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Dissonance entre l?Église et l?État
La rencontre qui devait avoir lieu cette semaine entre les deux parties, dans le sillage du verdict du Privy Council, est restée lettre morte. En effet, les dignitaires de l?Église catholique se sont indignés d?avoir appris l?invitation à cette rencontre à travers la presse et dans des meetings.
« Il n?y a eu aucun accord entre l?Église et le bureau du Premier ministre pour fixer une date pour cette rencontre, malgré l?annonce faite par le gouvernement la semaine précédente dans la presse », explique le vicaire général, Jean-Maurice Labour.
En effet, un communiqué du Conseil des ministres, émis le vendredi précédent, a annoncé que le Premier ministre, Paul Bérenger, allait rencontrer cette semaine Mgr Maurice Piat et ses collaborateurs, en présence du vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, et du ministre de l?Éducation, Steven Obeegadoo. Il n?en a rien été.
Sollicitée par l?express-dimanche pour un commentaire, la responsable de communication au PMO, Marie-Josée de Robillard, nous a conseillés, à travers sa secrétaire, « d?aller se renseigner auprès de l?Église. » Même silence radio du côté du ministre de l?Éducation.
Nous avons attendu en vain une déclaration de ce dernier. Steven Obeegadoo avait toutefois, dans une déclaration de presse faite le week-end dernier, exprimé son désir de rencontrer les responsables catholiques.
Cependant, dans un autre communiqué émis avant-hier, le Conseil des ministres déclare avoir pris note « que le ministre de l?Éducation a assuré au diocèse de Port-Louis que le gouvernement continuerait à considérer les autorités catholiques comme un partenaire privilégié dans le secteur éducatif. »
Réagissant à ce communiqué, le père Jean-Maurice Labour s?est dit « choqué ». Il a dénoncé le « double langage » du ministre Obeegadoo. « Le ministre de l?Éducation et le gouvernement ont choisi de révéler leur vrai visage au Conseil privé, à travers leur homme de loi britannique, en venant renier le protocole d?accord qu?il a lui-même signé en juin 2002 avec ?son partenaire privilégié?. »Le père Labour ajoute qu?il ne rate pas une occasion, depuis un an, d?interroger le gouvernement sur la « qualité » de ce partenariat, mais sans succès jusqu?ici. « Et c?est à Londres qu?on apprend que le MoU est anticonstitutionnel. » Selon le père Labour, la communauté catholique « est en colère contre ce jugement et le moins que le gouvernement puisse faire, c?est de prendre en compte cette colère ».
Pour la hiérarchie catholique, la priorité est de consulter ses collaborateurs dans l?éducation, notamment ses recteurs et ses fidèles avant toute rencontre avec le gouvernement. « Nous n?acceptons pas de rendez-vous. Nous rencontrons d?abord les catholiques blessés en ces jours de fête par ce jugement. Nous verrons ensuite. »
La spécificité de l?Église catholique divise le PTr et le PMXD
Le PMXD défend le droit de l?Église catholique d?inclure l?aspect religieux au nombre des critères de recrutement dans ses collèges. « Le PMXD a été sans ambiguïté sur ce plan. L?Église catholique devrait saisir la Cour internationale de la Haye ou la Cour de justice européenne si elle estime que ses droits sont lésés », explique Jacques Panglose, secrétaire général du PMXD. Cette prise de position est à l?opposé de celle adoptée par Navin Ramgoolam, partenaire du PMXD dans l?alliance sociale. Il a félicité Suttyhudeo Tengur après le jugement du Conseil privé. Interrogé sur cette divergence d?opinions, Jacques Panglose déclare que « notre position ne remet nullement en cause notre appartenance à l?alliance sociale ».
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