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Quentin Tarantino, la fascination de l?image
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Quentin Tarantino, la fascination de l?image
Réalisateur de Kill Bill, Quentin Tarantino est également acteur producteur exécutif et scénariste. Né le 27 mars 1963 à Knoxville, Tennessee (Etats-Unis), il passe sa jeunesse dans une banlieue de Los Angeles où sa passion pour le cinéma le mène à travailler dans un vidéoclub. C?est à cette période qu?il décide de rédiger ses premiers scénarii et qu?il fait la connaissance de Roger Avary avec lequel il écrira plus tard Pulp Fiction.
Il vend les scripts de True romance et Tueurs nés (Natural born killers) (adaptés en 1993 et 1994) et se remet rapidement de la frustration de n?avoir pu les réaliser lui même en finançant, avec l?argent récolté, son premier film. Il en écrit le scénario et le présente à Harvey Keitel qui s?enthousiasme au point de jouer gratuitement dans Reservoir Dogs.
C?est en 1994 qu?il réalise son deuxième film et relance par la même occasion la carrière de John Travolta en lui offrant l?un des rôles phares de Pulp Fiction (Palme d?or du festival de Cannes et oscar du meilleur scénario).
Il tourne Jackie Brown en 1997, adapté du roman Rum Punch d?Elmore Leonard. Le film annonce le retour à l?écran d?une autre star des années 1970, Pam Grier, qui donne la réplique à Michael Keaton, Robert De Niro, et Samuel L. Jackson.
Acteur dans Reservoir Dogs, ou Desperado, il est également le producteur exécutif d?Une nuit en enfer (From dusk till dawn) et de ces deux séquelles. (Source : Allo Ciné)
<B>Interview</B>
<B>Quentin Tarantino, pourquoi avez-vous décidé de faire un film d?arts martiaux, et pourquoi avoir attendu si longtemps depuis ?Jackie Brown? ?</B>
J?ai grandi dans les années 70, en regardant les films de kung-fu et d?arts martiaux. A cette époque, ce type de cinéma cartonnait aux Etats-Unis. J?ai vécu dans la communauté noire, qui a continué de les aimer même après qu?ils aient perdu leur aura. Ces films ont vraiment bercé mon enfance. Ce qui est compilé dans Kill Bill, c?est pour moi ce qu?il y a de mieux au cinéma : les films de kung-fu, le cinéma japonais, les histoires de samouraïs, les westerns spaghettis. Je trouve que ce sont les styles les plus explosifs et dynamiques jamais produits. Kill Bill leur rend hommage.
Si j?ai tant attendu pour le faire, c?est juste parce que j?écrivais. L?écriture est un processus fastidieux, qui occupe tout mon temps. Je peux faire ça n?importe où : au restaurant, à la maison, dans une cabane au fond des bois... Je pars de mon idée originale et je la laisse incuber pendant des jours, des semaines, des mois. J?y pense dans la rue,partout. Puis je deviens complètement obsédé, au point que j?y songe pendant chacune de mes actions.
Et là, je commence à écrire. Le plus souvent, je laisse mes personnages se parler entre eux, ma page blanche s?anime presque toute seule. De toutes les choses que je fais, ma plus grande fierté est l?écriture. Mais dire cela est un peu malhonnête, car ce n?est pas moi qui parle, mais mes personnages.
<B>Pourquoi avez-vous tourné une partie de la scène finale de combat en noir et blanc ?</B>
J?ai toujours imaginé cette séquence en noir et blanc, surtout pour le public occidental. Il y a, en effet, une critique que je ferais au cinéma de Hong Kong : les combats sont souvent beaucoup trop longs. Quand on met au point une scène de kung-fu de 25 minutes, comme la scène finale de Kill Bill, Volume 1, mieux vaut varier les styles.
J?ai donc intégré des duels à la japonaise, de l?animation, du Wu Shu chinois et des combats de samouraïs. Je joue aussi sur les ruptures visuelles. Dans cette séquence, on passe de la couleur au noir et blanc puis aux ombres chinoises, avant de terminer dans ce paysage féerique du jardin sous la neige. Les images sont faites pour stimuler l??il pendant ces scènes d?action.
<B>Comme ?Jackie Brown?, ?Kill Bill? montre votre fascination pour les personnages féminins. Comment faites-vous pour écrire de tels rôles aux femmes ?</B>
Sur Jackie Brown et Kill Bill, j?ai écrit spécifiquement les rôles en pensant très fort à deux femmes en particulier, en l?occurrence Pam Grier pour le premier et Uma Thurman pour le second. Ce processus ne relève pas de la pure écriture. Je le considère plus comme une extension de mon travail de réalisateur. J?adore Pam Grier et Uma Thurman ! je les chéris et les admire. Donc, quand j?écris des personnages pour elles, je fais tout pour que le public ressente la même chose. J?ai envie que les spectateurs les aiment aussi. Je construis tout autour d?elles pour les mettre en valeur.
(Extrait d?une conférence de presse, Monsieur Cinéma)
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