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Réponses en poste restante
Des réponses au compte-gouttes et en poste restante. C?est du moins l?impression laissée par la tactique employée par Pradeep Jeeha, le ministre de la Technologie informatique et des télécommunications, pour affronter la Private Notice Question (PNQ) sur la corporatisation de la poste et les récentes augmentations des tarifs postaux. Une tactique qui n?a toutefois pas fait l?unanimité au sein de la majorité.
À telle enseigne que, pour une fois, un ministre interrogé par le biais d?une PNQ, est revenu dans l?après-midi avec une déclaration pour apporter les précisions recherchées au départ.
Sans doute préoccupé par la campagne électorale, et pour éviter de fournir des munitions à l?opposition, le ministre essaie tout d?abord de noyer le poisson. Il s?y prend si mal qu?il finit par mettre le Front Bench gouvernemental mal à l?aise. Devant les hésitations du ministre, on sent que le Premier ministre a du mal à cacher son irritation.
L?opposition qui observe attentivement le malaise, ne se fait pas prier et accule le ministre. Elle crie au scandale et parle de « fat cat treatment» et de « job for the boys », au moment où Pradeep Jeeha dévoile le montant du salaire versé à l?ancien Chief Executive de la corporation.
De telles remarques font mal. Le gouvernement tente de minimiser la casse. Alors, lorsque Navin Ramgoolam insiste pour avoir avant la fin de la séance les chiffres demandés au départ, Paul Bérenger réplique, mi-figue mi-raisin, que cela pourrait bien se faire avant la pause-déjeuner.
La remarque du Premier ministre fait mouche. Pradeep Jeeha, qui sent que cela risque de mal tourner pour lui, revient dans l?après-midi avec une déclaration pour compléter ce qu?il avait tenté d?escamoter quelques heures plus tôt.
Dans sa réponse, le ministre se lance dans une explication fleuve qui comprend pas moins de cinq pages et contient certains des points qu?il avait lui-même avancés lors d?un précédent débat. Madun Dulloo, qui flaire le piège, attire l?attention de la présidence sur la longueur de la réponse qui, dit-il, empiète sur le temps imparti pour les questions supplémentaires.
La passe d?armes fait les délices de l?opposition, puisqu?il est question d?augmentation de tarifs par une corporation qui réalise déjà des profits. Ce sera aussi une bataille entre experts-comptables - Jeeha et Xavier-Luc Duval - où chacun tentera de décortiquer les chiffres à sa façon. Le ministre aura d?ailleurs du mal à expliquer la différence entre « profits » et « reasonable return ».
Sous les coups de boutoir de l?opposition, Pradeep Jeeha finit par révéler ce que le leader de l?opposition désirait savoir. Pour minimiser l?impact, il a toutefois recours à la formule de la poste restante, car c?est à la bibliothèque de l?Assemblée nationale que toute la série de documents ayant trait à la question peut être consultée.
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