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L?empreinte de Zsuzanna Szemok
Bien des monuments créés en terre mauricienne ces quinze dernières années ont vu le jour des mains de Zsuzanna Szemok, sculptrice d?origine hongroise : le buste de Pierre Poivre au Jardin de Pamplemousses, celui d?Amédée Maingard, à la rue John Kennedy, à Port-Louis, le Phoenix Millennium Pillar, et plus récemment, le bas-relief consacré à Matthew Flinders, qui orne désormais la plage de Baie-du-Cap (voir hors-texte).
Arrivée à Maurice en 1987, accompagnée de son époux ingénieur posté dans l?île et de ses enfants âgés de sept et dix ans respectivement, Zsuzanna Szemok travaille tranquillement sa sculpture à la maison, plus ou moins incognito jusqu?en 1989. Au fil des années, elle a acquis tout un art : en effet, de 1967 à 1974, elle a étudié pendant quatre ans à la faculté de sculpture Tomorkény Istvan, et pendant trois ans au Miklos College of Building Industry, où elle s?est familiarisée avec l?architecture. Ce temps à apprivoiser cette discipline facilitera grandement l?élaboration du dessin préliminaire de ses créations.
Commandes 1990 la révèle au public mauricien. Cette année s?avère être un jalon-clé dans la carrière d?artiste de cette sculptrice hors-pair. Zsuzanna Szemok, désormais fort recherchée, marquera de ses empreintes, au long des années, bien des célébrations majeures dans l?île, sculptant à sa manière son Histoire, et rentrant elle-même dans l?Histoire.
A la recherche d?un fondeur pour couler une médaille qu?elle avait créée, Zsuzanna rencontre Marcel Lagesse, architecte-sculpteur, peintre, et directeur de Miroverre, récemment décédé. Ce dernier éprouve à cette époque une certaine difficulté à réaliser une Madonne pour l?église Notre Dame de Bon Secours, en construction à Trou-d?Eau-Douce par la General Construction Co. Ltd, sous son ?il vigilant. Il trouve en elle un sauveur. C?est là que commence toute la carrière publique fructueuse de l?artiste hongroise à Maurice.
Zsuzanna Szemok sculpte alors, pendant trois mois un bas-relief ? une Madonne à l?enfant Jésus, mesurant 1m40 x 1m20 ? destiné à l?entrée de l?église. C?est le ?tombaliste? Joseph Esther qui préalablement ramena la pierre de basalte aux dimensions nécessaires. Suivit le crucifix commandé par Marcel Lagesse et qui se trouve à la droite de la même église. Il faut retenir que le Christ et la croix sont sculptés à la main, dans un seul bloc de basalte.
Depuis, les commandes affluent. En 1993, elle crée le buste et le socle de Pierre Poivre au Jardin des Pamplemousses, d?après le marbre qui se trouve en terre réunionnaise. ?J?ai sculpté, énumère-t-elle, le lotus sacré du mémorial qui se trouve de l?autre côté du Samadhi de Sir Seewoosagur Ramgoolam au Jardin de Pamplemousses.? A Vieux-Grand-Port, l?on peut voir le monument commémorant le débarquement des Hollandais à l?île Maurice en 1598. Il fut inauguré en 1998. A Ferney se dresse l?effigie du Prince Maurits Van Nassau. Le buste d?Amédé Maingard (1918-1981), grand architecte du tourisme mauricien, fondateur de Air Mauritius Ltd., ancien directeur de la compagnie Rogers, situé contre la Rogers House, à John Kennedy Street, à Port-Louis, est aussi l??uvre de l?artiste hongroise.
Mais, la plus en vue de ses créations est bien le Phoenix Millennium Pillar, symbolisant le passage au troisième millénaire érigé au rond-point de Phoenix. Dessiné par elle, coulé par la fonderie des Forges Tardieu, ce monument est une ?uvre collective de General Construction pour l?arbre vacoas, Joseph Esther pour la couronne, et Zsuzanna Szemok, elle-même, pour le Phoenix.
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Baie-du-Cap accueille Matthew Flinders
- Celui qui aura longé la plage de Baie-du-Cap depuis novembre dernier aura été agréablement surpris par la présence, dans ce décor, d?un monument peu commun. Il s?agit du Flinders Monument, un bas-relief en bronze du capitaine Matthew Flinders, qui a été dévoilé sur cette plage, par le Prince Edward d?Angleterre, Comte de Sussex, dans le cadre des célébrations multipliées du Bicentenaire de la présence des navigateurs-explorateurs français et anglais, Nicolas Baudin et Matthew Flinders, à l?île Maurice (1803-2003).
Le monument a été érigé à l?endroit même où Matthew Flinders débarqua et fut fait prisonnier. Et il porte la signature de Zsuzanna Szemok. La pièce a été coulée en Hongrie, la sculptrice ayant voulu s?assurer que la finesse du travail était respectée. Aussi, a-t-elle expédié le moule constitué de onze pièces en plâtre de Paris vers sa terre. Aujourd?hui, le monument fait la fierté des habitants de la localité. Qui l?ont spontanément adopté.
Il donne à voir, encastré dans un cadre de pierres locales de couleurs, le capitaine Matthew Flinders. Il est assis à sa table de travail, à la lueur d?une lampe, compas en main, devant une carte déployée. Au mur, son épée, et à ses pieds une cantine, où repose sa flûte. Le trait de génie de cette oeuvre est d?avoir introduit dans la chambre de Flinders une fenêtre ouverte sur le large. Et, sur le rebord de la fenêtre, son unique et fidèle compagnon, Trim, le chat noir charbon aux yeux verts, qui hélas, fut mangé par un esclave, selon son maître. La constellation de La Croix du Sud se laisse découvrir dans l?espace.
Cette ?uvre a été commanditée par la Société de l?Histoire de l?île Maurice, dans le cadre de Mauritius Encounter 2003, comité organisateur des célébrations, comprenant les autorités française, britannique et australienne. Le Flinders Monument, imaginé et dessiné par Zsuzanna, a nécessité une étude préalable exhaustive de la vie du capitaine dans les différents contextes donnés. ?Je voulais mettre dans ce bas-relief, raconte l?artiste, ?tout ce qui avait une importance pour le navigateur, des choses qui reflètent sa personnalité aussi.? Elle présume qu?à cette époque, les gens étaient beaucoup plus intéressés par l?homme que par le grand capitaine.
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