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Goodlands accompagne les Barrun dans leur malheur
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Goodlands accompagne les Barrun dans leur malheur
A SON départ de Maurice en août 2002, après des vacances chez son père à Goodlands, Ashitha Barrun lui promet qu?une fois ses études terminées, elle reviendra au pays vivre près de lui. La jeune femme, 22 ans, n?aura pas pu honorer sa promesse. Elle a été poignardée de même que sa mère Chetna Ganpat, 43 ans, par Sulil Bissessur, l?époux de cette dernière.
Une foule de parents et d?amis, hébétés et les traits tirés, s?était déplacée hier au domicile des Barrun pour attendre l?arrivée des corps. C?est une violente dispute conjugale qui serait à l?origine de la tuerie le 29 décembre vers 23 heures. Le présumé agresseur, souffrant de dépression, aurait attaqué sa compagne en lui assénant quatre coups de couteau. En voulant s?interposer, Ashitha aurait, à son tour, été poignardée à six reprises.
Au milieu de la foule venue rendre un dernier hommage aux victimes, deux jeunes hommes, tout de blanc vêtus, se tiennent un peu à l?écart.
Des disputes entre beau-père et belle-fille
Ce sont les cousins d?Ashitha qui ont spécialement fait le déplacement de Belgique. ?Nous avons tous les trois grandi ensemble et je n?arrive toujours pas à comprendre ce qui est arrivé?, explique l?un d?eux d?une voix fébrile. Selon lui, il y avait de fréquentes disputes entre Ashitha et son beau-père. ?C?était monnaie courante mais rien ne laissait présager un tel drame.?
Dès qu?ils ont appris ce qui s?était passé, les proches à Maurice ont immédiatement décidé de faire rapatrier les corps de Chetna et de sa fille. ?Et nous avons pris le premier avion disponible car nous tenions à assister à l?enterrement?, ajoute l?autre cousin. Ashitha, qui devait fêter son anniversaire en février, était à sa dernière année d?études à l?université en Belgique.
Le bruit des conversations est brusquement interrompu. Les deux corbillards pénètrent dans la cour. Les proches se réfugient dans les bras des uns et des autres en pleurant. ?Kifer ène malheur couma sa fine arrivé !?
Le père de la jeune fille, Ravin Barrun, se lève. Il titube, les yeux hagards. C?est un homme cassé. Ici et là on lui pose encore et encore des questions sur les circonstances de la mort de son ex-épouse et de sa fille. Il répond vaguement. En revanche, il ne cesse de murmurer : ?Ma fille m?avait promis qu?elle allait revenir vivre avec moi après ses études, elle m?avait dit qu?elle allait retourner?? Il avait même décidé d?agrandir sa maison à Grand-Gaube dans l?attente de son arrivée.
Les funérailles, initialement prévues pour 10 heures, sont décalées car de nombreuses personnes défilent encore devant les deux cadavres. La route principale est obstruée par la foule qui grandit à vue d??il. Des policiers, placés aux abords du domicile des Barrun, s?affairent avec difficulté à rétablir la circulation.
Ce n?est qu?une heure après que le cortège funéraire parvient à se mettre en marche pour se rendre au cimetière Belmont de la localité pétrifiée de douleur?
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