait conclure que la victime avait été violée, sodomisée et frappée, probablement avec de grosses pierres, à la tête et à l?abdomen avant de rendre l?âme.
Les employés des champs avoisinants avaient alors déclaré avoir aperçu Neetrawtee Mattapullut à bord d?un taxi blanc le 25 juillet. Mais l?interrogatoire de plusieurs chauffeurs de taxi de la région de Goodlands ne donna rien.
Finalement, en octobre 2002, la police crut toucher au but avec l?arrestation d?un chauffeur de taxi du Nord. Mais ce fut un de ses collègues, Raj Moonien, qui avoua avoir eu une liaison amoureuse avec la victime pendant dix ans.
<B>Un solide alibi </B>
Il raconta que le jour du drame, il était parti à la rencontre de sa maîtresse à Pointe-aux-Canonniers avec l?intention d?avoir des relations sexuelles. Afin d?être loin des regards indiscrets, ils parcoururent deux kilomètres à l?intérieur des champs de canne, à proximité de Réservoir Road, à Goodlands. Mais deux hommes devaient apparaître et le malmener en lui intimant « Na pas touche mo famille » avant de le forcer à prendre la fuite. Pris de peur, le chauffeur de taxi abandonna Neetrawtee Mattapullut.
Grâce aux descriptions fournies par Raj Moonien aux enquêteurs, Chandrassen Jagessur fut arrêté et traduit en justice sous une accusation provisoire de meurtre. Reconnu par le chauffeur de taxi, le laboureur nia avec véhémence les accusations portées contre lui. Son alibi fut soutenu par plusieurs de ses proches.
L?affaire connut des vagues lorsque le laboureur consigna une déposition contre un responsable de l?enquête policière, alléguant que ce dernier avait soufflé les détails sur sa tenue vestimentaire à Raj Moonien quelques minutes avant la parade d?identification.
Le dossier de la police n?aurait d?ailleurs pas tenu la route en cour. L?avocat de Raj Moonien, Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, avait mis en doute les allégations de son client, déclarant qu?il était « un homme impuissant, diabétique et un fabulateur étant trop porté sur la bouteille » . Ses proches firent aussi état de ses traitements à l?hôpital psychiatrique en tant qu?alcoolique invétéré. «Il était saoul lorsque la police l?a arrêté. Il a raconté n?importe quoi? »
Autre mystère : le deuxième agresseur présumé de Neetrawtee Mattapullut n?a jamais été retrouvé. De plus, le taxi de Raj Moonien n?était pas blanc, comme l?ont signalé plusieurs témoins, mais vert? L?acte de décès du chauffeur de taxi a été inséré dans le dossier Mattapullut et transmis au Directeur des poursuites publiques, qui décidera de la marche à suivre.
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