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Les Palestiniens négocient une trêve des attentats contre Israël

5 décembre 2003, 20:00

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Les principales formations palestiniennes se réunissent au Caire pour un dialogue de trois jours visant à aboutir à une trêve dans les attaques anti-israéliennes. Les représentants des organisations palestiniennes se sont réunis une première fois en milieu de journée sous l?égide du chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, qui avait déjà contribué à l?annonce d?une trêve dans les opérations anti-israéliennes, en juin 2003. Mais celle-ci avait volé en éclats fin août lorsqu?un attentat-suicide contre un autobus à Jérusalem avait fait 20 morts ? outre le kamikaze ? puis qu?Israël avait répliqué en tuant un haut responsable du Hamas à Gaza.

Outre le Fatah du président de l?Autorité palestinienne Yasser Arafat, les mouvements radicaux du Hamas et du Djihad islamique participent notamment à ces réunions, qui sont tenues dans un lieu secret loin de la presse. De même, le premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a annoncé jeudi qu?il se rendait au Caire pour prendre part aux discussions interpalestinienne. «Je vais me rendre au Caire après cette rencontre pour participer au dialogue en espérant qu?il va aboutir», a déclaré M. Qoreï à la presse après une entrevue avec une délégation américaine en Cisjordanie. «Je suis optimiste concernant les entretiens du Caire mais je ne veux pas anticiper sur leur issue» a-t-il indiqué.

Moins optimiste, le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé dans une déclaration publiée jeudi «nous n?avons pas intérêt à parler de nouveau d?une trêve et à offrir des concessions palestiniennes gratuites» à Israël. «Il y a quelques mois, les Palestiniens avaient déjà proclamé une trêve qui a échoué car l?ennemi a poursuivi ses crimes et a refusé de libérer les prisonniers», a-t-il estimé.

Pour sa part, Mohammed Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, qui participe aux négociations, a déclaré qu?Israël «doit d?abord clarifier sa position, et ensuite nous annoncerons la nôtre».

Des garanties exigées d?Israël

En réponse, le vice-ministre israélien de la défense, Zeev Boim, a affirmé qu?Israël était prêt à réduire sous condition l?intensité de ses opérations militaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza si les différents groupes palestiniens parvenaient à conclure une trêve. «Laissons-les d?abord parvenir à un accord. Je suppose que s?ils parviennent à un accord (...) il n?est pas inconcevable que nous acceptions de réduire nos actions (...) mais cela dépend bien sûr des signes éventuels d?attentats imminents», a-t-il insisté.

Interrogé au sujet de cette déclaration, M. Nazzal, du Hamas, a répondu que «l?important est de savoir comment nous pouvons obtenir des garanties qu?Israël respectera la trêve». «Il n?est pas logique de demander aux Palestiniens d?accepter une trêve unilatérale telle que celle du mois de juin alors que l?occupant intensifie son agression contre notre peuple», a souligné M. Nazzal. Et de poursuivre : «Notre position au sein du Hamas est que nous cesserons d?attaquer les civils (israéliens) et nous les maintiendrons en dehors du conflit si Israël fait de même. Quant à l?éventuel cessez-le-feu, nous déterminerons notre position sur la décision d?Israël. Israël doit se prononcer en premier».

A Gaza, un autre responsable du Hamas, Saïd Siam, a déclaré que son organisation était contre une trêve mais qu?elle était «favorable au principe d?épargner les civils des deux bords». Allant dans le même sens, Mohamed Al-Hindi, un responsable du Djihad islamique, a affirmé à que son mouvement ne voulait pas «faire des concessions gratuites» à Israël. «Je pense qu?il serait préférable de parvenir à une formule pour épargner aux civils les affres de la guerre», a-t-il dit.

Selon des informations qui ont filtré des discussions interpalestiniennes, l?éventuelle trêve palestinienne pourrait entrer en vigueur en deux temps. Tout d?abord, les activistes cesseraient les attentats en Israël. Puis ils mettraient fin aux attaques contre les militaires et les colons dans les territoires occupés si Israël interrompait la construction controversée de sa «clôture de sécurité» et se retirait des villes réoccupées de Cisjordanie. En cas de conclusion d?un cessez-le-feu, Omar Souleimane devrait ensuite se rendre très rapidement à Washington pour inviter les Etats-Unis à déployer sur place une mission d?observation de la trêve.

Tout en rappelant que la «feuille de route» demeurait le seul document officiel à suivre pour parvenir à la paix au Proche-Orient, l?administration américaine a fait part de son intérêt pour le «pacte de Genève», rejeté par le premier ministre israélien Ariel Sharon.

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