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Le pays s?apprête à affronter le pire

9 janvier 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Fini le temps où la météo nous annonçait simplement que le temps serait beau à mi-couvert. A partir de cette année, les services météorologiques se préparent à inclure trois autres types d?alertes dans ses bulletins. En sus des alertes de cyclone, celles de vague de chaleur, de froid et de pluie torrentielle seront prises en compte.

L?organisation météorologique mondiale a décrété que 2003 était la troisième année la plus chaude. Cela a aussi été le cas à Maurice. Cette montée de la température due au réchauffement de la planète va durer et on doit s?attendre à des conditions climatiques extrêmes. Forte température, vents violents, pluies diluviennes, sécheresse, hiver très froid, cyclones avec des vents dépassant les 275 kilomètres heure. Il faut se préparer.

La météo n?est pas la seule à s?y préparer. La plupart des secteurs de l?économie le font et les mesures préconisées pourraient changer le paysage mauricien. Le public pourrait ne plus disposer de la même pomme d?amour ? des variétés plus résistantes à la chaleur pourraient remplacer les variétés actuelles. On apercevra des champs dont le sol est recouvert de plastique, de paille ou de « murailles créoles », ces tas de pierres d?une hauteur de 75 centimètres alignés entres les plants de légumes.

L?Agricultural Research and Extension Unit (AREU) recommande déjà ces trois techniques aux planteurs de légumes pour limiter au maximum l?évaporation de l?eau que la forte chaleur causerait. L?utilisation de coupe-vent est aussi recommandée pour faire face à la force du vent qui provoque également une forte évaporation de l?eau du sol et des feuilles.

Maturation artificielle

Si l?AREU peut compter sur d?innombrables organisations internationales pour développer des variétés de légumes adaptées à une forte température sur le sol mauricien, tel n?est pas le cas pour la canne. Le développement de nouvelles variétés est assuré par la Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) qui se classe aujourd?hui parmi les cinq meilleurs instituts de ce genre au monde. « Le programme d?amélioration variétale en cours au MSIRI a pour objectif de produire des variétés résistant à la chaleur et à la sécheresse tandis que la maturation artificielle, technique introduite avec succès, sera utile pour lutter contre les mauvaises conditions de maturation », explique Rasack Nayamuth, responsable du département de physiologie végétale au MSIRI.

L?organisme a déjà sorti deux variétés pouvant résister à la chaleur et à une absence prolongée d?eau. « La modélisation, méthode de simulation par ordinateur, fut utilisée pour pallier le coût onéreux et la longue durée de la recherche conventionnelle. Ces études révélèrent la vulnérabilité de notre industrie sucrière. Une hausse moyenne d?un degré Celsius sous le régime pluviométrique actuel pourrait se traduire en une chute de production de l?ordre de 15 % environ. Toutefois, une augmentation de 10 % de la pluviométrie compenserait cet effet négatif et une réduction similaire de la pluviométrie doublerait la chute », explique Rasack Nayamuth.

« Forte évaporation des réservoirs »

Si la canicule est une certitude, on ne sait si elle sera toujours accompagnée de pluies diluviennes. L?année dernière, de longues périodes sèches allaient de pair avec la chaleur et c?est toute une planification hydrologique qui s?avère nécessaire. « On aura besoin de beaucoup plus d?eau pour l?agriculture. Ce phénomène sera accompagné par une plus forte évaporation des réservoirs alors que les usines, la population et le secteur touristique demanderont plus d?eau », souligne Subiraj Sok Appadu, directeur de la météo. Ses services, qui ont commencé à étudier et à archiver les températures à Maurice, à Rodrigues et à Agalega depuis ces trente dernières années, en concluent que 2003 a été effectivement la troisième année la plus chaude pour Maurice.

C?est l?année 1997-1998 qui a été la plus chaude à Maurice avec une température moyenne de 26,0° C, suivie de 1990-1991 avec 25,7°C. En 2002-2003, la température moyenne était également de 25,7°C.

L?effet de serre : mythe devenu réalité

C?est l?effet de serre qui est blâmé pour le réchauffement de la planète. Il donne lieu à des conditions climatiques extrêmes à travers le monde. Qu?est-ce qu?un effet de serre ? Subiraj Sok Appadu, directeur de la météo, nous précise que sans effet de serre, la terre serait inhospitalière car la température serait d?environ ?15°C par rapport à la minimale moyenne. L?effet de serre est produit par certains gaz, dont le dioxyde de carbone qu?émettent les pots d?échappement et toutes les usines utilisant des carburants fossilisés. Ces gaz captent une partie des rayons infrarouges qui se reflètent à la surface du globe à partir des rayons de soleil. Ces rayons captés dans l?atmosphère maintiennent une certaine température à la surface du globe.

L?énergie du rayonnement retenu prisonnier conduit à une augmentation de la température terrestre, ce qui rend la planète hospitalière aux différentes formes de vie. Toutefois, avec le développement et une émission beaucoup plus importante du dioxyde de carbone, l?effet de serre a commencé à s?amplifier.

Si les pays industrialisés commencent à réduire les gaz à effet de serre maintenant, on prendrait une centaine d?années pour rétablir la situation. Autrement, le réchauffement se poursuivrait et le monde risquerait un cataclysme. Le réchauffement de la planète était considéré comme un mythe quand les scientifiques ont commencé à tirer la sonnette d?alarme. Il s?agit aujourd?hui d?une réalité, alors que le niveau de la mer est appelé à monter au fur et à mesure que la calotte glacière fondra.

Risques encourus et précautions

Certaines personnes réagissent moins bien à la chaleur parce qu?elles souffrent de maladies chroniques (cardiovasculaire, cérébrovasculaire, respiratoire, rénale, neurologique) et la maladie peut s?aggraver ou causer d?autres problèmes. Les personnes de cette catégorie, les vieux et les nourrissons devront être protégés à chaque avertissement de vague de chaleur ou de chaleur extrême émis par la météo.

Pour éviter des décès dus à la déshydratation, ces personnes devront boire beaucoup d?eau ou apprendre dès maintenant à en consommer jusqu?à trois litres par jour. Elles devront aussi, si des signes de faiblesse, de crampes, de maux de tête, de vertiges ou de désorientation apparaissent, cesser toute activité et se reposer dans un endroit frais.

Il leur est alors également déconseillé de s?adonner à des activités exigeantes pendant plusieurs heures. Boire des jus légers ou une boisson sportive diluée d?eau peut éventuellement les aider mais il est important de consulter un médecin si les crampes durent plus d?une heure. Les asthmatiques devront éviter de se rendre dans les villes polluées car avec la chaleur la pollution de l?air s?aggrave.

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