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Bataille d?exposants et « concurrence déloyale »

29 novembre 2003, 20:00

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Les foires commerciales se suivent mais ne se ressemblent pas. Les exposants du X-Mas and New Year Trade Fair ont eu le droit de vendre leurs produits, contrairement à ceux d?Infotech 2003. « C?était une foire mauricienne », explique-t-on au ministère du Commerce. Une foire mauricienne où les exposants se sont livré bataille, devrait-on dire.

Ce n?est pas nécessairement une guerre des prix qui s?est jouée entre les exposants. La première salve est venue de certains commerçants comme Vivekanand Jamookeah. Il accuse : « Certains exposants travaillent pour des Indiens. Ils louent les stands et vendent leurs produits comme s?ils tenaient boutique. C?est de la concurrence déloyale. » Tout visiteur de la foire aura en effet remarqué la présence de plusieurs personnes parlant un anglais avec un fort accent indien et/ou hindi. Serait-ce ces fameux Indiens dont on nous a tant parlé ?

Des talents de magicien

Aucune de ces personnes parlant anglais ou hindi n?acceptera de nous répondre. À chaque fois que nous abordons l?un d?eux, un Mauricien s?interpose. La réponse est la même. « Non, c?est un stand mauricien. » Entre-temps d?autres exposants fulminent : À Rs 50 000 la location du stand, il est impératif de récupérer la mise, à défaut de faire des profits. Swaroop Sengupta s?énerve. « On ne fait rien. Les Indiens arrivent et vendent les mêmes produits que nous deux fois moins cher. C?est une foire internationale déguisée en foire locale », s?insurge-t-il. Sengupta a importé pour plus de Rs 500 000 d?objets divers en cuir pour le salon. Il croit avoir fait une mauvaise affaire en raison de ce qu?il estime être de la concurrence déloyale.

La colère des exposants est remontée ? ou a été rapportée ? au ministère du Commerce. Entre-temps, la formulation des griefs a changé. « On nous a rapporté des cas de travailleurs sans permis de travail, explique un cadre du ministère. Nos inspecteurs sont descendus voir ce qui s?y passait. »

Les fameux travailleurs indiens que des centaines de visiteurs ont vus et à qui ils ont acheté churidars ou accessoires ménagers ont sans doute des talents de magiciens ! Ils ont tout simplement disparu quand les inspecteurs du ministère du Commerce ont visité la foire. L?un de ces derniers n?est pas dupe : « Nous ne sommes qu?une vingtaine. Et à force de visiter ce type de foire, tout le monde connaît nos têtes. Cela leur permet d?évacuer ceux qui ne sont pas censés être là dès qu?ils nous voient arriver. »

Ce qui importe : les resultants

Donc, au vu de cette constatation, ils ont dû émettre un rapport favorable : ils n?ont pas constaté la présence de travailleurs étrangers sans permis de travail. L?inspecteur interrogé en rit presque. Il explique qu?ils n?ont même pas trouvé un travailleur indien en règle ! Une foire 100 % mauricienne !

Chez les organisateurs Gooneea et Meetun, on s?estime satisfait. Travailleurs indiens ? Exposants indiens ? « Il n?y en a pas », rétorque calmement Showdhan Meetun.

« Nous avons bien reçu la visite d?inspecteurs du ministère du Commerce et ils ont constaté que notre permis était en règle. »

Ce qui importe pour les organisateurs, ce sont les résultats. Pour eux c?est une réussite. Avec une moyenne de 1 500 visiteurs par jour, et certains pics à 5 000, sur les dix jours de foire, ils estiment avoir réussi leur coup. Ils envisagent même d?organiser un deuxième salon mi-2004.

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