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Le ménage

23 décembre 2003, 20:00

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Si l?intention du Premier ministre, en rebattant les cartes, était de relancer la machine et de donner un second souffle à l?équipe gouvernementale, l?exercice d?hier n?est pas très réussi. En revanche, si Paul Bérenger a voulu procéder à un remaniement technique susceptible de créer le moins de remous possibles, le but est atteint.

Visiblement, le Premier ministre a pris soin d?éviter de froisser les membres de son gouvernement. Même ceux qui comptent peu de réalisations à leur actif demeurent à leur poste. Paul Bérenger refuse de distinguer entre les bons et les mauvais et leur décerne, à tous, un satisfecit.

Le chef du gouvernement s?est montré arrangeant envers tous, y compris à l?égard de l?ex-ministre Mookhesswur Choonee. En attendant que celui-ci soit fixé sur son sort judiciaire, son fauteuil de ministre sera préservé, a-t-il annoncé. La nomination de Prakash Meenowa est donc mise en veilleuse.

Il est vrai que des contraintes sociologiques et des faiblesses intrinsèques de l?équipe limitent la marge de man?uvre du Premier ministre. Pour autant, il y a bien eu quelques décisions de bon sens qui caractérisent le léger remaniement d?hier. Dans deux cas, des regroupements se sont opérés, entre des départements auparavant distincts.

Par exemple, un seul ministère chapeautera les affaires étrangères , le commerce international et la coopération régionale. Il sera dirigé par Jayen Cuttaree qui se voit, du coup, allégé du porte-feuille de l?Industrie, un secteur qui a été quelque peu négligé en raison des engagements trop chargés de son ancien responsable.

Pour sa part, Pravind Jugnauth aura sous sa tutelle les finances et le développement économique. Il est logique de confier la responsabilité de ces deux départements au même ministre. Il peut ainsi planifier le moyen terme tout en gardant le contrôle de l?immédiat. Pour le leader du MSM, le défi à relever est grand étant donné le contexte difficile sur le front économique.

Quant au nouveau ministre de l?Industrie, Sushil Khushiram, il disposera du temps pour aider le secteur manufacturier à se relever de sa convalescence. C?est un ministre qui a les compétences pour accompagner le textile dans sa phase du retour de la croissance. Sa nomination est dans l?ordre des choses.

Ce qui l?est moins c?est le numéro des chaises musicales impliquant Anil Gayan, le ministre du Tourisme, et Nando Bodha, le ministre de l?Agriculture. Celui-ci a acquis un savoir-faire qui rapportait des fruits dans le domaine du tourisme. Anil Gayan, lui, maîtrise l?art de la négociation et de la diplomatie et aurait été efficace lors des discussions agricoles internationales. Les deux ne sont pas à leur place dans la nouvelle configuration. Cette anomalie serait vraisemblablement le résultat d?une analyse du leader du MSM selon laquelle Anil Gayan n?est pas assez politique pour occuper le porte-feuille de l?Agriculture.

Un autre fait notable qui ressort du remaniement concerne le ministre des infrastructures publiques, Anil Bachoo. Celui-ci remonte de trois places dans la hiérarchie gouvernementale et se trouve maintenant juste derrière le n° 5, Sam Lauthan. Il jouit d?une bonne proximité avec l?électorat rural et pourrait être appelé à jouer un rôle plus grand dans la stratégie politique du régime.

Ce remaniement n?est pas un grand moment annonciateur de changement. Espérons qu?il aura été au moins une occasion de demander au cabinet de se retrousser les manches.

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