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Un test ADN restitue son honneur à Nanette

21 novembre 2003, 20:00

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Elle avait 13 ans lorsqu?elle s?est retrouvée enceinte. Une amourette d?adolescente... Mais ce n?est pas tant d?assumer une maternité si jeune qui lui a été pénible, puisqu?elle était entourée des siens. Sa grande douleur aura été d?entendre ce jeune garçon de 15 ans nier être amoureux d?elle, nier être le père de son fils. Six ans plus tard, un test ADN est venu prouver le contraire. Mais il n?a rien réparé?

De prime abord, cette jeune femme de 19 ans, apparaît rieuse et insouciante. Au gré des souvenirs, les larmes apparaissent. Chagrin que même son fils de six ans ne parvient pas à calmer. Le père du petit est un voisin, dit-elle. Elle s?était liée d?amitié avec la s?ur de celui-ci et chaque après-midi, à son retour d?école, elle se rendait chez son amie. Ce sont vite les premiers émois. «Ma mère m?a alors mise en garde mais je ne l?ai pas écoutée?».

La relation prend vite des allures de flirt. Elle croit naïvement les mots d?amour. Les conseils de sa meilleure amie qui lui recommande de ne pas aller au-delà du flirt n?y font rien. «J?étais entêtée et naïve», concède-t-elle aujourd?hui. Et puis un après-midi, les deux adolescents finissent par avoir des relations sexuelles. «Ce n?était pas dans notre tête. C?est arrivé sans que je m?y attende?»

La première peur passée, les rapports seront réguliers. «Je n?avais pas peur de tomber enceinte. J?avais fait un peu d?éducation sexuelle au primaire mais toutes ses implications m?avaient échappé. J?avais beaucoup plus peur d?être surprise par sa mère». Nanette se dit aussi que si elle refuse de se plier aux désirs de son petit ami, celui-ci la délaissera pour une autre.

Mais au lieu de les rapprocher, cette intimité les fait se déchirer. Nanette, qui se dit d?une «jalousie quasi-maladive», épie les faits et gestes de son petit ami et cela donne lieu à des prises de bec. «J?avais toujours entendu dire qu?il faisait le joli c?ur avec mes amies mais je n?avais jamais rien vu. Nous avons rompu à quatre reprises et à tous les coups, nous nous sommes remis ensemble car j?allais le supplier de me revenir. Lors de notre dernière altercation, je l?ai giflé en pleine rue et il en a fait autant avec moi. Quand ma mère est rentrée, il est venu la voir et lui dire de me sermonner car j?avais tendance à me mêler trop de sa vie privée».

Déchirement

Peu de temps après cette rupture, Nanette se rend compte que ses règles tardent à venir. Le temps passe, et ses craintes se confirment. Elle se confie à la s?ur du garçon, qui met bien vite celui-ci au courant. Par peur des qu?en-dira-t-on, il pense immédiatement à l?avortement. Elle aussi? Ils tentent de faire partir l?enfant par des remèdes de grands-mères, des cachets. Mais le f?tus tient bon.

Que faire ? Nanette se sent larguée et désespérée. Son frère vient à sa rescousse et tente de raisonner le père du bébé pour qu?ils en parlent à la famille. C?est au bout du compte l?entraîneur de volley-ball de Nanette qui prend les devants et prévient sa mère. Elle s?en doutait déjà un peu. «Ma mère a eu un comportement exemplaire. Elle m?a totalement soutenue, rejetant l?idée d?un avortement, de peur que j?y passe aussi».

Les deux familles se réunissent alors. Le jeune homme déclare tout de go que ce bébé n?est pas le sien. Il tiendra le même langage lors d?une deuxième rencontre. Les proches de Nanette ne voient qu?une solution. La petite consigne une déposition à la police. Et c?est dans la solitude chez elle, puisqu?elle est forcée de quitter l?école, qu?elle se met à attendre le bébé.

Quelques mois après la naissance, Nanette accepte qu?on leur fasse un test sanguin pour que le père de celui-ci le reconnaisse et contribue à son éducation. Mais la validité du test est contestée par la famille du jeune homme. Pour pouvoir subvenir aux besoins de cet enfant, Nanette prend le chemin de l?usine. «Au début, j?ai touché l?enfer du doigt. Mon salaire était de Rs2500 et je devais débourser Rs1500 pour la garderie. Le reste, y compris ma pension de Rs1000 et quelques roupies du ministère de la Sécurité sociale, allait dans les dépenses pour le petit.»

Le jeune homme ne daigne même pas porter les yeux sur le bébé quand ils se croisent dans la rue. «Lui et sa famille m?ont totalement ignorée. Sa s?ur qui était mon amie, ne me connaissait plus.» Il tente même de lui faire retirer la plainte en lui promettant de lui verser Rs 500 par mois. Elle refuse, indignée.

En janvier dernier, à la reprise de l?affaire, le ministère public suggère de trancher la question de paternité par le biais d?un test d?acide désoxyribonucléique (ADN). Nanette consent à s?y prêter. Il en va de même pour son fils et le présumé père. Si elle obtient les résultats de son petit et les siens en mai, ceux du jeune homme traînent. Elle nourrit des appréhensions. Le 13 novembre, la Cour suprême confirme la paternité du jeune homme par le test d?ADN, test irréfutable. Devant la magistrate, le père déclare qu?il assumera ses responsabilités et donnera son nom à son fils.

Un test irréfutable

Pour Nanette, cela ne change rien. Ce à quoi elle s?attendait, c?était des excuses. «Je voulais que la cour soit plus dure envers lui, qu?elle lui mette la pression pour que cela lui serve de leçon mais je suis restée sur ma faim», dit-elle, dépitée. Elle sait qu?elle devra probablement saisir une cour de justice pour obtenir une pension alimentaire. «Je n?en ai pas les moyens, mais si i je dois aller me battre pour qu?il ait une vie décente, je le ferai».

Nanette est en passe de refaire sa vie. Un de ses amis d?enfance, de 13 ans son aîné, veut l?épouser. Il s?entend à merveille avec le petit qui le considère comme son père. Mais la jeune fille reste inquiète. Elle appréhende le droit de visite. «J?ai peur que le petit ne reconnaisse pas son père. J?ai bien essayé de lui expliquer que celui qu?il considère comme son père ne l?est pas en réalité, mais il ne veut rien entendre.».

Quand elle jette un regard sur sa vie, elle éprouve parfois de vifs regrets. Mais cette expérience, elle le met au service des autres. Elle vient de conseiller deux jeunes filles qui avaient comme elle commis l?irréparable. Et puis, elle se console en se disant que ça aurait pu être pire, dit-elle en tournant les yeux souriante, vers le petit.

Elle espère seulement pouvoir subvenir à ses besoins. «Je prends de l?emploi et j?arrête ensuite car je dois m?occuper de mon enfant. L?année prochaine, je serai sans emploi. J?espère pouvoir en trouver un. Pour pouvoir continuer à donner au petit tout ce dont il a besoin?»

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