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Ces riches étudiants venus de l?Inde
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Ces riches étudiants venus de l?Inde
Les temps ont changé... Dans le passé, c?est l?Inde qui avait la faveur des étudiants, surtout ceux qui voulaient faire médecin, et malgré le fait qu?ils étaient rares ceux qui parvenaient à se faire inscrire.
Actuellement c?est le contraire. Ils sont nombreux à quitter la Grande péninsule pour venir étudier la médecine, chez nous, au SSR Medical College. La seule institution du genre qui a ouvert ses portes à Belle-Rive en 1999.
Plus de 200 étudiants indiens y sont actuellement inscrits, dont des filles pour la plupart. D?autres sont attendus pour la prochaine rentrée. Ils dépensent une fortune dans cette institution en passe de devenir une machine à produire des médecins pour la Grande péninsule.
Le secret de cet engouement s?explique, selon les étudiantes, par la grande compétition qui régit l?admission dans une école de médecine en Inde. Elles sont issues de familles riches car seuls ceux possédant de l?argent peuvent se permettre de payer près de Rs 2 millions indiennes pour ces études.
Mais pourquoi Maurice ? «Parce que c?est moins cher que l?Europe ou les Etats-Unis, explique une étudiante qui vient du Cachemire, et qu?à Maurice, on est moins dépaysé et plus en sécurité.»
Ce qui ne veut pas dire que le SSR Medical College accepte n?importe quel étudiant indien qui a les moyens de payer. Il faut posséder les qualifications de base, soit au moins deux A et un B au niveau du Higher School Certificate.
Mieux que certaines écoles indiennes
Sharmila, pas plus haute que trois pommes, qui détient l?équivalent de trois A, ne fait pas ses 22 ans. On la prendrait pour une adolescente sans sa blouse blanche et le stéthoscope au cou.
Elle se retrouve souvent avec une vingtaine d?autres condisciples, dont un ou deux Mauriciens, dans la salle E 5 de l?hôpital Candos pour les études pratiques.
Elle affirme sans ambages : «Le SSR Medical College est mieux que plusieurs écoles de médecine indiennes. Plusieurs d?entre elles n?ont ni laboratoire ni bibliothèque équipés comme ici. D?ailleurs la plupart des enseignants viennent des écoles de médecine indienne, à l?exception de deux professeurs mauriciens.»
«Nous n?avons rien contre les Mauriciens, s?empresse d?ajouter Shenaz. Dans les salles, nous travaillons sous la supervision de très bons médecins mauriciens, mais il n?y a pas d?enseignant de médecine expérimenté à Maurice.» Toutes les étudiantes indiennes sont unanimes à qualifier Maurice de «pays excellent». Les quelques étudiants garçons de la Grande péninsule confirment.
Quasi prisonnières dans leurs hostels à Belle-Rive où elles se retrouvent souvent à deux dans une même chambre pour partager les frais, elles sont surveillées de près par une cerbère. Elles doivent rentrer avant 19 heures et elles n?ont pas le droit de parler aux étrangers sur le campus.
Cela ne les empêche pas de visiter le pays de fond en comble, de suivre l?actualité politique et l?évolution socioéconomique et de s?entretenir avec des Mauriciens. «Mais nous ne dévoilons pas notre identité, précisent-elles.
Les étudiants indiens sont en admiration devant notre «façon de vivre à l?orientale dans une ambiance occidentale» tout en notant les différences entre l?Inde et Maurice. «Chez nous, quelqu?un qui a l?éducation et les moyens possède un autre statut. Il est au-dessus du lot, il ne fréquente pas n?importe qui. A Maurice, il n?y a pas tout cela et c?est très bien ainsi. Les Mauriciens ont le sens de l?hospitalité, ils nous invitent souvent chez eux. Malheureusement seuls les garçons peuvent partir en week-end chez des amis.»
Aucune inquiétude
Ils constatent le cherté de la vie ici. «Les médecins mauriciens sont bien payés et nous envions les Indiens qui ont décroché un contrat pour travailler dans vos hôpitaux.»
Ils voudraient bien s?installer à Maurice, mais ils ne comptent pas faire leur internat, qui débute à la fin de l?année prochaine, à Maurice. «Nous préférons être internes dans un hôpital indien car nous y serons exposés à beaucoup plus de cas qu?à Maurice. C?est un plus !»
A la fin de leurs études qui durent cinq ans, ils obtiendront un diplôme par l?université de Maurice. Aucune inquiétude de ce côté. «Ce diplôme sera reconnu, internationalement, mais de toutes les façons, si on veut pratiquer aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, il nous faudra un autre examen pour être accepté et enregistré comme médecin. Nos études mauriciennes nous y aideront à coup sûr.»
La plupart d?entre eux ont pour but d?obtenir un emploi comme généraliste en Europe ou aux Etats-Unis afin d?amortir leur investissement ou pour se spécialiser.
L?école de médecine en deux mots
Le projet qui date de 1996, lors de la création de l?Indian Ocean Medical Institute Trust, a vu l?inauguration du SSR Medical College en 1999. Le but du fondateur, indien, R.P.N Singh, est ambitieux.
Il entend faire de cette école de médecine la meilleure institution du genre non seulement en Afrique, mais aussi dans toute la région de l?océan Indien, et également de la Malaisie, de l?Inde et des pays du Golfe notamment.
Pour éviter que des étrangers ne s?accaparent de tous les sièges disponibles, un quota est réservé aux Mauriciens. Des 400 élèves du SSR Medical College, un peu moins de la moitié sont mauriciens.
Compétition
Mille places pour 10 millions d?aspirants</B>
Comme la France, l?Inde a un quota annuel pour la formation des médecins. Les sièges dans les écoles de médecine de la Grande péninsule sont limités. Environ un millier de places pour dix millions d?aspirants. Et c?est à partir d?un concours national, après la première année de médecine, que les places sont distribuées aux meilleurs parmi les meilleurs. Les non classés parmi les élus ont la possibilité de répéter la première année pour tenter leur chance une deuxième fois.
C?est pour éviter de perdre deux années d?études que ceux qui ont de l?argent, en général des enfants de médecins ou d?ingénieurs indiens, se tournent vers le SSR Medical College. Ceux qui, après le concours se voient refuser une inscription pour des études en médecine, et qui veulent se faire médecin malgré tout, adoptent aussi la formule SSR Medical College. La planche de salut pour les enfants des riches Indiens de tous les coins de la Grande péninsule ? du Gujerat au Tamil Nadu en passant par Delhi et Jammu.
Il y a aussi quelques Sud-Africains qui étudient au SSR Medical College. Parmi les étudiants mauriciens, nullement à la traîne dans les études de médecine, on compte plusieurs «médaillés d?or» depuis les premiers examens organisés en l?an 2000.
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