Publicité

Le BEC prépare deux listes

12 novembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les incertitudes autour de l?admission 2004 pour le secondaire se dissipent lentement. Pour permettre une application rapide du verdict du Privy Council, le Bureau de l?éducation catholique (BEC) élaborera deux listes à partir des demandes d?admission pour les 50 % de places réservées. Alors que la première liste tient compte du critère religieux, la seconde ne le fait pas. La procédure débutera le 20 décembre.

Le jugement Pillay, rendu il y a un an, considère le critère religieux pour l?admission dans les écoles comme illégal. S?il est maintenu par le Conseil privé, le BEC se basera sur la seconde liste pour la distribution de ses 746 places réservées.

Les hardship cases et les enfants du personnel des établissements continueront à être pris en considération. Le BEC pourrait également prendre en compte l?aspect proximité. Ce système reflète le concept de régionalisation utilisée par l?Etat depuis l?année dernière pour les admissions au secondaire.

Si le jugement du 13 novembre dernier est renversé, l?autorité qui gère les écoles confessionnelles catholiques fera usage de la première liste, qui utilise le critère ?habituel?.

Le système de listes permettra au BEC de s?adapter rapidement et sans heurts au jugement, quelle que soit sa date ou sa nature. Ainsi, la rentrée 2004 pourra se faire selon de nouvelles modalités, comme le souhaite Suttyhudeo Tengur, qui a initié la procédure en cour contestant la légitimité du critère religieux.

?Les parents n?ont pas à se tracasser, ils ne seront pas rappelés pour un nouvel exercice d?admission.? Cette information révélée par Michael Atchia, directeur du BEC, hier, a été communiquée à certains responsables des collèges gérés par le BEC pendant la semaine.

Les autorités catholiques et l?Etat craignaient qu?un jugement confortant celui de Pillay n?entraîne la nécessité d?une nouvelle procédure d?admission, puisque celle-ci se termine le 20 décembre.

Plan d?urgence

L?appel devant le Conseil privé sera entendu les 15, 16 et 17 décembre. À la fin des auditions les juges pourraient donner une indication par rapport à leur décision. Le diocèse devrait donc en tenir compte. Le problème, cependant, est qu?il entreprend son exercice d?admission du lundi 15 au vendredi 19 décembre.

?Nous nous alignerons au stand du gouvernement. C?est à eux de décider puisqu?ils ont permis aux écoles confessionnelles d?appliquer le critère religieux?, a confié Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, hier, lors d?une conférence de presse au bureau du diocèse de Port-Louis.

Le Bureau de l?éducation catholique (BEC) a préparé son plan d?urgence mais ces procédures ne seront utilisées que pour la présente admission. En ce qui concerne celle de 2005, pour l?année scolaire 2006, rien n?est encore décidé.

Si le jugement Pillay est maintenu, l?évêché entamera des discussions au niveau de toutes les parties concernées pour décider de l?avenir de l?Église dans l?éducation. ?Si le verdict confirme le jugement de la Cour suprême, nous ne serons plus tenus par le memorandum of understanding signé avec le gouvernement?, précise Mgr Maurice Piat. L?église se retirerait donc de la réforme de l?éducation, entamée depuis 2000. Des collèges catholiques payants pourraient bien en résulter.

Lors de la conférence de presse hier, Michael Atchia a fait le bilan de son passage au BEC de 1997 à 2003. Durant ces années, plusieurs projets y ont été réalisés. Parmi, la création d?un inspectorat interne aux écoles RCA et l?initiation du projet de départements prévocationnels. Il a également évoqué le rôle qu?a tenu le BEC : ?Le rôle de la direction ne s?est pas arrêté à la gestion des institutions scolaires catholiques, mais il a également fallu expliquer et défendre la philosophie et le fonctionnement de l?éducation catholique?.

Mgr Maurice Piat a présenté l?équipe qui prendra la tête du BEC à partir de janvier 2004. Le nouveau directeur est le père Hervé de St.-Pern. Il sera épaulé par Arlette Ahnee, qui deviendra secrétaire de la RCEA. Pour ce qui est du secondaire, Daniel Merven sera le coordonnateur des collèges diocésains tandis que Maryse D?Espaignet s?occupera des Collèges Lorette. Le père Vittorio Costanzo s?occupera de la filière technique.


QUESTIONS AU?Père Hervé de St. Pern

?Le Conseil privé nous donnera des bases claires et nettes?

Vous serez directeur du Bureau de l?éducation catholique et président de la Roman Catholic Education Authority (RCEA) à partir de janvier. Vous arrivez en pleine période de turbulences?

? Dans tous les pays, l?éducation est un sujet sensible. Cela concerne l?avenir des enfants et il y a donc toujours eu des turbulences. Maurice ne fait pas exception car le secteur a déjà vécu et vit toujours des crises.

Mais actuellement, c?est du sérieux?

? Chaque crise est bénéfique. A chaque étape, il y a une leçon à tirer. C?est pour cette raison que je crois que le jugement du Conseil privé sur les places réservées dans les écoles confessionnelles sera bénéfique. Il éclaircira les choses car nous serons finalement fixés et nous aurons des bases claires et nettes.

Que se passera-t-il si le Conseil privé maintien le jugement du 13 novembre 2002, qui stipule que les places réservées selon le critère religieux est une pratique anticonstitutionnelle ?

? Nous avons le droit d?exister selon notre caractère. Les jeux seront alors fixés et nous accepterons les règles? Ce serait une grosse perte pour nous mais nous travaillons également sur des solutions.

Est-ce que le retrait de l?Eglise du système actuel est toujours envisageable ?

? Je ne sais pas. Il est encore beaucoup trop tôt pour dire quoi que ce soit. Si le Conseil privé maintient le jugement initial, nous entamerons des consultations avec tous nos partenaires avant de décider de la ligne de conduite.

Cette nomination est pour vous en quelque sorte un retour aux sources puisque vous aviez déjà occupé ce poste dans le passé ?

? J?ai quitté la fonction en 1997 et je ne m?attendais pas à être remis en poste. C?est à la demande de l?évêque que je redeviens, pour une période déterminée, responsable de l?éducation catholique.

Quelles sont vos priorités?

  • Je ne les invente pas. Les écoles existent et les gens sont là. Mon désir est de travailler avec eux pour que ce soit une réussite. Ce sera un travail de longue haleine. Cela dit, les départements pré-vocationnels, la formation continue des enseignants et leur bien-être figurent parmi les priorités. Nous définirons le programme avec tous les acteurs. Nous devrons penser à faire de la pédagogie inclusive afin de donner à l?enfant les outils pour comprendre le monde qui l?entoure.

Publicité